Aide étatique souhaitée pour les médias traditionnels

La directrice du contenu à TC Media, Sylvia... (Le Soleil, Erick Labbé)

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La directrice du contenu à TC Media, Sylvia Cerasi, le président-directeur général du Groupe Capitales Médias, Claude Gagnon, et le vice-président Information et éditeur adjoint de La Presse +, Éric Trottier, ont participé mardi à une table ronde animée par Ariane Émond (deuxième à partir de la gauche) et organisée par la Fédération nationale des communications.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) À l'heure où les médias traditionnels sont à la recherche du Graal, ce modèle d'affaires qui leur permettrait de s'adapter aux nouvelles réalités du marché numérique, une aide gouvernementale semblable à celle offerte dans quelques pays européens serait la bienvenue pour la majorité des patrons de presse québécois.

Réunis en table ronde, mardi, dans le cadre du colloque L'information - Le 4e pouvoir sous pression, organisé par la Fédération nationale des communications, cinq dirigeants, le pdg du Groupe Capitales Médias en tête, Claude Gagnon, ont soutenu que la migration vers les nouvelles plateformes numériques entraîne des coûts importants pour toutes les entreprises et qu'il faut en conséquence chercher à impliquer le gouvernement «d'une façon ou d'une autre».

«Il faudrait arrêter de parler de crise des médias, mais parler de transition», insiste M. Gagnon, ajoutant que le lectorat des journaux, incluant ceux du Groupe Capitales Médias, n'a jamais été aussi élevé en 25 ans. À son avis, trop parler de ce qui va mal n'est pas de nature à aider qui que ce soit. «Les annonceurs aiment bien s'associer à des gagnants, pas à des perdants.»

Tant pour Michel Cormier, directeur général de l'information des services français de Radio-Canada, que pour Bryan Myles, directeur du Devoir, le défi consiste à dénicher de nouvelles sources de financement afin de continuer à offrir une information de qualité à des téléspectateurs et un lectorat où les jeunes se font de plus en plus rares. 

«Les jeunes de 20 ans ont accès à de l'information, mais ils lisent toujours la même info», soutient Sylvia Cerasi, directrice de contenu à TC Média, au sujet des algorithmes des moteurs de recherche qui les aiguillent toujours vers un contenu identique.

«L'information de terrain coûte cher, alors que seulement 10 % de nos revenus proviennent du numérique», explique-t-elle au sujet de la centaine d'hebdos et de sites Web que compte sa firme. L'instauration d'un crédit d'impôt pour les innovations technologiques et une diminution de la taxe sur le recyclage des journaux imprimés sont deux mesures qui permettraient de donner un peu d'oxygène à l'industrie. «On paie le même montant qu'il y a 10 ans alors que le volume de papier a grandement diminué.»

Seul le vice-président information et éditeur adjoint de La Presse +, Éric Trottier, s'est permis un bémol sur une hypothétique aide gouvernementale, insistant sur la menace que cette mesure pourrait représenter pour l'indépendance des médias.

«Je ne suis pas totalement fermé [à l'idée], mais si l'aide du gouvernement sert à pallier des modèles d'affaires déficients, on a un problème. [...] Je trouve que notre industrie refuse de se renouveler, d'innover [...]. C'est clair que les journaux sont appelés à disparaître et on ne regarde pas encore assez vers l'avenir.»

Loin de la Finlande

Plus tôt en après-midi, l'économiste et directeur général de la firme MCE Conseils, Claude Dorion, avait mis la table pour la discussion en dévoilant quelques chiffres qui font mal paraître le Québec et le Canada en matière d'aide aux entreprises de presse. Alors que les journaux québécois reçoivent annuellement l'équivalent de 3 $ par habitant, ce montant est 6 fois plus élevé au Royaume-Uni et 10 fois plus en France. La disproportion est encore plus grande avec la Norvège (57 $) et surtout la Finlande (92 $).

Dans le domaine de la radiodiffusion publique, là également la situation n'est guère en faveur du Canada, l'un des pays occidentaux les plus radins. Si le gouvernement fédéral verse 31 $ par habitant à Radio-Canada, à peine plus que l'Australie pour sa télévision nationale, il en va autrement en Allemagne (118 $), en Finlande (137 $) et en Norvège (164 $).

«Il existe un déséquilibre frappant par rapport au financement européen. Ça va prendre des décisions courageuses», croit M. Dorion.

À travers la transformation que vivent les médias, des intermédiaires comme Google et Facebook, qui ne produisent aucun contenu mais qui s'accaparent une part de plus en plus grande de la tarte publicitaire, ont été la cible des panélistes. «Tous les Google de ce monde ont monté leur modèle d'affaires en s'alimentant à nos contenus, dénonce Claude Gagnon. Ils nous font compétition sans qu'on ait de l'argent, c'est un non-sens.»

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