Les élites trop «légères» envers l'islam radical, croit Benhabib

La militante et auteure Djemila Benhabib a participé... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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La militante et auteure Djemila Benhabib a participé à une table ronde au Salon international du livre de Québec avec Aziz Fares et Fabrice de Pierrebourg.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) La militante et auteure Djemila Benhabib a profité d'une table ronde au Salon international du livre de Québec, samedi, pour livrer une charge à fond de train contre les approches trop «légères» de Philippe Couillard et de Justin Trudeau face à la menace djihadiste.

Constamment applaudie par le public, fort nombreux à s'être déplacé pour assister à cette table ronde sur le thème du djihad, Mme Benhabib a utilisé une bonne partie du temps qui lui était consacré pour interpeller les différents ordres de gouvernement. Elle a accusé les premiers ministres Justin Trudeau et Philippe Couillard d'aborder la montée «de l'islam politique» et radical «avec légèreté».

«La première responsabilité, à mon sens, d'une femme ou d'un homme politique, c'est de nommer le mal. Aujourd'hui, c'est l'islam politique qui assassine, au nom d'un dogme, au nom d'une interprétation particulière de la religion. La première responsabilité c'est de nommer le mal, et ensuite c'est de mettre en place des stratégies contre la montée de cet islam politique», a-t-elle affirmé en entrevue au Soleil, après la table ronde.

Selon Mme Benhabib, qui parcourt le Québec d'un bout à l'autre pour faire la promotion de son nouveau livre et pour donner des conférences, il y a un décalage entre les actions posées par les gouvernements et les inquiétudes des citoyens.

«Il y a un fossé entre cette population et nos élites, trop souvent complaisantes par rapport à l'islam politique», a-t-elle dit. «Lorsqu'on a les yeux tournés vers l'Europe [attentats de Bruxelles et de Paris], on ne peut qu'être inquiet. La question c'est : quoi faire pour ne pas que ça vienne chez nous, quoi faire pour continuer d'avoir la tranquillité que nous avons? Je ne vois pas nos gouvernements poser des gestes.»

Projet de loi 59

Un bon exemple de cette «légèreté» est selon elle le projet de loi 59 visant à interdire tout discours haineux. «Le projet de loi 59 que s'apprête à faire passer le gouvernement Couillard, c'est un projet de loi qui va dans le sens d'encourager l'islamisation, parce que la critique va devenir de plus en plus difficile», a-t-elle tranché.

«C'est un projet de loi qui va restreindre drastiquement la liberté d'expression. Jusqu'ici, la critique des religions était encore dans l'ordre du possible. [Avec ce projet de loi], la liberté de créer, de dessiner, de dire, la liberté d'argumenter vont être remises en cause par quiconque soutient que sa sensibilité religieuse est un peu froissée ou chatouillée», a-t-elle dénoncé.

Mme Benhabib s'était d'ailleurs fait entendre lors de la commission parlementaire sur le projet de loi 59. Au cours de ces mêmes travaux, le Barreau du Québec avait invité le gouvernement à refaire ses devoirs, inquiet qu'il puisse porter atteinte à la liberté d'expression.

L'auteure d'origine algérienne a aussi dit constater que sa liberté d'expression était déjà diminuée depuis quelques années. «Lorsque j'ai publié Ma vie à contre-Coran [en 2009], je ne sentais pas autant de pression. La pression s'exerce à chaque jour, à chaque minute, à chaque instant. Et ça, c'est parce que nous vivons à une époque de judiciarisation du débat public.» Elle soutient que la marge de manoeuvre est mince pour ne pas être taxée d'islamophobie.

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