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Les emplois sont là, mais les réfugiés se font attendre

Dans la région de la Capitale-Nationale, 34 employeurs... (123rf/HongQi Zhang)

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Dans la région de la Capitale-Nationale, 34 employeurs ont offert 112 postes par l'intermédiaire d'Emploi-Québec, mais aucun de ceux-ci n'a été pourvu jusqu'à présent.

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(Québec) «Si vous êtes un employeur et que vous désirez offrir un ou des emplois à des réfugiés, faites l'étoile.» Ce message téléphonique automatisé de Services Québec a eu de la résonance, parce que, depuis décembre, 271 entreprises québécoises ont offert 1176 emplois aux réfugiés syriens récemment arrivés. Mais de ce nombre, seulement 34 postes ont été pourvus, soit un peu moins de 3%.

La vaste offensive lancée en décembre par les ministres Sam Hamad, Kathleen Weil, Emploi-Québec et de grandes associations patronales n'aura pas permis, jusqu'à maintenant, de faire entrer les réfugiés en masse sur le marché du travail. 

«On estime que les employeurs ont répondu de manière positive à notre appel. Maintenant, les postes pourraient prendre un peu de temps avant d'être comblés, parce que plusieurs réfugiés ne sont pas encore prêts à intégrer le marché du travail. Certains ont des obligations familiales et d'autres sont encore à l'étape de la francisation», explique Antoine Lavoie, porte-parole du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale. 

Les postes offerts aux réfugiés chez Emploi-Québec sont assez variés, croit le Ministère. Les employeurs cherchent des manoeuvres en usine, des agents de centre d'appel, des représentants des ventes, des programmeurs informatiques, entre autres. 

Les emplois disponibles sont davantage concentrés sur l'île de Montréal (523 postes), là où ont atterri le plus grand nombre de réfugiés syriens. Dans la région de la Capitale-Nationale, 34 employeurs ont offert 112 postes, mais aucun n'a été pourvu jusqu'à présent. «Ça ne veut pas dire par contre qu'aucun réfugié n'a intégré le marché du travail. Les gens peuvent trouver un emploi sans passer par nos services», indique M. Lavoie. 

Pour Pierre Sarault, membre du Comité d'accueil des réfugiés de la paroisse Saint-Yves, dans Sainte-Foy, il est tout simplement «trop tôt» pour que les nouveaux arrivants soient à la recherche d'un emploi. «Nos premiers arrivés, en janvier et février, ont commencé leur cours de francisation mercredi au Cégep de Sainte-Foy», explique-t-il. Selon lui, cette étape est cruciale, parce que les réfugiés parlent anglais et d'autres seulement l'arabe. 

«On ne pousse pas non plus pour qu'ils travaillent tout de suite. Mais une fois le cours de français complété, plusieurs vont vouloir travailler et devraient le faire d'ici la fin de l'année 2016», prévoit-il. 

M. Sarault se réjouit toutefois que les entreprises québécoises soient ouvertes et prêtes à engager des réfugiés. Il espère seulement que les postes présentement offerts puissent profiter à de nouveaux arrivants d'autres nationalités. «On fait beaucoup de choses pour les Syriens, mais il y en a plein d'autres!» lance-t-il. 

Au ministère du Travail, Antoine Lavoie précise que les emplois sont offerts à tous les réfugiés, peu importe leur provenance, et les invite à se présenter dans les centres locaux d'emploi, où ils seront aiguillés. 

Les employeurs qui embauchent un réfugié ou un immigrant ont droit à une subvention gouvernementale. Par exemple, ils peuvent se prévaloir du Programme d'aide à l'intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi, qui paie la moitié du salaire du nouvel employé (jusqu'à concurrence de 10,55 $ l'heure), pour ses 30 premières semaines.

Classes pleines en francisation

Si peu d'emplois ont pour le moment été pourvus, les classes de francisation sont quant à elles archi-pleines. Au Cégep de Sainte-Foy, le seul établissement collégial à offrir ces cours dans la grande région de Québec, la demande est constante. «La moyenne d'attente dans la Capitale-Nationale est de 41 jours ouvrables [huit semaines] pour avoir accès à de la francisation. Et s'il manque de place, on crée de nouvelles classes», assure Jonathan Lavallée, porte-parole du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion. Le gouvernement s'est engagé à commencer à franciser les réfugiés syriens ou tout autre immigrant déclaré admissible au programme à l'intérieur de 65 jours ouvrables. Une quinzaine d'adultes suivent aussi des cours de francisation au centre d'éducation des adultes Louis-Jolliet, à la commission scolaire de la Capitale. 

Tous les enfants à l'école

Les réfugiés d'âge scolaire se sont retrouvés sur les bancs d'école avant leurs parents à Québec. La commission scolaire des Découvreurs a trouvé de la place pour 33 jeunes réfugiés syriens entre janvier et mars et n'en attend pas d'autres à court terme, indique le porte-parole Alain Vézina. Les écoles qui en ont accueilli le plus sont Coeur-Vaillant et Notre-Dame-de-Foy. À la commission scolaire de la Capitale, une trentaine de jeunes syriens ont aussi été accueillis et aucun n'attend toujours à la maison. «Nos délais de quatre à six semaines ont été respectés», soutient la porte-parole Marie-Élaine Dion. Les Syriens ont toutefois représenté une clientèle minime cette année pour la commission scolaire de la Capitale, qui a accueilli 750 élèves de l'international depuis septembre. La majorité vient du centre de l'Afrique. 

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