Chloé Sainte-Marie à la défense de Claude Jutra

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En fin de soirée vendredi, Chloé Sainte-Marie a fait parvenir au Soleil une seconde lettre ouverte afin de «clarifier» certains de ses propos tenus plus tôt dans la journée.

La Presse, Patrick Sanfaçon

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(Québec) Après que l'idée de donner le nom de Gilles Carles aux prix du cinéma québécois eut émergé jeudi, la chanteuse et muse du cinéaste, Chloé Sainte-Marie, demande, dans non pas une, mais bien deux lettres ouvertes, que le nom des prix Jutra soit conservé et que l'honneur de Claude Jutra soit préservé.

«En dépit des prescriptions de vérité entourant le cinéaste Claude Jutra, j'estime qu'il faut conserver le nom des prix Jutra», exprime-t-elle dans une lettre ouverte envoyée à plusieurs médias vendredi. «Les raisons qui ont, à l'époque, présidé au choix de Claude Jutra demeurent.»

Elle se dit «troublée et triste» devant le scandale causé par la publication de la biographie de Claude Jutras, qui accuse le cinéaste québécois de pédophilie. «[Les gens] croient que je fais l'apologie de la pédophilie. C'est pas ça du tout. Mais c'est pas ça, la question», précise-t-elle au Soleil.

En entrevue à l'émission 15-18 sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première vendredi, elle dit : «Je comprends pas qu'on puisse évincer Claude Jutra. Quand même, il a une oeuvre magistrale marquante [...] Ce que je comprends pas, c'est l'attitude des gens qui salissent tout à coup pour une condamnation morale presque nationale contre un individu qui tout à coup devient l'emblème de l'impureté.»

Mme Sainte-Marie déplore par ailleurs que la communauté artistique envisage maintenant de donner le nom de Gilles Carle au prix du cinéma québécois. À ICI Radio-Canada Première, elle mentionne qu'«en acceptant ça, Gilles devient un produit de remplacement. C'est un choix de rédemption, et ça, c'est trop triste, c'est un piège. On ne choisit pas Gilles Carle pour lui-même, c'est un choix de remplacement. Et là, Gilles Carle deviendrait l'emblème de la pureté, versus Claude Jutra, qui devient l'emblème de l'impureté.»

Clarification

En fin de soirée vendredi, Chloé Sainte-Marie a fait parvenir au Soleil une seconde lettre ouverte afin de «clarifier» certains de ses propos tenus plus tôt dans la journée. Elle y explique en profondeur ses réflexions, et fait un parallèle entre le scandale concernant Claude Jutras et la situation des «réserves indiennes» au Québec.

«À s'acharner contre une seule personne pour se laver collectivement la conscience, on oublie de s'acharner contre un pouvoir qui permet ce qui se passe actuellement. Et depuis toujours dans les réserves indiennes sous la violence de policiers en abus de devoir abusant de jeunes femmes autochtones.»

Dans cette deuxième lettre, Chloé Sainte-Marie demande à nouveau de «faire la distinction entre l'homme à honnir et l'artiste à respecter».

«J'ai le sentiment qu'à travers la répudiation unanime de Claude Jutra, le Québec tente de régler son compte avec un quelque chose en lui que je n'arrive pas à saisir.»

La comédienne et chanteuse termine sa lettre avec un post-scriptum dans lequel elle demande pourquoi le nom de Claude Jutra a été éradiqué de toute rue, parc ou établissement au Québec, alors que la rue Amherst à Montréal, faisant référence à «celui qui a livré une guerre bactériologique chez les peuples premiers en y répandant la petite vérole», demeure.

À lire: les lettres dans notre section Opinions

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