Retour émotif des soldats de Valcartier

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L'attente a été longue, surtout la dernière heure, pour les proches d'une soixantaine d'hommes et de femmes qui s'étaient envolés en janvier pour prendre part à l'opération UNIFIER.

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(Québec) L'émotion a envahi le terminal des arrivées à l'aéroport de Québec, vendredi soir, lorsqu'un premier groupe de soldats de la base militaire de Valcartier est rentré au pays, sept mois après être parti pour une mission en Ukraine.

L'attente a été longue, surtout la dernière heure, pour les proches d'une soixantaine d'hommes et de femmes qui s'étaient envolés en janvier pour prendre part à l'opération UNIFIER.

Un vol retardé et des procédures de dédouanement plus longues que prévu n'ont fait qu'augmenter la fébrilité qui accompagne naturellement ces retrouvailles. Les applaudissements et les cris de joie se sont faits d'autant plus forts lorsque le tout premier représentant des Forces canadiennes a jailli de la porte du terminal.

Même si la mission n'était techniquement pas risquée, les scènes d'émotion ont été nombreuses. Le caporal Ratelle, membre du 3e Bataillon du Royal 22e Régiment, que Le Soleil a croisé à l'aérogare, a enfin pu revoir son tout premier enfant.

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Le caporal Ratelle, membre du 3e Bataillon du Royal 22e Régiment, que Le Soleil a croisé à l'aérogare, a enfin pu revoir son tout premier enfant. 

Le Soleil, David Rémillard

«[Ma conjointe] était enceinte avant le départ. Première mission, premier bébé, première maison... tout était nouveau. On a pris la décision que je parte quand même», a-t-il raconté entouré de ses proches. Son bébé est né en mars, soit un peu moins de deux mois après le déploiement. «Ils [l'armée] m'ont accommodé pour la naissance du bébé.»

M. Ratelle, 32 ans, a pu passer une dizaine de jours auprès de sa conjointe et du nouveau-né. L'enfant n'avait pas deux semaines lorsqu'il a dû repartir pour poursuivre la mission. La relation s'est donc établie à distance. «On a communiqué par Internet, on se parlait tous les jours... Je suis bien content d'être revenu!» a-t-il lancé avant de prendre son bébé dans ses bras.

Opération UNIFIER

Au total, 200 soldats de Valcartier ont quitté la base à la fin janvier pour se rendre dans la région de Starychi. Une centaine d'autres reviendront la semaine prochaine et la quarantaine restante doit revenir progressivement par des vols commerciaux.

L'opération UNIFIER, menée par les États-Unis, se veut une mission d'entraînement de l'armée ukrainienne par les alliés de l'OTAN, dans le contexte de la crise qui oppose l'Ukraine et la Russie. 

Les tensions entre ces deux pays se sont envenimées après l'invasion, puis l'annexion de la Crimée par les Russes, il y a plus de deux ans. En décembre 2015, l'ONU estimait que les combats entre l'armée loyaliste et les civils ukrainiens prorusses, appuyés par Moscou, avaient fait 9000 victimes et un demi-million de déplacés.

Les troupes canadiennes, américaines et britanniques ne sont pas armées et sont le plus loin possible du front se trouvant à l'extrême est de l'Ukraine, dans la région du Donbass. Leur rôle est d'augmenter la capacité opérationnelle des forces armées ukrainiennes, fidèles à Kiev. 

Le sergent Yann Gauthier, membre d'une équipe spécialisée en soins de combat, a admis vendredi que ses mois en Ukraine ont représenté un certain défi sur le plan humain. 

«C'est sûr et certain que les graduations étaient émotives. On le savait que, à la minute qu'on leur serrait la main pour la dernière fois, la prochaine fois qu'ils allaient entendre parler de premiers soins au combat, c'est lorsqu'ils allaient faire des traitements sur leurs frères d'armes directement sur le champ de bataille», a-t-il expliqué. «Ça vient chercher des émotions. On a tissé des liens [et c'est probable que] certains d'entre eux vont subir des blessures.»

Outre les soins médicaux, le Canada devait fournir de l'expertise concernant les engins explosifs. Selon le sergent Gauthier, l'aide canadienne a été grandement appréciée par les Ukrainiens. «C'est un conflit qui les a surpris», a-t-il dit, parlant d'une armée organisée, mais qui n'avait que «très peu de moyens». «Ils mettent tellement de coeur et tellement d'efforts qu'ils arrivent à atteindre de bons objectifs.»

L'opération UNIFIER doit se poursuivre au moins jusqu'en 2017. Les 200 soldats de Valcartier ont été progressivement remplacés par des collègues de la base d'Edmonton.

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