Incapables de prendre l'avion

L'épave est toujours en place, au centre d'un... (La Presse, Olivier Pontbriand)

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L'épave est toujours en place, au centre d'un vaste périmètre d'un kilomètre qui a été érigé par la Sûreté du Québec afin de faciliter le travail des enquêteurs.

La Presse, Olivier Pontbriand

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(Îles-de-la-Madeleine) Les enfants des membres décédés de la famille Lapierre, mais aussi ceux de Laure Lapierre et de Denis Fréchette, ont préféré se rendre par voie terrestre jusqu'à Souris, à l'Île-du-Prince-Édouard, pour y prendre le traversier CTMA Vacancier à destination de Cap-aux-Meules. La fille de Jean Lapierre, Marie-Anne, qui est mère d'un bambin, se sentait incapable de se rendre aux Îles-de-la-Madeleine en avion, nous a raconté M. Fréchette.

La famille de Jean Lapierre a transmis jeudi de touchants «mots de remerciement» aux Québécois et plus particulièrement aux Madelinots pour les nombreuses manifestations de réconfort des derniers jours.

«Il est impossible de dire toute la douleur qui afflige nos familles depuis hier [mercredi]. Face à cette terrible épreuve, nous tenons à adresser nos sincères remerciements à tous les gens qui ont eu une pensée et des bons mots à la suite du décès de nos très chers Jean Lapierre, Nicole Beaulieu, Martine Lapierre, Marc Lapierre et Louis Lapierre. Vos messages nous donnent du courage», peut-on lire dans la note signée par les familles Lapierre, Beaulieu, Boudreau et Brillant. Elle a été envoyée aux médias par le Groupe TVA et publiée sur Facebook.

«Merci, également, aux secouristes, au personnel médical et aux résidents des Îles-de-la-Madeleine qui, par leur professionnalisme et leur humanité, ont fait preuve d'une dignité et d'une solidarité très touchantes et ont fait honneur aux Madelinots», poursuivent les auteurs.

«Salut, salut, papa»

Il est fait mention du pilote et du copilote, morts eux aussi dans l'écrasement survenu mardi près de l'aéroport de Havre-aux-Maisons. «Nous sommes aussi attristés par le décès des membres de l'équipage, Pascal Gosselin et Fabrice Labourel. Nos pensées accompagnent leurs proches.»

Les enfants de l'ex-ministre et commentateur politique Jean Lapierre, prénommés Marie-Anne et Jean-Michel, ont ajouté quelques phrases sur leur réputé père, dont la mort prématurée a suscité un concert d'éloges.

«Sur une note toute personnelle, nous, les enfants de Jean, tenons à dire que nous avons été très émus par la vague de témoignages à l'endroit de notre père, qui fut notre roc, notre port d'attache, ainsi qu'un papa et un grand-papa exceptionnel. Vos pensées nous aideront à traverser le parcours qui nous attend. Salut, salut, papa. Nous t'aimons et ton souvenir nous habitera à jamais.»

Douloureux souvenir pour le survivant d'un écrasement à Gaspé

Une météo exécrable. Un petit avion qui s'amène dans la tempête. Un pilote qui décide d'atterrir quand même. Puis l'écrasement. La ressemblance est frappante avec le scénario mortel de mardi aux Îles-de-la-Madeleine. Pierre Bond, qui a survécu à l'écrasement d'un bimoteur à l'aéroport de Gaspé en 2004, revit des souvenirs douloureux ces jours-ci. 

C'était le 19 décembre. M. Bond, son frère Marc et deux autres hommes se trouvaient dans un Piper PA-31-350 exploité par Aéropro devant les mener de Port-Menier à l'aéroport du Rocher-Percé, appelé Pabok. Il faisait beau en partant, mais c'était la tempête à l'arrivée. Le pilote, seul aux commandes, a fait une première remontée et s'est dirigé plutôt vers Gaspé, où il s'est posé à la deuxième tentative, mais 60 pieds à gauche et 2400 pieds après la piste. L'avion a capoté. Tout le monde a été blessé, mais a survécu. 

Pierre Bond dit avoir été «troublé» en voyant les images de l'avion disloqué où la famille de Jean Lapierre a trouvé la mort. Toute la semaine, il a repensé aux durs moments précédant et suivant l'écrasement qu'il a lui-même vécu. Il en a parlé avec son frère, mais n'a pas voulu détailler en entrevue. 

Règles trop permissives

Le résident de Chandler est plus enclin à déplorer la répétition d'événements tragiques impliquant la petite aviation. Selon lui, les règles de Transports Canada ne sont pas assez sévères. Il voudrait notamment que la décision d'atterrir - ou pas - dans des conditions difficiles soit prise par une autorité externe, comme les contrôleurs aériens par exemple, plutôt que par les seuls pilotes. «Tu n'as pas à choisir si tu y vas ou tu y vas pas. Tu y vas pas, c'est tout», tranche-t-il. 

M. Bond milite toujours pour la réouverture du bureau d'information de vol à l'aéroport de Gaspé, dont la fermeture remonte à 1998. Selon lui, plusieurs accidents survenus depuis sont attribuables au fait que les données météo sont transmises à partir de Québec. «Ce qu'on aurait aimé, c'est qu'ils remettent des gens de NAV Canada dans chaque aéroport» de l'est de la province, mais cela ne s'est pas produit. 

À noter que les Îles-de-la-­Madeleine ont toujours conservé leur bureau d'information. Il était en activité mardi. 

Une meilleure information, c'était un des buts de la poursuite intentée contre Aéropro, le pilote, NAV Canada et la Ville de Gaspé en 2006. Un règlement à l'amiable, donc confidentiel, a été signé trois ans plus tard. M. Bond ne peut donc en parler. Il confie toutefois que le chemin légal est «très difficile». «Les recours, c'est un paquet de misères. Peut-être que ça va changer vu que c'est des gens connus», espère-t-il en faisant référence à la famille Lapierre.  Annie Morin

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