Mortalité chez les policiers de la SQ: une étude «directement reliée» à la négo

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La Sûreté du Québec ne croit pas que l'étude de l'APPQ sur la mortalité et la consommation de médicaments de ses membres soit étrangère au contexte de négociations qui a cours actuellement.

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(Québec) La Sûreté du Québec (SQ) estime que l'étude de l'Association des policières et policiers (APPQ) sur la mortalité et la consommation de médicaments de ses membres est «directement» liée aux enjeux de négociation.

Même si certains éléments lui ont été présentés, la direction de la SQ souligne que l'étude en question ne lui a pas été remise. 

«Je ne mets pas en doute la rigueur de la démarche, mais je pense qu'il faut être prudent avant de sauter aux conclusions, indique le capitaine Guy Lapointe. C'est clair que pour nous, c'est une priorité. Quand on parle de la santé de nos policiers et policières, je pense qu'il n'y a pas un employeur que ça ne préoccupe pas.»

Toutefois, contrairement aux affirmations du président du syndicat de policiers, la SQ ne croit pas que l'étude soit étrangère au contexte de négociations qui prévaut actuellement. «Nous, on considère que c'est directement relié à des enjeux de négociations», indique M. Lapointe. Des pourparlers ont cours sur la rémunération, le régime de pension et l'âge de la retraite des policiers. 

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a l'intention de se pencher sur l'étude en question. «C'est sûr que je vais vouloir regarder ça de près pour voir si c'est un pattern spécifique aux policiers ou si c'est plus général, indique-t-il. J'ai demandé à mes gens de regarder ça attentivement. [...] C'est évident que ça va me préoccuper si je m'apercevais qu'il y a une situation particulièrement grave du côté des policiers. C'est sûr que je vais vouloir comprendre.» 

Ouellet et Poëti interpellés

Le dévoilement de l'étude de l'APPQ interpelle aussi deux anciens de la SQ chez les libéraux, dont le député Robert Poëti. Il reçoit toujours les communications lorsqu'un policier actif ou retraité meurt. «Je m'aperçois que les décès, ce sont des noms qui étaient dans ma promotion, indique M. Poëti. Des gens qui ont 55, 56, 58, 61, 62 ans qui décèdent. [...] L'âge des décès m'apparaît plus bas que normalement dans d'autres catégories. Ce serait important d'essayer de voir s'il y a des raisons à ça.» 

L'étude de l'APPQ constate que l'âge moyen des policiers actifs ou à la retraite au cours des 13 dernières années est de 66,8 ans.

Son collègue député libéral Guy Ouellet partage les mêmes inquiétudes. L'an passé, au moins 4 des 15 enquêteurs qu'ils supervisaient au sein d'une équipe de stupéfiants sont décédés dans la jeune soixantaine. L'étude de l'APPQ «va faire prendre conscience aux gens qu'une carrière de policier avec les conditions dans lesquelles ils oeuvrent à tous les jours, ça semble à première vue effectivement raccourcir la vie des policiers», estime-t-il. Pour M. Ouellet, les constats faits par l'APPQ ne doivent pas être vus comme une manoeuvre de négociation. «Je pense que ça n'a rien à voir, a commenté M. Ouellet. Les faits ont toujours leur place dans quelque débat que ce soit. Négociation ou pas, ça demeure des faits. [...] Je pense qu'il devra y avoir une réflexion à l'intérieur de la SQ.»

Une «petite partie du portrait», dit l'ISQ

Le calcul de la moyenne d'âge de décès des policiers ne permet pas de conclure que ce corps de métier a une espérance de vie plus courte que celle des Québécois, affirme l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

«L'âge moyen des personnes décédées ne donne qu'une petite partie du portrait, c'est-à-dire l'âge de ceux qui décèdent, sans nous informer de l'intensité du phénomène par rapport à tous ceux qui ne sont pas morts», spécifie Frédéric Payeur, démographe à l'ISQ. 

Ainsi, il ne faut pas comparer l'âge moyen du décès calculé au cours des 13 dernières années par le syndicat (66,8 ans) à l'espérance de vie des Québécois (82,2 ans). Il s'agit de deux indicateurs distincts. La meilleure donnée comparative - même si elle est imparfaite - est celle de l'âge moyen du décès des Québécois sur la même période (73,8 ans), soumet M. Payeur.

Le sexe et l'âge des membres de l'APPQ viennent influencer l'âge moyen de décès dans l'organisation, mais pas l'espérance de vie d'un policier. 

«Il faudrait avoir le nombre et l'âge de tous ceux qui sont encore vivants, ce qui nous permettrait de calculer une vraie espérance de vie à l'aide de taux de mortalité par âge», dit M. Payeur. 

Une étude datée d'avril 2015 du Bureau de l'actuaire en chef sur le régime de retraite de la Gendarmerie royale du Canada conclut que l'espérance de vie d'un policier de la GRC «devrait vivre sensiblement aussi longtemps qu'un homme canadien». 

«Il serait donc bien surprenant que l'espérance de vie des policiers de la SQ soit significativement inférieure à la moyenne québécoise», note M. Payeur.

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