Québec accusé de laxisme dans le dossier des centres jeunesse

«Tout le monde sait que la prostitution existe... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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«Tout le monde sait que la prostitution existe depuis toujours, qu'il y a des gangs de rue depuis toujours, que le crime organisé existe depuis toujours. Est-ce que je vais parler du passé toute la journée et toute la semaine? Non merci», a insisté la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse Lucie Charlebois, mercredi.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Le dossier des centres jeunesse prend des allures de bourbier pour le gouvernement Couillard qui se défend d'avoir regardé ailleurs pendant deux ans malgré des signaux d'alarme.

Deux ministres sont venues à la rescousse de leur collègue déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, en fin d'après-midi, mercredi, pour réfuter les accusations de laxisme lancées par l'opposition. 

«Je réitère qu'il est faux, faux, archifaux de dire que le gouvernement a arrêté des travaux ou qu'on a mis sur la tablette des rapports», a dénoncé la ministre Lise Thériault, qui a été impliquée dans le dossier à titre de ministre de la Sécurité publique. 

La publication par La Presse du résumé d'une grande consultation menée à l'automne 2013 par un comité regroupant 10 ministères a mis le feu aux poudres, mercredi. Un exercice auquel 193 organismes et une dizaine d'experts de partout au Québec ont pris part. Une série de constats criants d'actualité ont été tirés en février 2014 : «Les centres jeunesse sont des lieux privilégiés de recrutement de mineures»; «Les membres des gangs de rue sont les principaux recruteurs de mineures»; «Les jeunes fugueuses sont très vulnérables»; «Les médias sociaux et Internet sont devenus des outils de recrutement très efficace». 

Des observations qui ont été répétées au cours des derniers jours dans le contexte des fugues d'adolescentes au centre jeunesse de Laval. 

«Je tiens à préciser que c'est un résumé des rencontres qui ont eu lieu entre les gens du comité ministériel qui est composé de fonctionnaires, a déclaré Mme Thériault. Jamais comme ministre ce rapport-là n'est monté sur mon bureau. Je pense que c'est important. On va se dire les vraies affaires.»

Interrogée sur le contenu du document, en avant-midi, la ministre Lucie Charlebois a d'abord indiqué que «le passé étant ce qu'il est, je ne peux rien changer». 

«Tout le monde sait que la prostitution existe depuis toujours, qu'il y a des gangs de rue depuis toujours, que le crime organisé existe depuis toujours, a ajouté Mme Charlebois. Est-ce que je vais parler du passé toute la journée et toute la semaine? Non merci.» Elle a insisté sur les mesures annoncées mardi, dont la nomination d'un vérificateur pour le centre jeunesse de Laval et la présentation d'un plan d'intervention «dans les prochaines semaines». 

Lisée attaque

Seule la flambée médiatique entourant les fugues et les risques liés à la prostitution juvénile a convaincu la ministre de bouger, a soutenu le porte-parole péquiste en matière de services sociaux, Jean-François Lisée. Un calendrier de travaux du comité interministériel prévoyait la présentation d'un plan d'action sur l'exploitation sexuelle en décembre 2014. Le gouvernement a préféré couper 20 millions $ aux centres jeunesse, souligne le député.

«Quelqu'un au gouvernement a dit que ce n'était pas une priorité, l'exploitation sexuelle des jeunes femmes», a lancé M. Lisée en chambre. «Quelqu'un a dit aux fonctionnaires d'arrêter de travailler. Quelqu'un a dit que ce n'était pas la peine.»

Le PQ a tout faux, ont rétorqué les ministres Thériault et Vallée. Dans les faits, le mandat du comité s'est élargi aux agressions sexuelles et à la situation particulière des peuples autochtones. Comme le mandat était bonifié, les travaux de consultation et la préparation d'un plan d'action «global» ont pris plus de temps. Ce qui n'a pas empêché d'autres gestes d'être posés entre-temps, a dit la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. «Il y a des mesures qui ont été mises en place par différents ministères parce que la criminalité évolue et se peaufine», a dit Mme Vallée.

Les deux ministres ont décrié le comportement de la péquiste Carole Poirier qui, disent-elles, était d'accord avec l'approche privilégiée. «Elle n'a pas su s'élever au-dessus de la partisanerie dans un dossier aussi sensible que celui de la violence sexuelle faite aux femmes», a déploré la ministre Thériault. 

La députée Poirier convient qu'elle appuyait l'idée d'un plan global d'action, mais ajoute que les constats posés par le comité interministériel commandaient une réaction plus rapide de la part du gouvernement.

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