LGBTQ, «l'alphabet qui s'élargit»

L'une des variantes les plus communes de l'acronyme... (Archives AFP, Leon Neal)

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L'une des variantes les plus communes de l'acronyme est LGBTQ, qui inclut par chaque lettre les lesbiennes, les gais, les bisexuels, les transgenres et les queer.

Archives AFP, Leon Neal

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Cassandra Szklarski
La Presse Canadienne
Toronto

Plusieurs préfèrent ne pas se référer du tout à la communauté LGBTQ, ou plutôt à son acronyme.

Dans ses écrits universitaires, le militant de longue date David Rayside opte pour «diversité sexuelle». C'est une façon pour lui d'éviter les complications et la confusion que génère ce qu'il appelle «l'alphabet qui s'élargit infiniment».

«On est inévitablement rattrapés par le fait que la sexualité a de nombreuses couleurs, formes, ambiguïtés qui font que ça devient tout un défi», reconnaît celui qui est associé et ancien directeur du Centre d'études sur la diversité sexuelle Mark S. Bonham de l'Université de Toronto.

L'une des variantes les plus communes de l'acronyme est LGBTQ, qui inclut par chaque lettre les lesbiennes, les gais, les bisexuels, les transgenres et les queer.

Mais quand Justin Trudeau a réagi à la fusillade d'Orlando, il a poussé un plus loin l'inclusion, et du même coup la confusion, parlant de la communauté LGBTQ2. Le «2», ou «2S», réfère aux bispirituels, des autochtones qui croient en l'existence de quatre genres parmi les humains.

D'autres formules comportent le double de caractères.

Pendant plusieurs années, le plus grand défilé de la fierté gaie au Canada, celui de Toronto, revêtait l'appellation LGBTTIQQ2SA, qui ouvre également la porte, dans son acronyme, aux transsexuels, aux intersexuels, aux personnes en questionnement et aux alliés.

Les organisateurs de l'évènement semblent avoir cette année délaissé le long acronyme. Les objets promotionnels revêtent plutôt l'expression «l'histoire, le courage, la diversité et le futur de la communauté torontoise de la fierté».

Plusieurs autres groupes demeurent, à ce jour, exclus des acronymes élargis. C'est le cas de ceux qui s'identifient comme des genderqueer, des agenres, des travestis, des neutrois, des asexuels, des pansexuels, des polyamoureux, des fétichistes, énumère sur sa page Web le groupe de réflexion Queer Ontario.

Gage de diversité

Le fondateur de l'organisation, Nick Mule, croit que l'élargissement continuel de la formule à adopter témoigne bien de la diversité des communautés de sexes et de genres.

«En tant que société, nous devenons de plus en plus sensibles aux différences des individus. Beaucoup de personnes ont le sentiment qu'elles ont besoin d'être reconnues, d'être nommées et identifiées.» Celui qui est aussi professeur associé en travail social à l'Université York y voit là une réponse politique au «monde hétéronormatif ou hétérosexiste dans lequel nous vivons».

Or, faire partie d'un acronyme n'est pas tout. Les bisexuels, qui ont leur place dans les appellations depuis des années, sont pourtant les plus négligés, politiquement parlant, selon Nick Mule.

Les transgenres, s'ils ont réussi à sensibiliser une bonne partie de la population à leurs différences, peinent toujours à faire respecter leurs droits les plus fondamentaux.

Quoi qu'il en soit, un membre de l'organisation des bispirituels (two-spirited) du Manitoba, Albert McLeod, s'est réjoui d'entendre le premier ministre Justin Trudeau employer l'appellation LGBTQ2. Le terme «bispiritualité» est apparu dans les années 90 et a toujours de la difficulté à se tailler une place.

Si les termes cherchent à unir les différentes identités de genres et de sexes, la communauté, peu importe comment on décide de la nommer, vit des tiraillements internes. Les divisions raciales peuvent survenir comme dans la société en général, ce qui fait que les «2» ou «2S» se sentent souvent exclus.

RuPaul Charles, une drag queen qui a hésité à se rendre à Toronto pour le défilé qui se tiendra dans quelques jours, n'aime pas se sentir étiquetée par une description ou une autre. «Je n'ai personnellement pas besoin de description. Je suis, tout simplement».

Elle se soucie peu du surnom qu'on lui donne, pourvu que l'intention soit bonne. «Si tu viens d'un endroit d'amour, alors je vais le sentir.»

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