Un mois d'attente pour des funérailles le samedi

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Parmi les facteurs qui expliquent le phénomène des funérailles le samedi : le fait qu'il y ait de moins en moins d'employeurs qui offrent des congés pour le décès d'un membre de la famille autre que père, mère, enfant et conjoint.

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<p>Steeve Paradis</p>
Steeve Paradis

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Baie-Comeau) À Baie-Comeau, comme à certains endroits ailleurs en région, il ne faut pas être pressé si on veut organiser des funérailles le samedi, particulièrement l'été. Le temps d'attente peut aller jusqu'à un mois, et même plus. Les salons funéraires encaissent la critique, mais assurent qu'ils n'y sont pour rien.

«C'est sûr qu'il y a une liste d'attente, mais c'est parce que tout le monde préfère les funérailles le samedi», confie Josée Gagné, thanatologue et propriétaire de SERENA, Maison funéraire Josée Gagné de Baie-Comeau. «Toutes les autres journées de la semaine, il n'y a aucun problème, c'est libre.»

Mme Gagné souligne que son mois de mai était «booké» longtemps à l'avance. Un des samedis était même réservé pour une personne décédée en décembre dernier et où la famille souhaitait attendre au printemps pour les funérailles. «Et c'est plein pour les trois premiers samedis de juin», a-t-elle ajouté lorsque Le Soleil l'a rencontrée la semaine dernière.

Évidemment, cette situation, qui se produit surtout l'été, peut créer des déceptions pour des familles qui souhaitent vivre le deuil d'un proche dès son décès. «Il y a des familles vraiment déçues et leur frustration passe sur notre dos, même si on fait l'impossible pour les satisfaire. Il y a aussi des familles qui ont tout préparé avant de venir nous rencontrer. Elles déchantent quand elles voient notre agenda», a soutenu la propriétaire.

Autre facteur qui explique le phénomène des funérailles le samedi, le fait qu'il y a de moins en moins d'employeurs qui offrent des congés pour le décès d'un membre de la famille autre que père et mère, enfant et conjoint. «C'est un peu là que ç'a commencé, les funérailles la fin de semaine. Les gens n'ont plus de congé dans la semaine pour ça.»

Pour illustrer à quel point le personnel des salons funéraires est débordé le samedi, Mme Gagné a raconté qu'elle a déjà reçu un billet de contravention pour excès de vitesse alors qu'elle était au volant du corbillard! «Et j'allais assez vite pour que le policier veuille saisir le véhicule.»

Il n'y a pas qu'au salon funéraire qu'il y a engorgement. Dans le secteur est de Baie-Comeau, où SERENA est en affaires, il n'y a qu'une seule église ouverte aux rites du culte et un seul prêtre pour un territoire s'étendant sur 100 kilomètres de littoral. Et les samedis, ce prêtre doit également célébrer des baptêmes et des mariages, ce qui laisse encore moins de temps pour des funérailles. Autre coefficient de difficulté : «Dans le temps des Fêtes, essaie de te dénicher une salle pour offrir un lunch après le service funéraire», enchaîne Josée Gagné.

Célébrations au salon

Cette situation fait en sorte que les célébrations en lien avec un proche défunt se font de plus en plus au salon, tout comme le traditionnel goûter d'après-funérailles. Mme Gagné et son équipe tentent d'accommoder les familles du mieux qu'elle le peut, dans la mesure de ce qu'elle peut offrir.

«Dans les grands centres, les salons détenus par les grandes compagnies ont investi dans la construction de chapelles et de salles de réception. Mais ici, c'est impossible de rentabiliser un pareil investissement pour les quelques semaines par année où c'est engorgé», conclut la femme d'affaires.

À la Corporation des thanatologues du Québec, la directrice générale Annie St-Pierre confirme que le phénomène est le même partout au Québec. «C'est la nouvelle réalité, six ou sept funérailles le samedi. Ça demande évidemment une gestion différente de la part des salons funéraires, mais je n'ai jamais entendu de cas où des familles ont dû attendre très longtemps», affirme-t-elle.

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