Jumelles unies entre cancer et répit

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(Québec) À maintenant 17 ans, les jumelles Gabrielle et Camille Parker profitent du triomphe de l'amour et de la complicité sur le cancer qui a mené à l'amputation de la jambe droite de Camille, il y a cinq ans. Cinq années d'épreuves, mais aussi de victoires que les deux rayonnantes soeurs partagent chaque année avec les copains du Camp Vol d'été Leucan.

En 2012, Gabrielle et Camille participaient pour la première fois à cette semaine de répit offerte depuis 31 ans par l'organisme Leucan qui vient en aide aux enfants atteints du cancer et leurs familles. Les deux filles ont alors passé la semaine avec leurs parents.

Mais depuis quatre ans, elles sont seules au Centre de plein air Le Saisonnier de Lac-Beauport. Comme de joyeuses «orphelines», pour le plus grand plaisir de tous. 

«Ça leur fait des vacances de nous et nous aussi, ça nous fait des vacances!» lance Camille, aucunement ralentie par sa prothèse à la jambe.

Au fil du temps, les deux soeurs de Sainte-Thérèse, qui entameront le cégep cet automne, ont tissé des liens, se sont frottées à la marche, au tir à l'arc, aux animations de groupe jusqu'à devenir elles-mêmes apprenties monitrices.

«On se fait aussi de nouvelles amitiés, certaines activités nous font sortir de notre zone de confort, mais c'est pour le bon côté des choses. On ne s'ennuie jamais», a dit Gabrielle.

Depuis trois décennies, des milliers de familles de partout au Québec ont profité de ce répit offert par Leucan et financé par la Confédération des syndicats nationaux (CSN) depuis 20 ans.

Situé à Lac-Beauport

Le camp vise à changer les idées aux enfants qui doivent subir des traitements, mais il s'adresse aussi à leurs parents qui profitent également du décor enchanteur du Lac-Beauport.

«Cette semaine permet aussi aux parents de prendre un moment pour recharger les batteries, de retrouver leur coeur d'enfant», explique Guillaume Rivest, conseiller en communication de Leucan. «L'hôpital, les traitements, on oublie tout ça. On met ça de côté et on vient s'amuser.»

Cette année, 125 familles participent au Camp Vol d'été, à raison d'une soixantaine par semaine durant les deux semaines du camp. 

Une équipe de bénévoles, d'infirmières, de médecins et de massothérapeutes assurent les soins de ceux qui vivent les désagréments de la maladie.

Mais le camp s'adresse aussi aux enfants qui ont le bonheur d'être en rémission ou encore guéris. Fait intéressant d'ailleurs, aucun signe ne distingue les enfants atteints de leurs frères et soeurs lorsque les jeux battent leur plein sur la base de plein air. Tous ont la même énergie et le même désir de faire un pied de nez à la maladie.

Autant les parents que les enfants sont en... (Le Soleil, Frédéric Matte) - image 2.0

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Autant les parents que les enfants sont en vacances au camp Vol d'été Leucan, au Lac-Beauport.

Le Soleil, Frédéric Matte

Un diagnostic qui touche toute la famille

Si le Camp Vol d'été de Leucan permet aux jeunes atteints du cancer de profiter d'une semaine loin des tracas de la maladie et des traitements, ces journées de décrochage sont aussi beaucoup pour les parents.

Quand le petit François a eu un diagnostic de leucémie, il y a un peu plus d'un an, les répercussions ont touché toute la famille. L'enfant de quatre ans avait un petit frère, Simon, deux ans et demi. Puis un autre petit bébé s'est joint à la famille quelques mois plus tard.

Le temps et l'énergie ont beaucoup été concentrés vers François, admet son père Yann Richard qui, avec sa conjointe, passe la semaine au Camp Vol d'été au Saisonnier de Lac-Beauport. Pendant que François s'amusera aux bons soins des animateurs de Leucan, les parents pourront aller marcher, profiter du spa et de repos.

«Ici, ils insistent beaucoup pour qu'il y ait une séparation entre les parents et les enfants pour que les deux clans puissent profiter pleinement de la semaine», a commenté M. Richard.

Une forme de liberté qu'il faut accepter de prendre, sans culpabilité. «Dans le quotidien, si on veut donner du temps de qualité à chacun, on a peut-être tendance à s'oublier parce qu'on veut tellement que nos enfants manquent de rien. Un camp comme ici nous permet de se retrouver en tant qu'adultes et non seulement en tant que parents d'enfants», dit-il.

Pour son fils aussi le camp est un moment salvateur. Il fallait voir, mardi, le petit François courir à la chasse aux carrés de carton dans le boisé du saisonnier. Volontaire, enthousiaste, l'enfant de 5 ans était le premier à répondre aux questions de l'énergique animatrice. 

«François a repris beaucoup sa vie active, mais pas à 100 %. Parfois, il se sent encore un peu diminué pour la marche, la course. Il remarque qu'il court ou grimpe moins vite que les autres», relate M. Richard. «Mais ici, ce sont des jeunes qui vivent sa réalité alors ça lui permet de vivre des victoires et voir qu'il n'est pas tout seul là-dedans.»

Camp Vol d'été Leucan 2016 en chiffres

31année 

125 familles d'enfants atteints du cancer

130 bénévoles

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