Labeaume recule sur les pitbulls

  • La petite Maély et Chuck, trois mois (Le Soleil, Erick Labbé)

    Plein écran

    La petite Maély et Chuck, trois mois

    Le Soleil, Erick Labbé

  • 1 / 9
  • Le coiffeur Patrick «Lakosh» Marceau et son pitbull Malcolm, devenu la mascotte de son salon, était du nombre des manifestants, inquiets de devoir possiblement se départir de leur animal si le règlement était adopté. (Le Soleil, Erick Labbé)

    Plein écran

    Le coiffeur Patrick «Lakosh» Marceau et son pitbull Malcolm, devenu la mascotte de son salon, était du nombre des manifestants, inquiets de devoir possiblement se départir de leur animal si le règlement était adopté.

    Le Soleil, Erick Labbé

  • 2 / 9
  • L'une des manifestantes lundi devant l'hôtel de ville. (Le Soleil, Erick Labbé)

    Plein écran

    L'une des manifestantes lundi devant l'hôtel de ville.

    Le Soleil, Erick Labbé

  • 3 / 9
  • Un jeune participant à la manifestation (Le Soleil, Erick Labbé)

    Plein écran

    Un jeune participant à la manifestation

    Le Soleil, Erick Labbé

  • 4 / 9
  • Au total, une cinquantaine de manifestants ont pris part à l'événement. (Le Soleil, Erick Labbé)

    Plein écran

    Au total, une cinquantaine de manifestants ont pris part à l'événement.

    Le Soleil, Erick Labbé

  • 5 / 9
  • Des manifestants invitant à condamner les mauvais propriétaires plutôt que leurs chiens. (Le Soleil, Alice Chiche)

    Plein écran

    Des manifestants invitant à condamner les mauvais propriétaires plutôt que leurs chiens.

    Le Soleil, Alice Chiche

  • 6 / 9
  • Une manifestante et son chien. (Le Soleil, Alice Chiche)

    Plein écran

    Une manifestante et son chien.

    Le Soleil, Alice Chiche

  • 7 / 9
  • Une affiche «Je suis pitbull», inspirée du célèbre «Je suis Charlie». (Le Soleil, Alice Chiche)

    Plein écran

    Une affiche «Je suis pitbull», inspirée du célèbre «Je suis Charlie».

    Le Soleil, Alice Chiche

  • 8 / 9
  • Le coiffeur Patrick «Lakosh» Marceau et son pitbull Malcolm, devenu la mascotte de son salon, était du nombre des manifestants, inquiets de devoir possiblement se départir de leur animal si le règlement était adopté. (Le Soleil, Erick Labbé)

    Plein écran

    Le coiffeur Patrick «Lakosh» Marceau et son pitbull Malcolm, devenu la mascotte de son salon, était du nombre des manifestants, inquiets de devoir possiblement se départir de leur animal si le règlement était adopté.

    Le Soleil, Erick Labbé

  • 9 / 9

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La Ville de Québec n'adoptera pas le règlement contre les pitbulls qu'elle avait annoncé précipitamment après les morsures mortelles infligées à une femme de la région montréalaise. Le maire Régis Labeaume l'a enterré en attendant le résultat de la grande réflexion menée par le gouvernement provincial.

«On n'éliminera pas les pitbulls. On a voulu frapper fort pour que ça bouge. On va s'insérer dans le travail gouvernemental», a déclaré lundi le maire de Québec, quelques heures avant le conseil municipal.

Il y a deux semaines, un avis de motion avait été déposé, annonçant l'interdiction de tous les chiens de type pitbull sur le territoire de la Ville de Québec dès le 1er janvier 2017. Après un déferlement de commentaires négatifs, dont plusieurs très disgracieux sur le Web, le maire avait annoncé des «mesures transitoires» pour les propriétaires actuels, qui auraient dû prouver que leur animal n'est pas dangereux.

