Stanley Vollant marche et marche pour la cause autochtone

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(Québec) Depuis six ans, Stanley Vollant marche, marche et marche encore. Un défi né d'un besoin irrépressible d'insuffler l'espoir aux peuples des Premières Nations, particulièrement les plus jeunes, «notre plus grande richesse naturelle». Avec plus de 5200 km au compteur, le chirurgien innu originaire de la Côte-Nord a poursuivi son périple dans la capitale, mardi, avant d'aller rendre visite en après-midi, toujours à pied, aux Hurons-Wendat de Wendake.

Malgré le temps frisquet, ils étaient quelque 200 à être venus l'appuyer et marcher en sa compagnie, en début d'avant-midi, sur les Plaines. «Je peux vous dire que j'ai marché alors qu'il faisait beaucoup plus froid, moins 30 degrés, entre Kuujjuaq et Schefferville...», a déclaré le médecin de 51 ans à la foule, avant qu'une randonnée symbolique de deux kilomètres se mette en branle, agrémentée en prélude par une cérémonie de chants traditionnels.

Baptisée Innu Meshkenu, qui signifie «le chemin innu», la longue marche de Stanley Vollant se veut un message de persévérance et d'incitation à un changement des habitudes de vie des peuples autochtones. Tout au long de son périple, le médecin a multiplié les encouragements aux jeunes à «choisir la vie plutôt que la mort», loin de la victimisation, malgré la pauvreté et les vagues de suicides qui frappent leurs communautés.

Oubliant la corne sous les pieds, les ampoules et les douleurs aux genoux, le médecin parle avec enthousiasme de ce projet, né d'un rêve fait sur la route de Compostelle, en 2008. «Je sortais d'une dépression et j'avais besoin de me ressourcer, explique-t-il au Soleil. Je me suis vu en rêve, en train de marcher à travers le Québec, l'Ontario et le Labrador, pour rencontrer les jeunes. Si quelqu'un m'avait dit, il y a dix ans, que je marcherais 6000 km, je l'aurais traité de fou. J'aurais préféré faire le voyage en voiture...»

Le Dr Stanley Vollant marche depuis six ans... (Le Soleil, Frédéric Matte) - image 4.0

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Le Dr Stanley Vollant marche depuis six ans pour la cause des autochtones.

Le Soleil, Frédéric Matte

Bâtir un avenir pour les jeunes

Comme beaucoup de ses compatriotes, Stanley Vollant ne l'a pas eu facile. Né d'un père disparu et d'une mère alcoolique, morte à l'âge de 52 ans, sauvé de l'orphelinat par ses grands-parents, il a connu des périodes difficiles, échecs personnels et divorces qui l'ont mené au bord du suicide. Ses succès scolaires ont constitué sa planche de salut. Après avoir fait des études secondaires et collégiales à Québec, il obtient en 1989 son diplôme de docteur en médecine de l'Université de Montréal, une première pour un membre des Premières Nations.

«J'ai vécu l'abandon, le rejet par ma mère, poursuit-il. Mais maintenant, je peux la comprendre, elle n'a pas eu une jeunesse facile. Elle a vécu des abus dans sa jeunesse.»

Aux sympathisants venus l'encourager, le Dr Vollant a martelé un message pour les encourager à aller au bout de leurs rêves. Et au gouvernement, sur la nécessité d'investir davantage en éducation.

«La moitié de la population autochtone a moins de 20 ans. C'est un grand cadeau, une richesse naturelle. On bâtit des routes pour aller exploiter le nickel et le fer. Il faut aussi bâtir un avenir pour nos enfants. C'est la plus grande richesse qu'on a.»

En famille

La longue marche du Dr Vollant en inspire plusieurs. Sophie Dubois, son conjoint Riel et leurs quatre enfants l'accompagnent dans son périple depuis Cacouna. Originaire de Sainte-Émélie-de-l'Énergie, dans Lanaudière, la jeune mère d'origine micmac explique que l'aventure a nécessité beaucoup de logistique. Leurs deux filles de 8 et 6 ans, et leur fils de 3 ans et demi, ont fait le périple comme des grands. La plus jeune d'un an et demi a évidemment eu besoin de grimper dans la poussette la plupart du temps...

«Son message nous tient vraiment à coeur, explique-t-elle. C'est une inspiration sur l'importance d'être maître de son destin.»

Baptisée Innu Meshkenu, qui signifie «le chemin innu»,... (Le Soleil, Frédéric Matte) - image 6.0

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Baptisée Innu Meshkenu, qui signifie «le chemin innu», la longue marche de Stanley Vollant, de passage à Québec mercredi, se veut un message de persévérance et d'incitation à un changement des habitudes de vie des peuples autochtones. 

Le Soleil, Frédéric Matte

La jeune Jennifer O'Bomsawin, présidente du comité des jeunes de Wendake, était également aux premières loges pour saluer l'exploit du Dr Vollant. «C'est énormément inspirant, et pas seulement pour les autochtones. Stanley est un super beau modèle. Il arrive à un bon moment pour permettre aux jeunes de s'accrocher à leurs rêves.»

Sabrina Godbout, originaire de Wendake, étudiante au certificat en études autochtones à l'Université Laval, compte aussi parmi le groupe de marcheurs du Dr Vollant depuis le 18 avril. Pour elle, il s'agit d'un «exemple inspirant» qui l'incite à redonner au suivant. ««J'aimerais ça poursuivre des études en psychologie afin de faire de la relation d'aide dans les communautés autochtones.»

Le périple du Dr Vollant s'achèvera à l'été 2017, à l'occasion du 375e anniversaire de la Ville de Montréal.

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