42 ans après le drame de Valcartier, les cadets toujours dans l'inconnu

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L'explosion d'une grenade le 30 juillet 1974 à la base militaire Valcartier avait causé la mort de six cadets et en avait blessé plusieurs autres.

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(Québec) Le député conservateur Pierre Paul-Hus presse le gouvernement libéral de fournir des soins médicaux et d'indemniser les victimes du drame de Valcartier où six cadets ont trouvé la mort et des dizaines d'autres ont été blessés en 1974 dans l'explosion d'une grenade.

Le représentant de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles et porte-parole associé en matière de Défense nationale interpelle directement le ministre de la Défense, Harjit Singh Sajjan, parce que, dit-il, des informations contradictoires lui fait douter des réelles intentions du gouvernement Trudeau.

«Il y a lieu de s'interroger, lance-t-il. J'ai demandé de l'information cet hiver. La Défense devait faire une annonce au mois de juin et il ne s'est rien passé, déplore M. Paul-Hus. D'un côté, on nous dit que ça va bien et de l'autre, on dit que ça va être retardé.»

Pour une raison qui demeure actuellement inconnue, le gouvernement aurait remis à l'an prochain les mesures qu'il entendait prendre pour «réparer les erreurs du passé».

L'adjudant-chef Clermont Morin, aujourd'hui âgé de 74 ans,... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 3.0

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L'adjudant-chef Clermont Morin, aujourd'hui âgé de 74 ans, était présent au moment de l'explosion. Il accompagnait le député conservateur Pierre Paul-Hus, mercredi.

Le Soleil, Pascal Ratthé

En effet, l'ombudsman de la Défense nationale, Gary Walbourne, concluait dans un rapport sans équivoque rendu public en juillet 2015 que les cadets présents lors du drame avait été traités de façon inéquitable par rapport aux militaires affectés par les événements. Le gouvernement conservateur de l'époque avait immédiatement réagi à ses recommandations en promettant des soins médicaux et une indemnisation pour réparer l'injustice. 

Soins pour les instructeurs

Cette injustice réside dans le fait que les instructeurs de la Force régulière et des réservistes ont reçu des soins contrairement aux cadets, qui ne jouissaient pas du statut de militaire au Canada. À ce sujet, l'ombudsman écrivait : «Leur manque flagrant de considération pour les jeunes dont ils étaient responsables est inexcusable.» 

Bref rappel des faits. Le 30 juillet 1974, une grenade active, qui se trouvait par mégarde dans un lot d'explosifs inoffensifs destinés à une démonstration lors d'un cours donné à un groupe de cadets de la base militaire de Valcartier, a explosé. Des dizaines d'autres adolescents de 14 et 15 ans ont été blessés tant physiquement que psychologiquement

L'adjudant-chef Clermont Morin, aujourd'hui âgé de 74 ans, était présent au moment de l'explosion. «Les cadets qui étaient là à l'époque, c'était des jeunes enfants. Donc, ça marque plus longtemps leur existence. On en a retrouvé au cours des années dans la rue. On en a retrouvé d'autres, surtout en désordre de stress, qui est une très grave maladie. Ils ont tous été oubliés», se désole celui qui a eu besoin d'aide psychologique.

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L'explosion d'une grenade le 30 juillet 1974 à la base militaire Valcartier avait causé la mort de six cadets et en avait blessé plusieurs autres.

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Quatre suicides

Au fil des ans, M. Morin est demeuré en contact avec plusieurs de la centaine de cadets présents. L'existence de certains d'entre eux s'est terminée sur une note tragique. «Je compte au moins quatre suicides. Ils ont fini avec une corde au cou», laisse-t-il tomber, toujours visiblement affecté. D'autant plus qu'il apprenait le décès récent d'un cadet présent en 1974. Sans parler de suicide dans ce cas précis, M. Morin soutient que c'est les conséquences de l'événement traumatisant de 1974 qui l'a fait mourir.

Après la parution du rapport de l'ombudsman, la Défense nationale a recensé les personnes présentes cette journée fatidique. Il y en aurait 117. Le but étant de pouvoir évaluer les effets négatifs ou permanents subis par chacun à la suite de l'incident «afin de déterminer les soins de santé physique et psychologique requis et, en fonction de ces évaluations, financer un régime de soins raisonnable».

Le 30 juillet, d'anciens cadets se réuniront à Valcartier pour commémorer le drame.

Dans un long courriel au Soleil, la Défense nationale affirme qu'elle est en communication avec les victimes. «En décembre 2015, une évaluation des besoins médicaux a été offerte à toutes les personnes touchées pour cerner leurs besoins en matière de soins de santé, sur le plan tant physique que psychologique», explique Laura McIntyre-Grills, conseillère en communications.

Elle confirme que 39 des 102 questionnaires médicaux envoyés ont été retournés dûment remplis. «C'est un processus qui prend du temps, étant donné que les personnes concernées doivent consulter leur médecin de famille pour obtenir une évaluation.»

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