L'enquête sur les femmes autochtones bien accueillie

Les femmes autochtones présentes au Musée canadien de... (La Presse Canadienne, Justin Tang)

Agrandir

Les femmes autochtones présentes au Musée canadien de l'histoire, à Gatineau, ont accueilli avec émotion l'annonce d'une enquête nationale indépendante sur l'assassinat ou la disparition de plusieurs d'entre elles. Cette enquête, réclamée depuis longtemps, se mettra en branle le 1er septembre.

La Presse Canadienne, Justin Tang

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Même si elle manque de mordant aux yeux de certaines organisations et familles de victimes, l'enquête nationale publique sur les femmes autochtones disparues ou assassinées a été accueillie avec soulagement et satisfaction, mercredi.

L'émotion était à son comble dans la grande galerie du Musée canadien de l'histoire, à Gatineau, où le gouvernement a officiellement passé le flambeau aux cinq commissaires qui dirigeront cette enquête indépendante, qui était réclamée depuis des années.

«L'enquête nationale est une étape importante de notre route vers la réconciliation avec les peuples autochtones du Canada», a déclaré la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, rendant hommage aux proches des victimes qui ont accepté de partager leurs histoires souvent tragiques.

«C'est grâce à ces femmes et à ces familles courageuses, qui savaient qu'il se passait quelque chose de vraiment anormal, que nous sommes ici aujourd'hui. Elles savaient qu'il fallait une enquête pour que justice soit rendue, pour guérir, et pour mettre fin à cette terrible tragédie», a-t-elle souligné.

L'enquête se mettra en branle le 1er septembre, et on sait d'ores et déjà qu'elle coûtera au moins 13,8 millions $ de plus que les 40 millions $ initialement prévus. Elle sera menée par cinq commissaires, dont l'ancienne présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC), Michèle Audette.

La commissaire en chef est Marion Buller, la première femme membre des Premières Nations à être nommée juge en Colombie-Britannique, en 1994. Le rapport de son équipe est attendu avant la fin de 2018.

Le mandat des commissaires sera d'examiner et de faire rapport sur les causes systémiques de la violence envers les femmes autochtones et de se pencher sur diverses institutions, incluant les forces policières, les médecins légistes et les services d'aide à l'enfance.

La commission n'aura cependant pas le pouvoir de contraindre les forces policières provinciales ou territoriales à rouvrir des enquêtes dont les conclusions sont contestées par les familles.

«Une commission n'est pas une cour de justice. Elle ne peut déterminer si un acte criminel a été commis. Ce n'est pas dans la Loi sur les enquêtes», a justifié la ministre Bennett en conférence de presse à l'issue de l'annonce.

L'absence du pouvoir de contrainte a été identifiée comme une sérieuse lacune par des familles de victimes et quelques organisations, dont Amnistie internationale.

«Nous sommes préoccupés par le fait que [le mandat] ne fournisse pas des options pour les familles qui croient que les cas de leurs proches ont été mal enquêtés», a offert Alex Neve, secrétaire général de la section canadienne anglophone.

La présidente de l'AFAC, Dawn Lavell-Harvard, partage cette inquiétude. «Les familles ont clairement dit qu'elles voulaient des réponses. Qu'elles désiraient une opportunité de faire rouvrir des enquêtes qui ont été bouclées prématurément ou dont les conclusions leur semblent insatisfaisantes», a-t-elle plaidé.

Moment «historique»

Le déclenchement de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées n'en demeure pas moins un moment «historique», a insisté Mme Lavell-Harvard.

Le message est très puissant pour les futures générations de femmes autochtones, qui pourront aspirer à vivre «dans un pays où elles se sentent en sécurité sans craindre de devenir une statistique», a fait valoir Nikki Fraser, représentante jeunesse de l'Association des femmes autochtones de la Colombie-Britannique.

Une enquête nationale publique est réclamée depuis belle lurette par de multiples acteurs issus des Premières Nations. Selon la GRC, 1200 femmes et filles autochtones seraient disparues ou assassinées en 30 ans au Canada, mais l'AFAC évalue ce nombre à environ 4000.

Le Parti conservateur, qui a toujours refusé d'accéder à la demande de lancer une enquête, a réagi positivement à l'annonce du gouvernement libéral, mercredi. Le Nouveau Parti démocratique, qui a milité avec insistance en faveur de l'ouverture d'une enquête, a également bien accueilli la nouvelle.

Les 10 provinces et les trois territoires participeront au processus et y apporteront tous leur entière collaboration, a signalé le fédéral.

La situation des femmes autochtones a été propulsée dans l'actualité au Québec en octobre dernier après la diffusion d'un reportage de l'émission Enquête, de Radio-Canada, entourant des allégations d'actes inappropriés posés par des policiers à l'égard des femmes autochtones à Val-d'Or.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer