Suicides à Uashat mak Mani-Utenam: Québec veut assurer le suivi

La communauté innue de Uashat mak Mani-Utenam à... (Archives La Presse, André Tremblay)

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La communauté innue de Uashat mak Mani-Utenam à Sept-Îles a été secouée par une vague de cinq suicides en 2015.

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<p>Fanny Lévesque</p>
Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) Le ministre Gaétan Barrette dit être loin de «prendre à la légère» l'enquête publique du coroner sur la vague de cinq suicides qui a frappé Uashat mak Mani-Utenam en 2015 et n'a pas l'intention de tabletter les conclusions qui toucheront la santé et les services sociaux. 

«À date dans mon mandat, j'ai toujours donné suite aux recommandations qui ont été faites par un coroner, peu importe la situation», a assuré le ministre de la Santé et des Services sociaux de passage mardi à Sept-Îles, où la deuxième phase des travaux du coroner Me Bernard Lefrançois bat son plein. 

«J'attends ça [le rapport] avec beaucoup d'intérêt», a-t-il ajouté. Le ministre Barrette a par ailleurs mis en évidence les problèmes «de déficience en termes de type et de quantité de services» dans les communautés autochtones. «On tombe dans la proximité et la réforme que je fais vise d'abord et avant tout que des soins de proximité soient donnés.»  

Gaétan Barrette cite en exemple l'annonce prochaine d'un investissement de 11 millions $ pour la mise à niveau d'un CLSC à Kawawachikamach, une nation naskapie près de Schefferville. «Pour la vague de suicides, on va tomber dans le même registre, dans des recommandations qui vont toucher les services, le personnel et ainsi de suite.»

«C'est un enjeu qui est réel auquel on devra s'adresser à partir de cette année», a poursuivi le ministre Barrette. «Je l'ai dit, les compressions qui doivent se faire ont dû l'être pour se donner les marges de manoeuvre pour investir chirurgicalement dans des secteurs qui en ont besoin. On est là, c'est la dernière année des compressions.» 

Époque des pensionnats 

Au jour 2 du volet des recommandations de l'enquête publique, l'époque noire des pensionnats, dont un se trouvait à Mani-Utenam, a refait surface. La directrice par intérim de l'Institut Tshakapesh, Évelyne St-Onge, elle-même pensionnaire pendant 11 ans, a mis en lumière «le choc culturel dévastateur» de ces établissements sur les communautés. 

«La vie que j'aurais dû connaître, je ne l'ai pas vécue», a-t-elle exprimé. «Aujourd'hui, on essaye de donner à nos enfants une culture, une identité qu'on n'a pas.» Très impliquée en éducation, l'aînée explique que les jeunes autochtones doivent trouver l'équilibre «entre deux cultures» et que le système scolaire provincial ne les aide pas assez. 

Mme St-Onge recommande, entre autres, que des cours de langue innue soient offerts sur une plus grande fréquence à l'école, que l'histoire des Autochtones soit aussi enseignée et que les jeunes puissent, par exemple, participer à des séjours en forêt en famille. «On doit reprendre une facette de nous, qui nous a complètement échappé», souligne-t-elle. 

Le coroner entend les suggestions du milieu pour enrayer la problématique du suicide à Uashat mak Mani-Utenam jusqu'à jeudi à Sept-Îles.

Le chef innu Mike McKenzie accusé d'agression sexuelle

Le chef d'Uashat mak Mani-Utenam sur la Côte-Nord, Mike McKenzie, a été accusé d'agression sexuelle sur une enfant de moins de 14 ans, selon ce que rapporte TVA Nouvelles. Les faits reprochés se seraient déroulés entre juin 2000 et mai 2001 à Mashteuiatsh et à Sept-Îles.

Le procureur au dossier, Me Steeve Beaupré, n'a pas voulu commenter l'affaire, mais a confirmé qu'un mandat d'arrestation visé avait été lancé mardi contre Mike McKenzie, qui a été libéré sous promesse de comparaître.

Le chef innu, réélu en mars dernier pour un second mandat, ferait aussi face à des accusations d'attouchement sexuel et d'incitation à un contact sexuel sur la même présumée victime, toujours selon TVA Nouvelles.

Depuis le début de l'année, Mike McKenzie était au centre d'allégations si bien qu'à son assermentation en avril, il avait lu une déclaration dans laquelle il tenait à «éliminer tout doute à [son] sujet».

«Je n'ai jamais, en aucune circonstance, commis d'actes pouvant être répréhensibles envers qui que ce soit. Mon âme et ma conscience sont parfaitement libres à ce sujet», avait-il assuré. L'homme de 42 ans affirmait à l'époque ne pas avoir été interrogé «par les autorités concernées» et ne faire l'objet d'aucune «procédure judiciaire».

Mike McKenzie est à la tête d'Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam depuis 2013. 

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