Les jeunes libéraux contesteront le dogme syndical de l'ancienneté

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Le président de la commission jeunesse du Parti libéral du Québec, Jonathan Marleau.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Les jeunes libéraux remettent en cause le dogme syndical de l'ancienneté.

Pour faciliter l'accès des jeunes à des postes enviables, la compétence devrait désormais primer sur le nombre d'années d'expérience des travailleurs, selon le président de la commission-jeunesse du Parti libéral du Québec (CJPLQ), Jonathan Marleau.

En entrevue à La Presse canadienne, en prévision du congrès annuel de l'aile jeunesse du PLQ, qui se tiendra à Saint-Augustin-de-Desmaures les 13 et 14 août, M. Marleau a indiqué clairement que la réorganisation du monde du travail et les relations de travail seraient des enjeux prioritaires des jeunes libéraux cette année.

Il se dit conscient de toucher une corde sensible, prévoyant que les résolutions remettant en cause les privilèges liés à l'ancienneté seront de nature à «faire sourciller certaines personnes».

Frein à l'avancement

Lors d'une tournée régionale, en préparation du congrès, il a noté que les jeunes étaient nombreux à remettre en question le principe de l'ancienneté, un dogme syndical perçu comme un frein à l'avancement des jeunes sur le marché du travail.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que les jeunes libéraux s'en prennent aux vaches sacrées syndicales. En 2004, ils avaient indisposé le gouvernement Charest en se prononçant pour l'abolition de la formule Rand, qui rend obligatoires l'adhésion et le versement de cotisations au syndicat de toute entreprise syndiquée.

«La liberté de s'associer devrait comprendre la liberté de ne pas s'associer», tranchait le président de la commission-jeunesse d'alors, Simon Bégin.

Le premier ministre Jean Charest avait aussitôt mis le couvercle sur la marmite, rejetant d'emblée la proposition controversée.

Le congrès de cette année aura pour thème général «Innover : notre révolution», une «révolution» qu'on souhaite imposer tant aux institutions qu'à l'économie et à la technologie.

Aux yeux des jeunes libéraux, «innover» pourra donc aussi vouloir dire dépoussiérer le monde du travail en rejetant le diktat de l'ancienneté. Mais les jeunes libéraux n'iront pas jusqu'à contester la sécurité d'emploi, notamment dans la fonction publique. Sauf qu'au moment de donner une promotion, par exemple, ils ne voudraient pas qu'un jeune candidat soit mis de côté du seul fait qu'il compte moins d'années de service qu'un candidat expérimenté.

«Remettre en question la sécurité d'emploi? Non. Mais remettre en question le critère seul et unique, principal, qui est l'ancienneté? Oui», répond M. Marleau, qui en fait une question d'équité intergénérationnelle.

Plusieurs messages seront donc envoyés au gouvernement sous forme de résolutions à cette occasion, notamment sur cette question.

Signal de la rentrée

Pour le gouvernement, le congrès des jeunes marque chaque année la rentrée politique, en présence du premier ministre Philippe Couillard et des ministres et députés libéraux.

«C'est sûr qu'on va aborder cet aspect-là [l'ancienneté]. Il y en a certains qui vont sourciller, mais, en 2016, on pense qu'il faudrait peut-être revoir la façon dont on organise le travail, notamment la promotion des gens», dit-il.

Or, fait-il valoir, les fameuses «clauses orphelines», ces clauses qui accréditent les disparités de traitement dans les conventions collectives, selon les années d'expérience, pénalisent les nouveaux venus, les jeunes en particulier, notamment dans la fonction publique québécoise.

«Est-ce que seulement l'ancienneté est suffisante pour déterminer qui devrait avoir droit à certains postes? On se pose des questions là-dessus», ajoute le président de l'aile jeunesse libérale.

Le congrès devrait rassembler près de Québec quelque 400 jeunes militants libéraux âgés de 16 à 25 ans, en provenance de toutes les régions du Québec.

Une autre préoccupation des jeunes libéraux consistera à dénoncer l'exode des cerveaux, ces jeunes diplômés dans des secteurs de pointe qui fuient le Québec pour décrocher des postes plus intéressants ailleurs.

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