M. Labeaume a affirmé lundi, sur un ton impatient, avoir «déjà dit que ce règlement ne serait jamais adopté». Les journalistes ne l'avaient pas compris ainsi, tout comme l'opposition officielle dont il s'est moqué. Le débat public s'est d'ailleurs poursuivi ces derniers jours à Québec comme dans le reste de la province.

«On veut des garanties de sécurité. On va travailler avec le gouvernement. Eux autres vont sortir avec des lois et règlements. En fonction de ces lois et règlements, on va modifier le nôtre. [...] Appliquer le règlement, actuellement, c'est quasi impossible parce qu'ultimement, ça finit souvent par des saisies, qui est le geste ultime. Pour faire des saisies, ça prend un mandat de la cour. Ça nous tente pas ben ben de chercher des mandats de la cour pour saisir des chiens», a expliqué le maire.

Celui-ci considère que les municipalités n'ont pas «les capacités légales réelles» d'appliquer leurs règlements contre les chiens dangereux. En était-il conscient avant le dépôt de l'avis de motion? «On le savait mais on voulait mettre le pied à terre», a répondu le politicien en frappant sur la table devant lui.

M. Labeaume a assuré avoir «100 % confiance» dans la démarche du gouvernement du Québec, qui a mis sur pied un comité de travail pour étudier la question des chiens dangereux. L'élu municipal espère qu'une solution globale sera proposée d'ici le 31 décembre. «Il doit y avoir des choses plus compliquées que ça dans la vie québécoise», a-t-il soupiré. 

Un «recul», dit l'opposition

L'opposition officielle, qui a participé à la manifestation des propriétaires de pitbull à l'heure du dîner, a qualifié de «recul» la sortie du maire. «Nous, on pense que la Ville doit agir, doit bouger quand même et doit poser des gestes pour protéger le public, informer la population et faire en sorte que les chiens dangereux sont contrôlés, éliminés, connus. C'est important que la population sache qu'il existe déjà un règlement à la Ville qui permet d'exercer un contrôle. Ça, le maire Labeaume, je ne comprends pas, il ne l'a pas dit», a commenté le chef Paul Shoiry. 

Au conseil municipal, ce dernier a invité les citoyens à appeler la police pour dénoncer les chiens dangereux et exiger des actions. 

En guise de réponse, M. Labeaume a assimilé les élus de l'opposition aux militants pro-pitbulls. «Ils peuvent être amis des pitbulls, mais moi, je le suis pas», a-t-il lancé. 

«Au lieu de déblatérer contre le maire, l'opposition devrait plutôt le féliciter pour avoir créé le débat», a renchéri le conseiller Patrick Voyer, membre d'Équipe Labeaume.

Des conseillers municipaux inquiets

Plusieurs membres d'Équipe Labeaume, incluant le maire lui-même, ont témoigné lundi de la présence de chiens imposants, sinon dangereux, dans les parcs publics de la Ville de Québec. Au point où les enfants n'y seraient plus en sécurité. 

«Il y a des parents qui n'envoient plus leurs enfants dans les parcs parce qu'il y a des propriétaires de chiens qui laissent aller leurs chiens sans laisse. J'en ai un à côté de chez moi, ce n'est plus un parc où les enfants peuvent aller jouer en sécurité, c'est rendu un parc à chiens. Et je pourrais vous en nommer quatre, cinq dans Saint-Sauveur où c'est le cas», a rapporté la conseillère de Saint-Roch-Saint-Sauveur, Chantal Gilbert, lors du conseil municipal.

Raymond Dion, qui représente Loretteville, a témoigné qu'au parc linéaire de la rivière Saint-Charles, il a vu deux bergers allemands «qui sont venus tout près d'avaler un enfant qui était dans un traîneau parce que le propriétaire faisait courir un dimanche après-midi des bêtes de 125 livres et plus qui sont réputées dangereuses».

