Centres jeunesse: la libre circulation des ados remise en question

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Dans l'immédiat, la ministre a annoncé qu'un vérificateur se rendra faire un état de situation spécifiquement dans le centre jeunesse de Laval, qui défraie les manchettes depuis plusieurs jours.

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(Québec) Le gouvernement Couillard s'interroge sur la libre circulation des adolescents dans les centres jeunesse du Québec et dépêche un vérificateur pour se pencher sur la situation spécifique de Laval.

En point de presse, mardi, la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, a dévoilé une stratégie à trois volets pour répondre aux nombreuses fugues observées récemment au Québec. 

Les directeurs de protection de la jeunesse et les dirigeants de Centres intégrés de services de santé et services sociaux (CISSS) seront consultés sur la problématique des fugues, notamment sur la politique de libre circulation dans les établissements. Un changement à la loi est intervenu en 2007-2008, interdisant de verrouiller les portes des centres pour limiter les privations de liberté des jeunes qui y sont hébergés. 

«Il y a huit ans, on est passé d'une politique d'encadrement très stricte à une liberté de circulation, a indiqué la ministre Charlebois. Nous allons examiner si nous avons toujours la bonne approche. Entre l'encadrement intensif et la liberté de circulation, est-ce qu'il y aurait d'autres approches?»

La ministre n'a pas voulu évoquer un scénario comme celui du couvre-feu tant que ses consultations avec les dirigeants du réseau n'auront pas été complétées. «Tout est sur la table», a indiqué Mme Charbonneau.

La ministre déléguée à la Protection de la... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot) - image 2.0

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La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, n'a pas voulu évoquer un scénario comme celui du couvre-feu tant que ses consultations avec les dirigeants du réseau n'auront pas été complétées. «Tout est sur la table», a indiqué Mme Charbonneau, mardi.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

Téléphones cellulaires

De la même façon, des questions se poseront quant à l'accès de ces jeunes à des téléphones cellulaires lors de leurs sorties, compte tenu du recrutement qui peut se faire sur les réseaux sociaux. Là encore, la ministre a refusé de s'avancer sur l'hypothèse d'une interdiction.

«Nous allons regarder quelle serait la meilleure solution adaptée à la situation de 2016 pour l'ensemble des centres jeunesse», a indiqué Mme Charlebois.

Dans l'immédiat, la ministre a annoncé qu'un vérificateur se rendrait faire un état de situation spécifiquement dans le centre jeunesse de Laval, qui fait les manchettes depuis plusieurs jours. Les cas de fugues de jeunes filles dont on craignait le recrutement par des réseaux de prostitution ont été l'objet d'une large couverture médiatique. Le vérificateur devra remettre dans un mois un rapport sur le cas «particulier» de Laval, «l'épicentre» de la situation actuelle, a dit le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

Finalement, la ministre Charlebois promet un plan d'action qui sera élaboré de concert avec différents ministères sur les politiques de prévention et d'accompagnement des victimes et de leur famille. 

La ministre Charlebois rejette les critiques de l'opposition voulant que les compressions de 20 millions $ imposées l'an dernier au réseau des centres jeunesse aient nui à l'encadrement des adolescents. «C'est purement administratif, a affirmé Mme Charlebois. [...] Il n'y a rien dans les services qui a été retranché.»

De son côté, le Parti québécois accuse le gouvernement de s'être «traîné les pieds» et d'avoir attendu que le dossier soit médiatisé avant de prendre le problème à bras-le-corps. «La ministre annonce des mesures qui auraient pu être prises il y a maintenant deux ans», a déploré la péquiste Carole Poirier. Son collègue Jean-François Lisée dénonce qu'aucun moyen supplémentaire n'accompagne l'annonce d'un plan.

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