Marche mondiale des femmes: dans la rue pour l'égalité

200 personnes ont marché samedi dans les rues... (Le Soleil, Yan Doublet)

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200 personnes ont marché samedi dans les rues de Limoilou, à quelques jours de la Journée mondiale des femmes.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) La Marche mondiale des femmes avait une signification particulière dans la capitale cette année, tenue au terme d'une semaine où le mot «féminisme» a défrayé la manchette, gracieuseté de la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault.

Près de 200 personnes ont marché samedi dans les rues de Limoilou, à quelques jours de la Journée mondiale des femmes. Condition féminine, austérité, sort des femmes autochtones et pauvreté ont teinté les discours réclamant l'égalité pour tous, sans égard au sexe.

La Coalition régionale de la Marche mondiale des femmes avait donné rendez-vous aux sympathisants des causes féministes à 10h45 devant le Cégep Limoilou. Sur place, plusieurs manifestantes - et quelques manifestants - arboraient l'identification «Je suis féministe» quelque part sur leurs vêtements.

Un affichage qui n'est pas étranger aux déclarations faites il y a une semaine par la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, qui s'est décrite comme plus «égalitaire que féministe» dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne.

Consternation

Ses propos ont évidemment suscité la consternation dans les mouvements féministes, et ses paroles ne semblent pas près de tomber dans l'oubli. Au contraire, elles semblent avoir attisé la ferveur des mouvements féministes.

«Je pense que ça a permis de voir qu'il y avait beaucoup d'ignorance et permis une réaffirmation du féminisme», a souligné Marie-Hélène Fortier, intervenante chez Rose du Nord, un organisme de défense des droits des femmes sans emploi.

Isabelle Boily, présidente du Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale et porte-parole de la marche, est passée par «un peu toutes les émotions» cette semaine. Après la ministre Thériault, elle a vu la ministre de la Justice Stéphanie Vallée y aller de déclarations similaires.

Chez les femmes avec qui elle oeuvre, Mme Boily a vu «de la colère» et «un peu de honte, beaucoup de mépris et de la déception». «Les femmes m'ont dit ce qui les a le plus blessées, ce n'est pas qu'elle refuse l'étiquette [de féministe], mais c'est de dire "quand on veut on peut"».

Or selon Mme Boily, «ce n'est pas vrai qu'on part du même pied d'égalité». Elle mentionne en exemple les femmes qui doivent fuir un conjoint violent et les mères monoparentales. «Plusieurs femmes me disent qu'elles ont travaillé très fort simplement pour garder la tête hors de l'eau.»

Pareille déception a habité Renée Fortin cette semaine. «C'est un peu décourageant. Quand t'entends ça, il n'y a rien de rassurant là-dedans», a affirmé cette autre organisatrice de la marche.

Philippe Couillard n'a pas non plus été épargné. La coalition régionale s'interroge sur l'importance qu'il accorde aux luttes féministes. Le regroupement a critiquél'austérité, notamment les compressions dans les centres de la petite enfance et les organismes communautaires. «La pauvreté a un sexe, et il est féminin.»

Un vote pour Clinton, un vote pour le féminisme?

Le Soleil a profité de la Marche mondiale des femmes pour sortir des frontières de la province et se transporter aux États-Unis, alors que nos voisins du sud sont impliqués dans les courses à la chefferie en vue des prochaines élections présidentielles.

Du côté des démocrates, Hillary Clinton pourrait devenir la première femme présidente des États-Unis. Mais un vote pour Mme Clinton est-il un vote pour le féminisme?

«C'est un vote pour une femme. Est-ce que c'est un vote pour le féminisme? Ça sera quand même la première femme présidente [si elle est élue]», a répondu Isabelle Boily, présidente du Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale. «Ça ne veut pas dire qu'une femme au pouvoir va nécessairement défendre les dossiers féministes», a-t-elle ensuite nuancé.

«Pas nécessairement», a pour sa part répondu Renée Fortin, l'une des organisatrices de la manifestation. «On a une belle preuve [ici au Québec], on a une ministre de la Condition féminine qui ne se dit pas féministe.»

Preuve que la présence d'une femme au pouvoir n'est pas gage de satisfaction chez les groupes féministes, en 2014, à cette même Marche mondiale des femmes, des militantes s'étaient dites déçues de Pauline Marois, première première ministre du Québec.

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