Sur les planches pour son 40e

Infirmière de profession, Hélène Tardif a toujours eu... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Infirmière de profession, Hélène Tardif a toujours eu la passion des arts. Elle a d'ailleurs toujours écrit, «mais ça se terminait dans le fond d'un tiroir», explique-t-elle.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) À l'orée de la quarantaine, Hélène Tardif a décidé de se payer «le trip d'une vie». Pas le tour du monde en voilier, l'escalade de l'Everest ou une fin de semaine de filles à Las Vegas. Le rêve de l'infirmière de Québec est plus terre à terre. La fin de semaine prochaine, elle présentera au public une comédie musicale de son cru, montée à compte d'auteure, fruit d'un travail de longue haleine qui lui a valu son lot d'angoisses et de remises en question.

En entrevue, la jeune femme de 39 ans ne cache pas son stress et sa nervosité. «Depuis janvier, j'ai deux travails à temps plein...», explique-t-elle, en parlant de son job nocturne, au département de cardiologie du CHUL, et de son autre boulot, de jour celui-là, consacré à voir aux mille et un détails de ce projet qu'elle voit dans sa soupe depuis trois ans.

«J'ai toujours beaucoup écrit, mais ça se terminait dans le fond d'un tiroir, ça n'aboutissait à rien. Cette fois, j'ai voulu me rendre jusqu'au bout», mentionne-t-elle, attablée à la terrasse d'un café.

Cette cadette d'une famille de sept enfants nourrit une passion pour les planches depuis l'adolescence. Au secondaire, elle a joué dans quelques pièces, dont Don Quichotte, aux Compagnons de Cartier. Or, lorsqu'est arrivé le moment de choisir une carrière, elle a opté pour un secteur où les possibilités d'emploi étaient plus favorables. «J'étais très douée en sciences et mes parents tenaient à ce que j'aie un métier. Mais ce qui me passionnait, c'était les arts.»

Une fois son diplôme d'infirmière en poche, la passion est restée là, intacte. Qu'à cela ne tienne, elle décide de monter sur les planches en dilettante. En plus d'être membre du groupe vocal Coup d'choeur, elle participe à deux comédies musicales organisées par le CHUQ.

Jusqu'à ce qu'elle décide d'aller au bout de son rêve et de se lancer dans la création de Hijo de la Luna (Le fils de la Lune).

D'abord chanson mise en musique par le groupe espagnol Mecano, cette légende gitane, qui se déroule en France pendant la Seconde Guerre mondiale, raconte l'histoire d'une femme qui prie longuement la Lune, lui implorant de trouver un homme qui l'épouserait par amour. L'astre accepte sa demande à la condition qu'elle lui donne en retour son premier enfant, dès sa naissance. La pièce est émaillée de chansons des Bécaud, Goldman, Jacques Michel, Yvon Deschamps et autres.

Défi de la mise en scène 

En se lançant corps et âme dans cette aventure, la jeune femme ne se doutait pas des multiples défis qui l'attendaient. L'embauche de deux chorales (Coup d'choeur et Voix Nouv'Elles), des comédiens, des musiciens, de jeunes figurants, au total près d'une soixantaine de personnes, a pris beaucoup de son temps.

À la suite du désistement successif de deux comédiennes, il lui a fallu réécrire une partie de la pièce et se confier l'un des rôles. Elle a alors failli jeter l'éponge. «À un moment donné, j'ai eu un moment de désespoir...» lance-t-elle en riant. 

Sans compter les autres imprévus, et les heures passées à courir les accessoires, les costumes. «Heureusement, il y en a beaucoup qui viennent de mon sous-sol.»

Puis est arrivé le moment charnière de diriger tout ce beau monde en répétition. Le moment le plus stressant, confie-t-elle. «Pour la mise en scène, je suis une novice. Ce n'est pas ma tasse de thé. Je suis hyper gênée et très nerveuse, alors ce n'est pas toujours évident. Avec les malades, je sais où je m'en vais. Là, je découvrais sur le tas. Pour moi, obtenir la discipline d'une troupe, c'est zéro plus une barre...»

En plus d'investir des sommes folles d'énergie, la jeune femme a mis la main dans sa poche, entre autres pour l'embauche d'une scénographe. Parents, amis et quelques commanditaires lui ont bien donné un coup de pouce, mais au final, son «trip d'une vie» lui aura coûté environ 10 000 $.

«Je me gâte, je me fais plaisir, pourquoi je m'en priverais? Je n'ai pas d'enfants, je ne fais pas de voyages à tout casser.»

Dédiée à sa belle-soeur malade

Sa pièce, Hélène Tardif la dédiera à sa belle-soeur, atteinte d'un cancer des os et confinée à un fauteuil roulant. La femme fera le voyage depuis Orléans, près d'Ottawa, pour être aux premières loges à la première. Pour l'occasion, avant la représentation, une «projection spéciale» aura lieu en son honneur.

En soirée, dimanche, ne cherchez pas Hélène Tardif et sa troupe. Ils seront à festoyer au champagne, trinquant à l'honneur d'un projet porté à bout de bras par une infirmière qui a mis son coeur et ses tripes pour réaliser son rêve. Ensuite, histoire de se remettre de ses émotions, elle s'offrira deux longues semaines de vacances bien méritées...

=> Vous voulez y aller?

  • Quoi: la comédie musicale Le fils de la Lune (Hijo de la Luna)
  • Quand: le samedi 4 juin à 20 et le lendemain à 16
  • : salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou
  • Billets: 22 $ (en vente à l'entrée ou auprès de Lise Dubreuil, présidente du groupe vocal Coup d'choeur, au 418 529-6038)

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