Plus de fugues de la part des jeunes filles

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Il n'y a pas nécessairement plus de fugues, la nouvelle réalité est qu'on les signalerait plus.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Les jeunes filles représentent une plus grande part des fugues des centres jeunesse des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches que la moyenne provinciale, selon des chiffres obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Sur 25 607 fugues enregistrées dans les centres jeunesse du Québec de 2012-2013 à 2015-2016, 39 % avaient été réalisées par de jeunes filles. Cependant, la tendance des adolescentes à mettre les voiles est encore plus prononcée dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches.

Selon les données consultées par Le Soleil, les fugueuses représentaient 46% des fugues enregistrées depuis mars 2012 dans la région de Québec alors qu'en Chaudière-Appalaches, elles surpassent même les garçons en terme de nombre de fugues durant la même période, représentant 53 % du total.

Les données de Québec et de Chaudière-Appalaches se rapprochent davantage de celles du Centre jeunesse de Laval, qui avait fait la manchette plus tôt cette année alors que plusieurs adolescentes avaient fugué et qu'on soupçonnait des gangs de rue de les avoir recrutées pour faire de la prostitution. Des 3225 jeunes ayant fugué du Centre jeunesse de Laval depuis 2012-2013, près de 50 % étaient des filles.

Pas plus vulnérables

Malgré tout, Michel Dorais, professeur à l'école de service social de l'Université Laval, ne croit pas que ces chiffres soient suffisants pour dire que les jeunes filles sont plus vulnérables à Québec qu'ailleurs. 

«C'est un ensemble de circonstances qui peut créer une situation comme celle-là. Il faut aussi tenir compte du temps que dure la fugue et de l'endroit où les jeunes fuguent. Et ne pas oublier que les fugues dépendent souvent des occasions qui se présentent. Les jeunes sont à l'affût des occasions et il y a des centres où c'est effectivement plus facile de faire une fugue. C'était devenu le cas à Laval, où les jeunes filles fuguaient plus qu'à Montréal. Le centre était devenu plus vulnérable», explique-t-il. M. Dorais avoue d'ailleurs d'un même souffle qu'il est d'accord avec l'opinion exprimée par l'expert André Lebon, qui a produit un rapport sur la crise des fugues au Centre jeunesse de Laval.  «Le lien de confiance avec les jeunes, ça prend du temps à l'établir et c'est plus difficile quand il y a beaucoup de mouvement de personnel, beaucoup d'instabilité. Certains jeunes décrochent quand la personne de confiance à qui ils auraient confié un secret est déplacée ailleurs. Ils vont alors garder pour eux des informations concernant une fugue qui se prépare ou un gang de rue qui fait du recrutement.»

Les données des centres jeunesse du Québec démontrent aussi que l'année financière 2015-2016 aura été une année record avec 6677 fugues sur le territoire québécois, une hausse de 3 % par rapport aux 6 497 enregistrées l'année précédente, où une augmentation de 8 % des fugues avait aussi été notée.

Plus de signalements

À Québec, le nombre de fugues a également augmenté en 2015-2016, passant de 516 à 563 alors qu'il avait atteint un sommet de 633 en 2013-2014. En Chaudière-Appalaches, il est passé de 92 à 104 après une pointe de 173 en 2012-2013.

Michel Dorais tient toutefois à mettre un bémol sur ces chiffres, soulignant que les critères pour signaler une fugue ont été resserrés depuis quelques années. «Il n'y en a pas nécessairement plus, c'est surtout qu'on les signale plus», précise-t-il en soulignant que par le passé, les fugues durant moins de 24 heures étaient très peu rapportées.

Les données des centres jeunesse semblent donner raison à M. Dorais, le nombre de fugues de plus de 72 heures n'ayant cessé de diminuer depuis 2012-2013 alors qu'on en comptait 1279 et qu'on en a enregistré 1104 en 2015-2016.

Par opposition, le nombre de fugues où les jeunes sont retrouvés ou rentrent au bercail moins de 24 heures plus tard est à la hausse, passant de 4193 il y a quatre ans à 4582 durant l'année financière qui vient de prendre fin.

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