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Le PQ dira non à 60 000 immigrants par année

Une femme et ses enfants dans un camp... (AFP, Andrej Isakovic)

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Une femme et ses enfants dans un camp de réfugiés situé à Idomeni, en Grèce, près de la frontière avec la Macédoine.

AFP, Andrej Isakovic

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(Québec) Le Parti québécois s'opposera officiellement à la hausse de quelque 50 000 à 60 000 immigrants par année envisagée par le gouvernement de Philippe Couillard.

Jusqu'ici, il s'en était tenu à faire valoir, à l'instar de la Coalition avenir Québec, qu'il avait le droit de poser des questions sur cette possibilité sans être taxé d'intolérant.

Le député Maka Kotto confirme au Soleil que son parti dira désormais non. Il se positionnera fermement contre cette proposition.

Le député de Bourget invoque l'insuffisance des moyens alloués à la francisation. «Il y aura une consultation sur les seuils d'immigration plus tard ce printemps. Mais, dans la vraie vie, il ne se passera rien parce qu'il n'y a pas d'argent», tranche le péquiste.

Le gouvernement, qui est majoritaire, sera seul responsable de sa décision s'il ouvre la porte à davantage d'immigrants, dit-il.

Le Parti québécois brandit des données budgétaires pour démontrer «l'absence de ressources financières». Il rapporte que tous les programmes administrés par la Commission des partenaires du marché du travail ont été coupés de moitié, dont celui finançant la francisation dans les milieux de travail. Il est passé de 8 à 4 millions $ entre 2014-2015 et 2015-2016.

De façon plus globale, le Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d'oeuvre a perdu 16 millions $ en revenus entre l'an dernier et cette année, expose-t-il. Les dépenses de formation ont dû être réduites de 21 millions $.

Le tout est attribuable aux modifications apportées aux modalités entourant la «loi du 1 %», celle sur la formation professionnelle. Moins d'entreprises qu'auparavant y sont assujetties. Conséquence : moins d'entreprises contribuent au Fonds. Celui-ci est donc moins nanti.

«Un devoir impératif»

Étant donné l'absence de «vrais moyens» alloués à la francisation, «est-ce qu'on peut mieux s'occuper d'abord des immigrants qui sont chez nous?» demande Maka Kotto.

«Est-ce qu'on peut ne pas faire venir du monde chez nous pour les abandonner à eux-mêmes?»

Les attentats commis à Paris en novembre et ceux perpétrés à Bruxelles mardi font dire au député du Parti québécois «qu'il y a une frange importante de la société, issue de la diversité, qui s'est marginalisée ou qui s'est automarginalisée pour moult raisons» en France et en Belgique.

Désoeuvrés, grandissant dans des banlieues difficiles, «certains jeunes ont sombré dans le petit banditisme et par la suite dans le grand banditisme». La «récupération par des salafistes» a, par la suite encore, fait son oeuvre chez certains d'entre eux, dit le responsable de l'opposition officielle pour les dossiers d'immigration.

«Ça nous impose un devoir impératif de bien intégrer et d'être rigoureux», soutient-il.

La ministre de l'Immigration du Québec, Kathleen Weil, présentera d'ici quelques semaines une proposition en bonne et due forme quant aux futurs seuils d'immigration. L'hypothèse d'une hausse à 60 000 est une proposition encore non officielle, dit-on. Une façon de dire qu'elle pourrait changer d'ici là.

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