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Pas question de hausser le seuil d'immigration en 2017 et 2018, promet Weil

La ministre Kathleen Weil soutient que le Québec... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La ministre Kathleen Weil soutient que le Québec n'a jamais autant investi en francisation.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion du Québec, Kathleen Weil, remet les pendules à l'heure. Le Québec n'accueillera pas beaucoup plus d'immigrants en 2017 et en 2018 qu'actuellement.

Il est hors de question de hausser le seuil d'immigration de 50 000 à 60 000 durant ces années, dit-elle en entrevue avec Le Soleil. Et rien ne dit que son gouvernement proposera d'aller - rapidement ou pas - jusqu'à 60 000 par la suite, ajoute-t-elle.

« Il est difficilement envisageable de prévoir autre chose qu'une stabilité relative » pendant la « période de transition », affirme Kathleen Weil; autrement dit, pendant la période d'implantation du « nouveau système d'immigration » découlant de la loi adoptée le 6 avril à l'Assemblée nationale.

« Il faut prendre le temps de mettre les choses en place. L'objectif, c'est de bien intégrer. Notre priorité est d'abord de bien réussir cette réforme. »

L'implantation du nouveau système d'immigration débutera sous peu. Mais celui-ci ne livrera probablement tous ses fruits qu'en 2019, poursuit la responsable de l'Immigration du Québec.

Voilà pourquoi elle croit nécessaire de s'en tenir à une « stabilité relative » au moins en 2017 et en 2018. Une façon d'indiquer que le Québec continuera d'accueillir entre 49 500 et 51 500 immigrants ces années-là, ou à peine plus.

La ministre refuse d'être plus explicite. Elle fait valoir que la proposition formelle du gouvernement apparaîtra dans le plan pluriannuel d'immigration qu'elle dévoilera d'ici la fin mai ou au début juin. C'est dans ce plan que seront annoncées les nouvelles cibles d'immigration voulues par le gouvernement.

Le plan sera par la suite soumis à une consultation publique. Elle se déroulera à la fin août ou au début septembre, d'après ce qui est envisagé pour l'heure. Aucune décision ne sera prise avant la fin des consultations, assure la ministre.

Débat enflammé

Selon Mme Weil, le premier ministre Philippe Couillard n'a jamais accrédité explicitement le chiffre de 60 000 nouveaux immigrants par année. Il n'a jamais dit qu'il s'agissait de la proposition gouvernementale, soutient-elle. Il estimerait lui aussi que la priorité doit aller à l'implantation de la nouvelle réforme.

Le débat ayant récemment enflammé l'Assemblée nationale sur les seuils d'immigration a pris appui sur le document « Ensemble, nous sommes le Québec », qu'elle a présenté début mars. On y lit qu'à « partir d'un niveau de 60 000 personnes immigrantes admises annuellement, le Québec éviterait un recul de sa population en âge de travailler en dessous de son niveau de 2011 ». Un simple indicateur, laisse entendre Kathleen Weil.

La proposition formelle du gouvernement sera communiquée le mois prochain ou au début juin, répète-t-elle.

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec s'opposent à ce que le seuil annuel d'immigration passe de quelque 50 000 à 60 000 personnes.

« Selon les dernières données, celles de 2014, 41 % des immigrants ne parlent pas français et 72 % de ceux-là ne suivent pas de cours de français », a récemment martelé le chef caquiste, François Legault. Philippe Couillard l'a accusé de souffler « sur les braises de l'intolérance ».

D'autres données

Kathleen Weil brandit d'autres données. Celle-ci, notamment : la proportion d'immigrants connaissant le français a « presque doublé » en 20 ans, passant de 35,1 % à 61,3 % en 2014. Et aussi celle-là : en 2012, « près de 86 % des personnes immigrantes admises au Québec étaient soit francophones, soit en processus de francisation, soit des enfants scolarisés en français ».

Kathleen Weil compte sur le nouveau système d'immigration pour « mieux sélectionner et mieux intégrer » les nouveaux immigrants, ainsi que pour « mieux vivre ensemble ».

Les délais d'émission d'un certificat de sélection seront réduits, se félicite-t-elle. Tout le système reposera sur une meilleure adéquation avec les besoins du marché du travail.

Elle soutient que le Québec, avec 140 millions $ par année, n'a jamais investi autant qu'aujourd'hui en francisation.

L'opposition réagit

Les partis d'opposition ont salué, mercredi, le recul du gouvernement sur le scénario d'une hausse du seuil d'immigration au Québec.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault a affirmé que le premier ministre Philippe Couillard voulait augmenter ce seuil à 60 000 personnes par année.

M. Legault a rappelé lors d'un point de presse que M. Couillard l'avait accusé de « souffler sur les braises de l'intolérance » lorsqu'il avait émis des craintes sur la capacité de francisation et d'intégration à l'emploi.

« Je suis content de voir que M. Couillard s'est dessoufflé ce matin et a compris le gros bon sens, a-t-il dit. Je pense que c'est une victoire pour la CAQ, c'est une victoire pour les Québécois. C'est certain, là, que déjà on a de la difficulté à intégrer 50 000 immigrants. »

- Avec La Presse Canadienne

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