Les douaniers traquent les souvenirs de vacances interdits

À l'aéroport de Roissy, les «trouvailles» des douaniers... (AFP, FRANCOIS GUILLOT)

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À l'aéroport de Roissy, les «trouvailles» des douaniers sont variées, comme ces statuettes africaines qui sortent d'un carton tout juste débarqué de l'avion en provenance du Cameroun.

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Pauline FROISSART
Agence France-Presse
AÉROPORT DE ROISSY, PARIS

Cet été, vous avez craqué sur un sac de luxe bradé, un masque africain ou une petite tortue. Mais ces souvenirs de vacances sont-ils vraiment permis? À Roissy, les douaniers passent à la loupe les bagages des vacanciers, à l'affût des infractions.

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Un voyageur revenu de Côte d'Ivoire ouvre ses sacs remplis de dizaines de bouteilles d'un «médicament miraculeux», censé soigner faiblesses sexuelles, constipation, «brûlures du bas des pieds», et bien d'autres maux...

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Au nord de Paris, l'aéroport de Roissy est la première frontière douanière de France. Quelque 65 millions de passagers y transitent chaque année. Et sur eux, on trouve de tout: «des tortues vivantes scotchées sous les aisselles, des colibris dans le caleçon, beaucoup d'argent liquide...», énumère Gilbert Beltran, chef divisionnaire de la surveillance pour les aérogares terminaux 2E et 2F.

Le terminal 2E, «c'est le point d'entrée dans l'Union européenne. Toutes sortes de marchandises sont découvrables et tous types de fraude, en fonction de la provenance des gens», explique-t-il à l'AFP.

Cette fois, ce sont des statuettes africaines qui sortent d'un carton tout juste débarqué de l'avion en provenance du Cameroun. Le propriétaire tente de se justifier: «ce sont des objets d'art qu'on m'a donnés pour un ami».

Simple cadeau ou trafic de bien culturel? Pour démêler le vrai du faux, les douaniers décident de garder la marchandise. «On va prendre contact avec le musée du quai Branly, qui va nous dire si ça date de trois semaines ou de trois siècles», explique le chef divisionnaire.

Un peu plus loin, un voyageur revenu de Côte d'Ivoire ouvre ses sacs remplis de dizaines de bouteilles d'un «médicament miraculeux», censé soigner faiblesses sexuelles, constipation, «brûlures du bas des pieds», et bien d'autres maux. Des produits qui devraient avoir l'autorisation de l'agence du médicament pour entrer en France sous cette dénomination. La mine déconfite, le propriétaire des sacs s'attend à devoir patienter quelques heures, avec sa famille, et risque des poursuites.

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Entre les faux sacs Chanel (photo), le tabac, ou les médicaments chinois contrefaits, le dépôt des douanes, vidé tous les quinze jours, reflète la diversité des produits saisis.

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Faux Vuitton et coquillages

Oeuvres d'art, denrées alimentaires, cigarettes... Ce qui se glisse dans la valise fait l'objet de règlementations ou d'interdictions. Ainsi, un voyageur ne doit pas transporter plus de 430 euros (environ 628 $CAN) de marchandises achetées ou offertes, plus de 10 000 euros d'argent (plus de 14 600 $CAN) , ou plus d'une cartouche de cigarettes sans le déclarer aux douaniers. Pas question par exemple de rapporter des tablettes ou téléphones intelligents pour toute la famille sans passer par la case douane et s'acquitter des droits et taxes obligatoires.

Entre les faux sacs Chanel ou Vuitton, le tabac, ou les médicaments chinois contrefaits, le dépôt des douanes, vidé tous les quinze jours, reflète la diversité des produits saisis. En 2015, les douaniers de Roissy ont saisi 2 millions d'articles contrefaits, 22 tonnes de tabacs et cigarettes, et recouvré 1,4 milliard d'euros (plus de 2 milliards $CAN) de droits et taxes.

Parmi les biens saisis, beaucoup partiront en fumée - 162 tonnes de marchandises ont été détruites par les services de Roissy en 2015 - et d'autres seront revendus lors de ventes aux enchères à l'aéroport.

Et même le plus anodin des souvenirs, le coquillage ou morceau de corail, peut être illégal: «à partir du 15 août, on va être confronté à des remarques du genre: «oui mais je l'ai ramassé sur la plage, acheté au marché...» Mais un certain nombre de ces espèces sont protégées par la convention de Washington», ratifiée en 1978 par la France, rappelle M. Beltran.

Ce qui n'empêche pas certains de rapporter des animaux vivants tels que des petits reptiles, des grenouilles, un canari... pour en faire des animaux de compagnie.

Les douaniers se souviennent d'un bébé singe bonobo qu'un couple d'Ukrainiens de retour du Gabon transportait, à moitié anesthésié, dans son bagage à main. «On a réussi à le faire repartir au Gabon, dans un sanctuaire, où il a fini sa vie de bonobo en semi-liberté», sourit le chef divisionnaire: «heureusement il y a quelquefois des histoires qui se finissent bien».

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