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La nouvelle loi sur les rituels funéraires jugée trop «floue»

L'un des problèmes avec lequel l'industrie doit jongler... (123rf, zlikovec)

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L'un des problèmes avec lequel l'industrie doit jongler en ce moment est concerne les demandes relatives à la dispersion des cendres.

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(Québec) Adoptée en février, la nouvelle Loi sur les activités funéraires - qui ne sera en vigueur qu'en 2018 - cause bien des maux de tête aux entreprises du secteur. «Nous avons mis la dignité humaine sur pause pendant encore deux ans», déplore le président de la Corporation des thanatologues.

Parmi les grandes lignes de la Loi, on trouve notamment l'instauration des permis pour les entreprises de services funéraires, la question du lieu d'inhumation ou de dispersion des cendres et l'ouverture des salons funéraires aux nouveaux rituels.

La nouvelle loi, qui vise à mieux encadrer l'industrie funéraire, est actuellement très «floue», se désole Denis Desrochers, président de la Corporation des thanatologues. Pour l'heure, «nous n'avons pas de ligne directrice. Les principes de la loi sont établis, mais les règlements vont être déposés seulement en 2018. [...] Nous n'avons pas de balises ou d'indicateurs pour nous dire comment cela se traduit de façon opérationnelle», poursuit-il.

L'un des problèmes avec lequel l'industrie doit jongler en ce moment est au sujet des demandes relatives à la dispersion des cendres. Actuellement, une personne peut faire ses préarrangements funéraires et y inscrire qu'elle souhaite que ses cendres soient par exemple dispersées sur une terre à bois, dans un parc ou dans une rivière. Mais dans deux ans, cette pratique sera-t-elle encore légale?

«On ne sait pas quoi répondre aux gens», affirme M. Desrochers. «Et nous sommes de plus en plus interpellés par le public. On ne sait pas quelle direction le gouvernement va prendre! On n'est pas plus avancé, dit-il. Nous n'avons pas défini la notion de dignité humaine pour les restes humains. [...] Est-ce qu'on peut continuer de jeter les cendres dans les toilettes? Aux vidanges? Ou même les abandonner?» ajoute-t-il.

Exposé debout dans un ring de boxe

M. Desrochers s'inquiète aussi de la question des nouveaux rites funéraires. Où est la limite, s'interroge-t-il, donnant comme exemple une défunte à La Nouvelle-Orléans qui a été exposée en 2014 à une table avec un paquet de cigarettes, de la bière et du whiskey ou encore le boxeur Christopher Rivera à Porto Rico, qui a été exposé debout dans ce qui semble être un ring de boxe.

«En ce moment, avec l'absence de loi, c'est encore un peu le n'importe quoi. Si moi, je décide de ne pas le faire, car cela ne me semble pas digne, ça ne signifie pas que l'autre au bout de la rue ne le fera pas», indique celui qui est également propriétaire du Centre funéraire Grégoire & Desrochers, à Victoriaville. «Le danger que je vois, c'est que dans les deux prochaines années, on risque d'échapper la balle. Ça va être difficile de définir qu'est-ce qui est respectueux ou non, car on va dire : "On l'a fait."»

Le président de la Corporation des thanatologues, qui se dit tout de même être très satisfait de la «coquille» de la nouvelle Loi sur les activités funéraires, souhaite avoir des réponses. Il espère pouvoir rencontrer prochainement le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, pour pouvoir faire avancer plus rapidement le dossier.

La Corporation des thanatologues compte environ 180 membres à travers la province.

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