Pour éviter le divorce, il faut... partager les tâches

L'étude de la sociologue Alexandra Killewald, de l'Université... (123RF, Katarzyna Bialasiewicz)

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L'étude de la sociologue Alexandra Killewald, de l'Université Harvard, révèle que la division des tâches dans un couple est une donnée majeure déterminant si un couple divorcera ou non.

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(Québec) La pauvreté? L'indépendance financière qui vient avec le travail des femmes? Longtemps vus comme des causes de divorce, ces facteurs n'ont jamais influencé la stabilité des couples, même à l'époque où peu de femmes travaillaient, vient de trouver une étude américaine. En fait, c'est plutôt la division du travail et des tâches au sein du couple qui fait foi de tout, ou presque. Et petit conseil pour ces messieurs : arrangez-vous pour travailler à temps plein...

Publiée dans l'American Sociological Review, l'étude a examiné le cas de 6300 couples s'étant mariés entre 1968 et 2013 et les a divisés en deux cohortes - ceux qui ont convolé avant 1975, et ceux qui se sont dit «oui» après. Évidemment, les couples «anciens» divorçaient moins souvent que les autres, à raison d'environ 1,1 % par année contre 2,5 à 3 % après 1975, mais l'auteure de l'article, la sociologue de Harvard Alexandra Killewald, a trouvé plusieurs autres différences frappantes.

«Mes résultats suggèrent qu'en général, le sort des couples n'est pas déterminé par des facteurs financiers. C'est plutôt le travail, payé ou non, qui compte», a commenté Mme Killewald dans un communiqué.

Étonnamment, avant 1975, plus les tâches ménagères étaient inégalement réparties, plus le couple était stable : lorsque la femme s'occupait de 75 % ou plus des tâches ménagères, le couple courait un risque de divorce d'environ 1 % par année, mais quand ces tâches étaient distribuées également entre l'homme et la femme, le risque montait à 1,5 % par année.

Le travail

Le travail des femmes, malgré toutes les craintes qu'il a engendrées, n'a jamais été un facteur de séparation - dans les deux cohortes, les couples dont la femme a un emploi à temps plein ne sont pas moins stables que les autres. En fait, c'est le travail (ou le «non-travail») des hommes qui semble être le meilleur prédicteur de la fin d'un mariage, surtout après 1975 : quand Monsieur travaille à temps plein, le risque de divorce est de 2,5 % par année, un niveau normal, mais il grimpe à 3,3 % par année lorsque le mari n'a pas de boulot ou ne travaille qu'à temps partiel.

«C'est une étude qui vient recadrer la question de la transformation du couple et de l'instabilité conjugale», a commenté la sociologue du quotidien Madeleine Pastinelli, de l'Université Laval. «L'explication classique était que quand tu n'as pas les moyens de sortir de ton couple, et bien tu n'en sors pas, mais cette étude-là montre que ce n'est pas si clair.»

Le partage des tâches

Évidemment, la seconde cohorte recouvre une très, très grande période (1975-2013) pendant laquelle le partage des tâches a pu changer pour la peine. Et pour avoir travaillé sur la question et dirigé un mémoire à ce sujet, Mme Pastinelli confirme l'évolution : sans dire que le 50-50 est atteint, l'égalité est un idéal partagé par «l'écrasante majorité des jeunes couples» et quand le partage est considéré comme inéquitable, «les gens le disent».

Cependant, poursuit-elle, «quand on gratte un peu, on se rend compte que ce n'est pas tant l'égalité [chacun fait exactement les mêmes tâches, NDLR] que l'équité [chacun fait toujours les mêmes tâches] qui est recherchée. Et dans la perception qu'on a de tout ça, la compétence et les habiletés perçues sont encore très ''genrées''. On tient pour acquis que les femmes sont meilleures pour certaines tâches et les hommes pour d'autres. C'est aussi vrai pour la perception qu'on a de la pénibilité des tâches : s'acquitter d'une tâche qui n'est pas de son genre est perçu comme un sacrifice plus grand, et c'est pris en compte dans les ''calculs'' qui sont faits dans le couple.»

En outre, ajoute Mme Pastinelli, si les tâches sont mieux réparties qu'avant, la planification échoit encore très principalement aux femmes.

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