Le GHB tristement populaire à Québec

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Même si, à Québec, beaucoup plus de gens qu'auparavant entrent en thérapie pour un régler un problème de consommation de GHB, cela ne veut pas dire qu'il y a davantage de consommateurs de drogue en général. Le phénomène pourrait donc s'expliquer par le fait que cette drogue circule davantage dans la région.

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(Québec) La consommation de GHB est en hausse dans la capitale. Les demandes de thérapies pour régler un problème de dépendance sont six fois plus nombreuses depuis le début de l'année.

Le surnom de «drogue du viol» donné au GHB n'a plus rien à voir avec son utilisation réelle. Les adeptes de cette substance, très présente à Québec, la consomment à des fins récréatives, parfois jusqu'à développer une forte dépendance.

Si le GHB n'est pas aussi dangereux que le Fentanyl - une drogue extrêmement puissante et potentiellement mortelle -, la situation n'en est pas moins préoccupante. 

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-­Nationale constate une recrudescence des cas d'intoxication au GHB. «En particulier chez les 18-30 ans, il semble y avoir beaucoup plus de jeunes qui en consomment dans les derniers mois», confirme la Dre Lise Archibald, qui oeuvre à la Direction des programmes de santé mentale et dépendance.

«J'ai vérifié avec l'équipe qui s'occupe des thérapies intensives de six semaines. On me dit que dans les dernières semaines, il y a plus de demandes d'aide pour des personnes qui consomment du GHB. Avant, il y avait une demande aux six semaines; maintenant, c'est une demande par semaine. Il y a vraiment une augmentation.»

Difficile pour elle d'expliquer ce qui a pu mener à cet état de fait. Mme Archibald croit qu'il pourrait tout simplement s'agir d'un effet de mode. «Dans le monde des drogues, il y a des modes. Et les dealers savent ce qui est à la mode. [...] Les vendeurs ne donnent pas toujours l'heure juste sur la dangerosité des produits.»

La dépendance au GHB s'apparente à l'alcoolisme. «C'est un sevrage qui est aussi dangereux que celui de l'alcool. La personne peut par exemple faire des convulsions», souligne la Dre Archibald. Santé Canada évoque de son côté qu'un sevrage sans encadrement peut même s'avérer mortel.

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) constate quotidiennement la présence du GHB dans la capitale. Selon la porte-parole Nancy Roussel, «près de la moitié des évaluations de [conduite avec] capacités affaiblies par la drogue, à Québec, contiennent du GHB dans le retour d'analyse». 

Pas plus de drogues qu'ailleurs 

Sans pouvoir nécessairement quantifier le phénomène, Mme Roussel affirme que la région de Québec est un territoire où le GHB est très populaire, voire la région où la substance circule le plus dans la province. «Si le GHB est populaire dans la région de la Capitale-Nationale, il n'y a pas plus de consommateurs [de drogues] en pourcentage. Ailleurs au Québec, ils vont tout simplement consommer autre chose que du GHB», précise-t-elle. 

Les policiers contrôlent de plus en plus d'automobilistes pour du GHB. Il arrive que ces derniers soient si intoxiqués qu'ils sont complètement endormis au volant de leurs véhicules. Selon le SPVQ, 40 % des cas de conduite avec les capacités affaiblies par les drogues ont lieu le jour, contre 60 % durant la nuit.

En un mot

Le GHB (gammahydroxybutyrate) est une substance présente naturellement dans l'organisme. Il agit à titre de dépresseur, ralentissant l'activité du système nerveux. Il calme également le système nerveux. Le GHB peut être prescrit au Canada pour le traitement de la narcolepsie (un trouble du sommeil grave). Cependant, il peut également être fabriqué dans des laboratoires illégaux et vendu illégalement.

*Source : Santé Canada

Prisé par les jeunes adultes

Le GHB fait partie des drogues surveillées par les différents groupes d'intervention et de prévention depuis longtemps. Mais ce n'est que depuis quelques années «qu'on voit que c'est une drogue répandue dans la population en général», fait remarquer Jessica Turmel, du Groupe de recherche et d'intervention psychosociale (GRIP-Montréal). «Avant, c'était plus consommé dans le milieu gay et dans les raves

Consommé le plus souvent sous forme liquide (dans une fiole, par exemple), le GHB semble aujourd'hui populaire chez les jeunes adultes. «On a très peu de données. Ce qu'on remarque, par contre, c'est que ce n'est pas une substance prisée chez les jeunes du secondaire. C'est plus après. Le pic de consommateurs est chez les 18-25 ans.»

Le GHB est plus facile à trouver dans les milieux festifs. «Dans les bars, c'est une drogue que l'on voit plus.» Cela ne veut pas dire qu'il s'y retrouve en raison de personnes mal intentionnées. «Une des croyances est qu'on l'associe à la drogue du viol [quelques gouttes dans un verre à son insu], mais pour au moins 95 % des cas, c'est récréatif.»

Les adeptes du GHB apprécient, en plus des effets relaxants ou stimulants, le fait qu'il soit hypocalorique, incolore et inodore. Sa consommation se fait rarement seule. «La plupart du temps, ce sont des cas de polytoxicomanie.»

Fabrication artisanale

Le GHB vendu illégalement est généralement le fruit d'une production artisanale, avec les risques que cela implique. Les concentrations (pureté) ne sont pas toujours les mêmes et les producteurs ne peuvent pas toujours garantir un produit sécuritaire.

Mme Turmel explique que des consommateurs achètent à l'occasion, sans le savoir, du GBL, la forme lactone du GHB. «Parfois, la personne qui le fabrique obtient du GBL. La différence est que ça prend plus de temps avant de faire effet.» Si le GHB fait effet en une vingtaine de minutes, le GBL peut ne rien procurer pendant une heure avant de devenir du GHB dans l'organisme. «Les gens en reprennent car ils ne ressentent rien, et ils se ramassent à l'hôpital.»

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