Un modèle nord-côtier pour la lutte contre le suicide

L'avocat du conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam,... (Collaboration spéciale Fanny Lévesque)

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L'avocat du conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam, Me Jean-François Bertrand, représente également quatre des cinq familles endeuillées.

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Fanny Lévesque

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Le Soleil

(Sept-Îles) Secouée par le suicide de cinq des leurs en 2015, la communauté d'Uashat mak Mani-Utenam sur la Côte-Nord pourrait bien servir d'exemple à travers le pays si les gouvernements acceptent de mettre en oeuvre les recommandations qui seront issues de l'enquête publique du coroner.

La deuxième phase des travaux du coroner Me Bernard Lefrançois, consacrée à l'audition d'experts et d'intervenants liés à la problématique du suicide, s'est ouverte lundi au palais de justice de Sept-Îles. Les tristes récits des familles et des proches endeuillés ont été livrés dans les cinq premiers jours de l'enquête, du 13 au 17 juin.

Jusqu'à jeudi, professionnels, élus et aînés s'exprimeront sur les solutions pour enrayer le fléau du suicide dans la communauté de quelque 4000 âmes. Déjà, le manque criant de ressources matérielles, financières et humaines a pointé dans l'examen des circonstances entourant la mort volontaire de cinq Innus l'an dernier, le pire bilan en 20 ans.

«Les gouvernements seront interpellés pour le volet des ressources pour qu'ils [Québec et Ottawa] donnent des fonds supplémentaires à la communauté pour faire face à cette crise-là», a soulevé l'avocat du conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam, Me Jean-François Bertrand, qui représente également quatre des cinq familles touchées.

«Qu'ils fassent d'Uashat mak Mani-Utenam un projet-pilote, suggère-t-il. Il y a une problématique commune aux communautés autochtones du Québec et du Canada, mais comme l'enquête se concentre ici, bien on va demander à ce qui s'appliquera serve de modèle pour les autres. Mais, il faut que ça commence à Uashat.»

Me Jean-François Bertrand promet déjà une longue liste de recommandations pour sa part, lui qui clôturera les travaux, le 30 juin. «Je vais en avoir pas mal», a-t-il indiqué au Soleil. L'enfant sera notamment au centre de ses suggestions. «Il doit y avoir un volet plus préventif que curatif [...] Les enfants d'aujourd'hui sont les adultes de demain.»

Proposition pour le coroner

Lundi, une chercheuse du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke et gestionnaire au CIUSSS de l'Estrie a proposé au Bureau du coroner d'encourager ses professionnels à documenter davantage les circonstances d'un suicide au moment de la rédaction de leur rapport, dont «la qualité est variable» à travers la province.

«Il pourrait y avoir une grille commune pour investiguer, questionner les familles» pour mieux cerner les causes du suicide, a mentionné Julie Lane. Selon elle, des «rapports bien documentés» deviennent des «sources d'apprentissage» pour mettre en place de meilleures stratégies d'intervention, collées aux enjeux d'une communauté.

Avec l'Association québécoise de la prévention du suicide et la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador, la chercheuse planche également sur un projet-pilote, en cours dans quatre nations de la province, pour déterminer une «approche globale» de prévention, adaptée aux Autochtones.

Le policier du SPUM se présente

Le policier de la Sécurité publique d'Uashat mak Mani-Utenam (SPUM) qui a reçu des textos de Nadeige Guanish, 18 ans, quelques heures avant son suicide, a finalement témoigné lundi matin. Le 17 juin, Jordan Rock ne s'était pas présenté devant le coroner, malgré une assignation à comparaître.

L'agent a assuré ne pas avoir lu les messages de détresse envoyés par la jeune Innue et a expliqué les avoir effacés, toujours sans les avoir lus, dans un «premier réflexe» lorsqu'il a été mis au courant de sa mort parce qu'il «avait peur». M. Rock a eu par ailleurs du mal à indiquer pourquoi il avait réagi ainsi, visiblement affecté par le drame.

Jordan Rock, qui ne travaillait pas le jour de la mort de M. Guanish, «une connaissance», n'a pas non plus transmis l'information aux autorités. L'affaire a été transmise à la Direction des normes professionnelles et relayée au Directeur des poursuites criminelles et pénales qui a tranché qu'il n'y avait pas matière à accusations en vertu du Code criminel.

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