Atout-Lire, un allié précieux pour le recensement

Atout-Lire devient un précieux allié pour ceux qui... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Atout-Lire devient un précieux allié pour ceux qui éprouvent des problèmes de lecture et d'écriture.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le recensement canadien bat son plein. Si la plupart des citoyens remplissent le formulaire en quelques minutes, sans aucun problème, la tâche peut être insurmontable pour ceux qui éprouvent des problèmes de lecture et d'écriture. Dans les circonstances, Atout-Lire devient un précieux allié.

«Les gens sentent que c'est leur responsabilité, ils ont seulement besoin d'un appui. Il y en a qui ne sont jamais allés sur Internet», explique Johanne Arsenault, animatrice à Atout-Lire, un groupe populaire en alphabétisation du quartier Saint-Sauveur qui organisait mardi son 9e marathon de lecture et d'écriture.

Quelques intervenants se sont succédé au cours de la journée lors d'ateliers portant sur l'alimentation, la science, la création littéraire et le patrimoine. Malgré le temps radieux qui incitait à faire l'école buissonnière, ils étaient une quinzaine à assister aux exposés, dans une ambiance bon enfant.

Alexandre Bastien, un chercheur de l'Université Laval, est débarqué dans la classe avec un microscope. Fonctionnement des cellules, virus du sida, bactérie E. coli, cancer, plusieurs sujets ont été abordés au grand plaisir des participants qui, à partir de leurs expériences personnelles, ont manifesté un vif intérêt.

«Ce sont des gens très curieux. La plupart n'ont jamais eu de cours de biologie. Puisqu'ils ont du mal à lire, beaucoup sont allés chercher leurs informations à la télé», explique le jeune scientifique, dont c'était la seconde participation à un atelier d'Atout-Lire.

En après-midi, l'auteure et poète Rosalie Trudel est venue parler de création littéraire. À partir de citations d'écrivains, la jeune femme a incité les participants à jouer de leur imagination pour écrire quelques mots.

Que ce soit pour le formulaire de recensement, faire son épicerie ou aller chez le médecin, les activités du quotidien sont souvent la croix et la bannière pour les analphabètes. Ceux qui fréquentent l'organisme de la rue Saint-Vallier en savent quelque chose.

Josée avoue avoir fait d'énormes progrès en six ans. Mot à mot, lentement, elle a appris à lire des phrases complètes et à en saisir le sens. La fierté se lit dans ses yeux. «Avant, pour faire ma liste d'épicerie, je devais me fier à la circulaire pour être sure que c'était le bon mot.»

Briser l'isolement

L'automne dernier, Josée a franchi une étape importante dans son cheminement en vantant à 200 étudiants en médecine de l'Université Laval les mérites du carnet santé, un outil conçu chez Atout-Lire qui permet aux patients analphabètes de mieux se faire comprendre de leur médecin. Car mettre des mots sur la notion de douleur n'est pas toujours évident : ça pique, ça brûle, ça élance ou c'est comme des coups de couteau?

Un marathon de lecture et d'écriture comme celui de mardi permet de mieux faire comprendre l'importance sociale d'Atout-Lire, l'un des cinq organismes populaires en alphabétisation de la région de Québec, explique l'animatrice Céline Lepage, en poste depuis l'ouverture, en 1984.

«En moyenne, chaque année, une soixantaine de personnes viennent ici, souligne-t-elle. Ils vivent beaucoup de honte et de timidité, ils se sentent exclus, mais ça finit par se dissiper. En plus de briser leur isolement, ils se rendent compte que d'autres personnes vivent le même problème qu'eux.»

Des animatrices en alphabétisation se rendent aussi régulièrement dans des HLM pour des ateliers, histoire de rejoindre les mères de jeunes enfants ou les personnes à mobilité réduite.

Malgré l'ampleur insoupçonnée de l'analphabétisme au Québec - on estime qu'environ 19 % des adultes, soit un million de personnes, ont de faibles compétences en lecture et en écriture -, Atout-Lire ne roule pas sur l'or. Outre une subvention annuelle (et jamais indexée depuis huit ans) de 125 000 $ du ministère de l'Éducation, l'organisme doit compter sur une campagne de financement et la location de locaux afin de boucler son budget et assurer l'emploi de quatre animatrices.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer