La Commission des droits de la personne s'intéresse aux centres jeunesse

Préoccupée par le taux d'utilisation des mesures de contention et d'isolement... (Archives La Presse, Martin Tremblay)

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(Québec) Préoccupée par le taux d'utilisation des mesures de contention et d'isolement pour les jeunes en 2015, la Commission des droits de la personne et de droits de la jeunesse (CDPDJ) mènera une vaste étude pour documenter ces pratiques dans les établissements de santé et de services sociaux du Québec.

«Les chiffres obtenus jusqu'à présent ont suscité plusieurs questions, notamment parce que le taux d'utilisation de ces mesures varie de façon importante d'une région à l'autre, ce qui a mené la Commission à vouloir pousser plus loin son analyse par une étude systémique», explique dans un communiqué diffusé mardi le président par intérim de la CDPDJ, Camil Picard.

Il n'a pas été possible d'obtenir auprès de la Commission les fameuses données qui la préoccupent. «Elles seront dévoilées quand notre étude sera rendue publique», c'est-à-dire à l'automne, a indiqué au Soleil la directrice de la protection et de la promotion des droits de la jeunesse, Pascale Berardino.

Mme Berardino explique que c'est après pris connaissance d'un reportage de Radio-Canada révélant une hausse de 492% des cas d'isolement dans les centres jeunesse de l'Outaouais et à la résidence La Traversée de Gatineau (ils sont passés de 36 en 2014 à 213 entre les mois de janvier et de septembre 2015) que la Commission a décidé de s'enquérir des données pour l'ensemble des centres jeunesse de la province. 

«Ce qu'on remarque, c'est que les données varient d'un centre à l'autre. Il y en a où le recours à ces mesures augmentent, d'autres où ça diminue, d'autres encore où c'est stable. Et il n'y a pas de tendance selon qu'on est dans les grands centres urbains ou dans les régions», mentionne Mme Berardino.

Droit des jeunes

Par son étude, la CDPDJ souhaite notamment s'assurer que les pratiques actuelles respectent le droit des jeunes de recevoir des services de santé et des services sociaux adéquats et que l'isolement ne soit pas utilisé à titre de mesure disciplinaire. 

«L'isolement ou la contention peuvent, par exemple, être utilisés lorsqu'un jeune s'automutile, ou lorsqu'il se désorganise et qu'il est en crise», illustre Mme Berardino, tout en insistant sur l'importance de «limiter ces mesures dans le temps, le temps que le danger [pour le jeune ou pour les autres] passe». 

Jusqu'à maintenant, les enquêtes effectuées par la Commission, qu'elles soient systémiques ou individuelles, n'ont pas permis de documenter les pratiques d'isolement et de contention. 

«Est-ce que là où le recours à l'isolement ou à la contention est plus fréquent, c'est parce que les cas y sont plus lourds? Si la problématique est importante, est-ce que les services sont adéquats? Est-ce qu'il manque de ressources, notamment de ressources spécialisées en santé mentale? C'est à ce genre de questions qu'on va essayer de répondre, et à partir de nos constats, on fera des recommandations», explique Mme Berardino, rappelant au passage que «la Commission a déjà fait le constat que les ressources en santé mentale n'étaient pas toujours au rendez-vous».

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