Badminton et... armes à feu pour la relâche

Trois journées de tir au pistolet à l'intention... (123rf/wasan gredpree)

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Trois journées de tir au pistolet à l'intention des jeunes de 14 ans et plus sont prévues pendant le Festival de la jeunesse de Beauport.

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(Québec) Des élèves en relâche pourront se changer les idées en tirant quelques coups d'arme à feu. Le Festival de la jeunesse de Beauport, dont la programmation est signée par la Ville de Québec, propose des séances d'initiation aux 14 ans et plus.

L'activité «tir au pistolet» se retrouve parmi celles offertes durant la semaine de relâche par la Ville de Québec et ses partenaires. Elle ressort quelque peu du lot aux côtés du badminton libre, d'une visite à la cabane à sucre ou encore du concert Zoorock de Théo. 

Les séances de tirs qui se dérouleront au Club de tir de Beauport s'adressent «aux jeunes de 14 ans et plus qui désirent s'initier au tir à l'arme de poing dans un milieu sécuritaire», peut-on lire dans la brochure distribuée par la Ville de Québec. «Chaque tireur (euse) sera accompagné d'un officiel pendant toute la durée du tir qui peut prendre environ 50 à 60 minutes. Chaque participant aura la possibilité de se familiariser avec des pistolets et revolvers de calibre 22 LR, 9 mm, 38 spl», ajoute-t-on.

Trois journées de tir au pistolet sont prévues pendant le Festival de la jeunesse, soit le 28 février ainsi que les 5 et 6 mars. 

Le Soleil a été dirigé vers la brochure par une citoyenne troublée de la présence de l'activité dans une programmation cautionnée par la Ville de Québec. «J'avoue que ça me fout les jetons de savoir que ma ville offre à nos enfants, même accompagnés d'un officiel, de découvrir l'usage des armes à feu», a-t-elle écrit dans un texte d'opinion acheminé mardi (voir section Opinions). «N'a-t-on pas assez des tueries qui nous sont rapportées quasi quotidiennement, aux [États-Unis] et au Canada, pour choisir autre chose que la promotion de l'usage des armes à feu auprès de nos enfants?»

Contactée plus tard en journée, la mère de deux enfants d'âge primaire, qui ne peuvent donc pas se rendre au Club de tir, a dit craindre «la banalisation de l'objet». «Ça me dérange et ça me questionne», a réitéré Jacinthe Thériault-Fortier. 

Appelée à commenter, la Ville de Québec s'est faite rassurante, soulignant que l'activité était proposée depuis 2006 durant la semaine de relâche et qu'aucun incident n'y avait été déploré depuis. «L'activité fait la promotion du tir sécuritaire sportif», a dit d'entrée de jeu Wendy Whittom, porte-parole de la Ville. «Elle est donnée par des officiels de tir qualifiés de la Fédération québécoise de tir.» La Ville est donc à l'aise avec cette activité? «Oui. C'est quelque chose de sécuritaire et qui fait la promotion du tir sportif sécuritaire.»

Pas de problème en 12 ans

Gaston Rodrigue, président du Club de tir de Beauport depuis 2003, a lui aussi défendu les initiations. «Nos officiels de tir n'ont pas suivi une qualification du samedi soir en prenant un petit liquide doré à la Cage aux sports. Ils ont réussi de véritables formations données par de vrais instructeurs», a-t-il tranché. «Il n'y a jamais eu de problèmes [en 12 ans], au contraire. Même les parents sont contents, ils sont surpris de la manière sécuritaire dont ça se passe.»

Chaque tireur est accompagné par un instructeur tout au long de la formation. «Il est collé après lui [ou elle]», a-t-il assuré.

Interrogé sur les craintes formulées par la citoyenne de Beauport, M. Rodrigue a rétorqué que les gens «se font des peurs». «Ce n'est pas comme au cinéma, on contrôle les affaires», a-t-il affirmé. «[Un pistolet] ce n'est pas vivant. Ce sont les individus qui peuvent poser des actions désagréables», a-t-il poursuivi, ajoutant que les règles canadiennes, et encore davantage les règles québécoises, «sont très serrées» sur le contrôle des armes à feu.

Du côté de la Fédération québécoise de tir, le directeur adjoint, Christian Caisse, a affirmé que les initiations peuvent avoir lieu aussi jeune qu'à 12 ans. «Il peut y avoir une norme établie selon le Club de tir.» 

Il a au passage vanté le sérieux du Club de tir de Beauport, «un ambassadeur de la Fédération». Le club a été fondé en 1989 et se trouve actuellement dans des locaux de la Ville de Québec. 

Selon un reportage diffusé par ICI Radio-Canada à la fin janvier, la popularité des armes de poing est en hausse au pays. On y rapportait, selon des données de la Gendarmerie royale du Canada, que le nombre de permis de possession et d'acquisition d'armes à autorisation restreinte avait augmenté de 44 % au Québec entre 2010 et 2015. La hausse était de 76 % au Canada pour la même période.

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