Campagne pour offrir des soins de santé mentale aux soldats

Impliqué dans Défi Respect depuis huit ans, l'homme... (Le Soleil, Frédéric Matte)

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Impliqué dans Défi Respect depuis huit ans, l'homme d'affaires montréalais Steve Gregory (à gauche) a expliqué mardi que le syndrome de stress post-traumatique constituait «un problème d'envergure» au sein des Forces armées canadiennes.

Le Soleil, Frédéric Matte

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(Québec) Le retour au pays des soldats canadiens envoyés en mission à l'étranger n'est pas sans provoquer son lot de dommages collatéraux. Jusqu'à 8 % reçoivent un diagnostic de stress post-traumatique. Pour leur venir en aide, La Compagnie Canada lance la campagne Respect visant à recueillir des fonds auprès de la population et des entreprises pour améliorer les programmes en santé mentale.

En conférence de presse, mardi, le président de la section de Québec, François Joyet, a indiqué qu'une sollicitation auprès de 1600 entreprises, dont une centaine du Québec, avait permis d'amasser 9 millions $ en fonds privés au cours des 10 dernières années. Ces sommes permettent d'appuyer non seulement des programmes pour les soldats et les anciens combattants, mais aussi pour leurs familles.

Impliqué dans le mouvement Défi Respect depuis huit ans, l'homme d'affaires montréalais Steve Gregory explique que le syndrome de stress post-traumatique est «un problème d'envergure» au sein des Forces armées canadiennes. «En 2013, une étude révélait que jusqu'à 8 % des soldats déployés à l'étranger, que ce soit en Bosnie, en Afghanistan ou au Soudan, risquaient d'en être atteints dans les cinq ans suivant leur retour au pays. Et ce n'est que la pointe de l'iceberg...»

Même après avoir quitté les Forces armées, les soldats demeurent à risque, précise M. Gregory. Selon une récente étude, environ 2250 anciens militaires vivent dans une soixantaine de centres pour sans-abri à travers le Canada.

Pour M. Gregory, propriétaire d'une firme de consultation en technologies, la campagne Respect vise également à rappeler aux citoyens l'importance des militaires pour la démocratie et la bonne marche de la société, surtout lorsque surviennent des «troubles majeurs».

Objectif de 75 000 bannières

C'est l'incapacité de son fils à trouver, pour un travail scolaire, de l'information sur le rôle des soldats canadiens lors de la bataille d'Assoro, en Sicile, pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a poussé M. Gregory, lui-même fils de soldat, à s'impliquer dans La Compagnie Canada.

«On a bâti là-bas un bâtiment pour honorer les Alliés qui ont libéré la Sicile. Environ 25 000 Canadiens ont débarqué sur la plage, le 10 juillet 1943, mais pas un chat a reconnu notre implication. On parle seulement des Américains et des Anglais.»

Pour démontrer leur appui, La Compagnie Canada invite les entreprises et autres organismes privés à acheter la bannière, disponible en plusieurs formats, sur laquelle on trouve le ruban jaune, la feuille d'érable et le mot Respect. On vise un objectif de 75 000 bannières vendues.

Stress sur les familles des militaires

Directrice générale du Centre de la famille de Valcartier depuis 22 ans, Marie-Claude Michaud est aux premières loges pour évaluer les répercussions des longues missions à l'étranger des militaires sur leur entourage.

«Les impacts sur les familles [au nombre de 4000 à Valcartier] sont majeurs, explique-t-elle. Les années en Afghanistan ont été un stress jusqu'à présent inégalé», glisse-t-elle au sujet des craintes éprouvées pour le conjoint resté à la maison, mais également par les responsabilités à assumer en solo pendant de longs mois.

En l'absence du militaire, le conjoint doit mettre les bouchées doubles pour assurer le train-train quotidien, encore plus lorsque le couple a des enfants. «À la fin d'une mission, la conjointe [le conjoint pour les femmes militaires] est fatiguée, usée d'avoir à s'occuper de toutes les responsabilités familiales. C'est une vie très intense.»

Devant une aide gouvernementale qui stagne depuis des années, le coup de pouce d'un organisme comme La Compagnie Canada est important, soutient la directrice générale. La subvention de 1,3 million $ du gouvernement fédéral représente moins de la moitié de leur budget d'exploitation. «La recherche de fonds est devenue une tâche importante.»

«L'enveloppe budgétaire pour l'aide aux familles n'a pas bougé, ou très peu, depuis 25 ans même si le tempo opérationnel a augmenté et les besoins aussi, poursuit Mme Michaud. Il y a 25 ans, on ne parlait pas de stress post-traumatique comme on en parle aujourd'hui.»

De la même façon, l'impact des missions est plus grand sur les compagnes de vie des militaires. «À l'époque, les conjointes n'étaient pas nécessairement sur le marché du travail. Quand elles passent d'une province à l'autre, pour suivre leur conjoint, elles doivent composer avec une perte d'emploi. C'est plus intense, c'est très difficile.»  

La Compagnie Canada?

Créée en 2006 par l'homme d'affaires et colonel honoraire Blake Goldring, La Compagnie Canada (LCC) est un organisme de bienfaisance enregistré auprès du gouvernement fédéral. Grâce à ses liens avec le monde militaire et celui des affaires, LCC relie les entreprises aux soldats possédant «des compétences éprouvées», leur permettant ainsi de réaliser plus facilement la transition vers le marché du travail civil. L'organisme remet également des bourses d'études aux enfants de militaires tués en mission.

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