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Gilles Kègle écrit ses mémoires

L'infirmier de la rue Gilles Kègles travaille chaque... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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L'infirmier de la rue Gilles Kègles travaille chaque jour à la rédaction de ses mémoires à partir de carnets, de notes et d'autres documents accumulés au fil des ans. Entre-temps, il poursuit inlassablement son oeuvre auprès des plus démunis.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) La «mère Teresa de Saint-Roch», Gilles Kègle, travaille à la rédaction de son autobiographie, qu'il souhaite terminer pour la fin de l'année. Un bouquin qui s'annonce volumineux et rempli de révélations inédites, particulièrement sur «les moments les plus durs» de sa vie, dont des menaces de mort reçues l'an dernier.

Gilles Kègle explique que son livre s'ouvrira d'ailleurs sur cet épisode éprouvant dont peu de gens, «même pas mes bénévoles», connaissent les détails. «C'est quelqu'un qui m'en veut depuis des années parce que j'ai soigné un malade dans son immeuble et qu'il en veut aussi à cette personne. À chaque fois que j'y allais, je le voyais descendre. C'était grave, c'est allé très loin, j'ai failli tout perdre. Il a voulu détruire ma fondation. C'est presque allé jusqu'en procès.»

Les menaces de l'individu, qu'il a toujours refusé de dénoncer à la police, sont même allées jusqu'à une agression physique. «Un soir, il m'a pris à la gorge et m'a accoté sur un mur. Avec les yeux qu'il avait, je pensais qu'il allait me tuer.»

Dans l'édifice qui porte son nom, rue du Pont, Gilles Kègle ouvre un classeur, toujours barré à clé, qui renferme plusieurs carnets, agendas, journaux intimes et autres coupures de presse, une matière brute qui lui permettra de mener son projet à bon port.

«Le soir, je m'installe à ma table de cuisine et je prends des notes. J'ai déjà une vingtaine de pages. Je prends une heure chaque fin de semaine pour écrire, et je continue le soir, chez moi, après 21h», mentionne-t-il, à travers les cris des oiseaux en cage qui font partie du décor de la maison.

Celui qu'on surnomme l'«infirmier de la rue», mais qui préfère maintenant le titre de «missionnaire de la paix», compte revenir sur les moments marquants de son parcours hors du commun, passé au service des plus démunis. Si sa vie a déjà fait l'objet d'un livre paru en 2005 (Gilles Kègle - L'infirmier de la rue, par Anne-Marie Mottet) et vendu à 30 000 exemplaires, il compte aller plus loin dans les détails. «Là où l'auteure expliquait quelque chose en deux lignes, je vais prendre deux pages.»

«Écrire avec son coeur»

«Si j'ai besoin d'aide, Boréal, mon éditeur, est là», poursuit-il, souhaitant que son livre soit publié en 2017. «Vous savez, je n'ai pas fait de cours de syntaxe. Le français n'a jamais été ma matière forte à l'école. Je suis quelqu'un qui écrit avec son coeur. J'ai aussi des milliers de photos personnelles. Je veux en mettre le plus possible.»

Il n'occultera aucun des pires moments de sa vie, confesse-t-il, que ce soit l'agression sexuelle dont il a été victime dans un motel de Trois-Rivières, à l'âge de 13 ans, son flirt avec la schizophrénie ou encore ses «visions bizarres» sur la religion. «Je vais raconter des choses de ma vie privée que je n'ai jamais dites.»

À 73 ans, il ne sent toujours pas venir le moment de la retraite. «J'ai une foi profonde. Je me fie toujours à la Providence. C'est elle qui va me dire quand partir. Je prends la vie une journée à la fois.»

Entre-temps, il poursuit sans relâche sa mission auprès des malades, ex-psychiatrisés, toxicomanes et autres marginaux, avec l'appui d'une quarantaine de bénévoles. Le 13 mai, à l'église Saint-Roch, comme il le fait régulièrement chaque année, il sera aux premières loges d'un service funèbre à la mémoire d'une vingtaine de défunts dont les corps n'ont pas été réclamés ou à qui les proches n'ont pas les moyens d'offrir une sépulture. La cérémonie sera présidée par l'archevêque de Québec, Gérald Cyprien Lacroix.

Le bon Samaritain s'excuse presque d'avoir mis un peu le pied sur le frein depuis quelque temps. «Le 28 mai, ça va faire 30 ans que je travaille 7 jours sur 7, 16 heures par jour. Je vieillis, alors j'ai décidé de descendre à 14 heures par jour...»

Un autre honneur

Nommé membre de l'Ordre du Canada en 1999, Gilles Kègle n'en a pas fini avec les honneurs. 

À l'occasion du 50e anniversaire de cette récompense, l'an prochain, il a été retenu parmi les 50 récipiendaires les plus méritants. Vingt d'entre eux sont aujourd'hui décédés. Un émissaire du gouvernement fédéral s'est déplacé à sa Fondation, mardi, afin de le prendre en photo. 

Depuis sa création, en 1967, par la reine Élisabeth II, plus de 6000 personnes de tous les milieux ont été investies de l'Ordre. 

Cette distinction honorifique reconnaît «des réalisations exceptionnelles, le dévouement remarquable d'une personne envers la communauté ou une contribution extraordinaire à la nation».

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