Vivre comme des itinérants pour vaincre les préjugés

Cinq étudiants de l'Université Laval (quatre filles et... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Cinq étudiants de l'Université Laval (quatre filles et un garçon) passent la semaine dans un camp de fortune à l'entrée principale du pavillon Charles-De Koninck.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Des étudiants de l'Université Laval relèvent le défi 5 jours pour l'itinérance, au cours duquel ils vivent «presque» comme des sans-abri. Ils espèrent ainsi faire tomber les préjugés et amasser des fonds pour la Maison Dauphine.

«Ils», ce sont plutôt elles. Quatre filles et un garçon qui passent la semaine dans un camp de fortune à l'entrée principale du pavillon Charles-De Koninck. «Au départ, on leur a fourni seulement trois bâches et une vingtaine de caisses de lait pour se faire un abri, explique l'organisatrice Catherine Duval-Morales. On leur procure aussi le déjeuner. Le reste du temps, ils doivent se nourrir avec les denrées qui leur sont offertes, poursuit-elle. Ils dorment sous la bâche et passent leur journée à l'extérieur. Ils entrent pour participer à leurs cours et prendre une douche s'ils le veulent.»

Ce défi est né en 2005. Quelque 25 universités canadiennes y participent aujourd'hui. L'Université Laval en est à sa troisième année. «J'ai eu la chance de voyager et j'ai pu constater la pauvreté ailleurs dans le monde. Lorsque je parle d'itinérance à Québec, j'ai souvent l'impression que les gens croient que ça n'existe pas. C'est pourquoi j'ai démarré ça ici», ajoute Mme Duval-Morales.

Jeanne Lauzon-Rhéaume est une des étudiantes qui relèvent le défi. «J'ai décidé d'embarquer après avoir vu ce que la Maison Dauphine offrait et tous les services qu'elle donnait. Je trouve ça motivant. On vit une aventure un peu folle que d'autres n'auront pas la chance de vivre», lance-t-elle.

Sa collègue Audrey-Anne Lavoie profitera de cette semaine pour faire de l'éducation auprès de la communauté étudiante. «Ça aide à mieux comprendre la réalité de l'itinérance. Tu ne réalises pas ce que c'est tant que tu ne passes pas une nuit à l'extérieur dans ces conditions.»

Un point de vue partagé par Maude Soares. «En parlant d'itinérance avec les gens, ça permet d'abolir les préjugés et les barrières qu'il y a. On devient, pour une semaine, la minorité visible, d'une minorité invisible.»

La première semaine en 2014 a permis d'amasser 2000 $. L'an passé, l'activité s'est conclue avec une cagnotte de 4200 $. Vendredi, Mme Duval-Morales espère atteindre 6000 $ pour la Maison Dauphine, qui travaille auprès des jeunes de la rue. Il est possible de faire un don sur place ou en ligne au 5days.ca/schools/universite-laval.

Un fonds d'urgence de 10 M$ exigé en itinérance

Le nombre de personnes qui se retrouvent dans la rue, sans la création d'un fonds d'urgence d'au moins 10 millions $ par le gouvernement du Québec, risque dès le 31 mars de grimper, craignent le Parti québécois, le Bloc québécois ainsi que des organismes communautaires.

Dans le cadre des changements apportés à la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI), ces organismes ont affirmé, lundi, en conférence de presse, que le gouvernement fédéral amputera une importante partie de leur financement.

Sous le règne de Stephen Harper, ce programme avait été complètement révisé pour accorder la priorité au modèle «Logement d'abord», une approche visant à trouver un logement pour les personnes en situation d'itinérance chronique.

Cela a eu pour effet de recentrer la moitié des 19,6 millions $ octroyés au Québec dans le cadre de la SPLI, a déploré le porte-parole péquiste en matière de services sociaux, Jean-François Lisée.

Avant l'entrée en vigueur des changements, le Québec pouvait gérer cette somme de façon autonome.

Rappeler les engagements

Accompagné de sa collègue Carole Poirier et de la députée bloquiste Monique Pauzé, M. Lisée a exhorté le gouvernement Couillard à interpeller le gouvernement de Justin Trudeau afin de lui rappeler son engagement à renégocier les modalités de la SPLI.

«L'action du gouvernement libéral québécois sur l'itinérance, en ce moment, c'est une machine à créer de l'itinérance, a-t-il dit. À compter du 1er avril, il y aura davantage d'itinérants dans les rues du Québec à cause d'eux.»

À terme, le PQ, le Bloc et les organismes communautaires présents à la conférence de presse ont également demandé une indexation de la SPLI à 30 millions $.

Sans un soutien d'urgence d'ici le 31 mars, le Foyer de jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal (FJTTM) devra fermer huit de ses 19 chambres et retourner 16 jeunes dans la rue, a déploré sa directrice générale, Jacinthe McCabe.  Avec La Presse Canadienne

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