Le maire Régis Labeaume n'a pas calmé le jeu. «On se pose des questions sur la présence en ville des chiens dangereux, dont surtout les pitbulls. Moi, je pense que c'est un problème. [...] Envoyer des enfants dans les parcs tout seuls, ça m'inquièterait. Heureusement que je n'en ai plus de cet âge-là», a-t-il ajouté.

Sensibilisation

En entrevue au Soleil après la séance, le conseiller municipal responsable de la sécurité publique, Patrick Voyer, a reconnu le problème des chiens en liberté. La Ville de Québec mise sur la sensibilisation pour le régler, mais M. Voyer se demande si ce sera suffisant.

«Ça me tente pas de donner des contraventions, il n'y a aucun attrait. J'aime bien mieux dire à la police : pouvez-vous contrôler les voyous? C'est pas mal plus efficace que leur dire d'aller dans le parc checker les chiens s'il y en a qui ont pas de laisse. Je trouve ça un peu dommage comme énergie qu'on gaspille. Mais s'il faut en arriver à ça...» a-t-il développé. 

M. Voyer croit que les propriétaires de chiens doivent d'abord se responsabiliser en enregistrant leurs bêtes. Actuellement, seulement 15 000 chiens sont enregistrés (dont 308 pitbulls) sur un total estimé à 60 000 sur le territoire de Québec. Les 35 $ perçus annuellement pour une licence permettent notamment d'offrir un refuge pour les chiens perdus et de retrouver facilement les propriétaires des chiens enregistrés. 

S'il y avait davantage d'argent recueilli, il pourrait être investi dans l'aménagement de parcs à chiens, plaide M. Voyer. Il y en a seulement deux à Québec actuellement. Ce n'est toutefois pas la panacée puisque des citoyens refusent d'en voir apparaître près de chez eux, de peur d'entendre des jappements. «On est dans un cercle vicieux qu'il faut repartir de l'autre bord», conclut le conseiller municipal.

Une manifestation avant la bonne nouvelle

Une cinquantaine de propriétaires de pitbull ont manifesté lundi devant l'hôtel de ville par crainte que la Ville de Québec adopte un règlement visant à interdire les pitbulls, comme l'avait évoqué le maire Labeaume dans une vidéo diffusée sur Facebook il y a deux semaines.

Le coiffeur Patrick «Lakosh» Marceau et son pitbull Malcolm, devenu la mascotte de son salon, étaient du nombre des manifestants, inquiets de devoir se départir de leur animal si le règlement était adopté. C'était avant que le maire confirme plus tard en journée qu'un règlement obligeant les actuels propriétaires d'un pitbull à se départir de leur chien ne sera jamais adopté.

«Ce n'est pas une race en particulier le problème, a-t-il répété. Interdire les pitbulls ne réglera rien. En Ontario, le nombre de morsures répertoriées à l'hôpital n'a pas diminué depuis l'abolition, indique-t-il, en référence à un texte publié lundi dans Le Soleil.

«On veut que les mauvais maîtres soient punis, pas une race. On pense qu'il devrait y avoir des évaluations faites par des professionnels pour vérifier la dangerosité des chiens», a-t-il ajouté, joignant ainsi sa voix à celles de professionnels du domaine canin, notamment les médecins vétérinaires.

Simon Lajoie est descendu du Saguenay pour venir appuyer les propriétaires de pitbull de la capitale. Il était accompagné de sa fille, Maély, et du petit dernier dans la famille, Chuck, trois mois. «Un chiot, c'est une page blanche, un brouillon. Tu en fais ce que tu veux. Si tu lui montres à faire du bien, il va faire du bien. Moi, c'est le troisième pitbull que j'adopte et je n'ai jamais eu de problème», a-t-il lancé.

Pour lui, Chuck est un membre de la famille à part entière comme son autre pitbull de trois ans. «Il dort avec Maély. Ils jouent ensemble. Il est très affectueux. J'espère que la solution retenue sera autre chose que l'abolition des pitbulls, a-t-il indiqué à l'intention du gouvernement du Québec, qui a annoncé la création d'une table de travail pour légiférer sur les pitbulls.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer