Université Laval: campagne contre la violence à caractère sexuel

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L'Université Laval

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(Québec) L'Université Laval emboîte le pas pour lutter contre la violence à caractère sexuel en lançant sa campagne «Sans oui, c'est non!». Visant la communauté universitaire, elle s'adresse aux jeunes, mais également aux employés, qui ont effectué deux fois plus de demandes d'intervention que les étudiants l'an dernier.

Sur 145 recours au Centre de prévention et d'intervention en matière de harcèlement (CPIMH) de l'Université Laval en 2014-2015, 70 ont été faits par des employés, 37 par des étudiants et 19 par des gestionnaires.

«C'est pas plus à l'Université Laval que dans les autres [universités]», le problème est partout, précise Josée Laprade, directrice du CPIMH. Et bien que ces chiffres ne soient pas particulièrement alarmants, «on sait que 90 % des agressions ne sont pas dénoncées, donc c'est pas parce qu'on n'a pas de dénonciations qu'on n'a pas de problème.»

Mme Laprade précise par ailleurs qu'entre 15 et 25 % des étudiants subiront une agression sexuelle durant leurs études, et que plus de la moitié de ces agressions impliquent de l'alcool ou des drogues. «Ces statistiques nous disent qu'il y a une problématique même s'il y a peu de plaintes formelles», assure-t-elle.

Pour contrer cette situation à laquelle font de plus en plus écho les médias québécois - à cause notamment des cas Ghomeshi, Aubut et du mouvement Agression non dénoncée -, l'Université Laval suit les traces de l'Université de Montréal, qui lançait l'an dernier la première édition de la campagne «Sans oui, c'est non!».

«Si on est plusieurs universités à faire le message [...], ce qu'on vise, c'est faire un petit changement social, dans les croyances, dans les mentalités. C'est peut-être ce qu'on va réussir à faire», espère Josée Laprade.

La campagne de prévention, qui se déroule à Québec du 8 au 19 février, prévoit des conférences et des stands d'information un peu partout sur le campus. 

«Quand on donne les statistiques, les étudiants sont un peu étonnés, mais ils sont capables de faire le lien avec leur réalité, avec ce qu'ils voient autour d'eux», mentionne Mme Laprade qui, du même souffle, dit vouloir travailler sur la «culture du viol», selon laquelle il serait par exemple de la responsabilité de la femme d'éviter les vêtements sexy pour diminuer les risques d'agression. «Quand on parle aux jeunes, ils savent que c'est pas correct de penser comme ça, mais on sent quand même que c'est ancré...»    

Première enquête québécoise

Pour faire la lumière sur la violence à caractère sexuel dans le milieu universitaire, des chercheuses issues de six universités québécoises ont mis sur pied un projet d'enquête appelé «Sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire : ce qu'en disent les étudiant.es, enseignant.es et employé.es». Un questionnaire s'adressant spécifiquement à eux est actuellement en ligne au essimu.quebec/wp. «On incite les gens à aller y répondre, parce qu'on n'a pas de données québécoises sur le phénomène de la violence à caractère sexuel dans les établissements universitaires», explique Mme Laprade.

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