Policiers fin prêts à réagir aux fugueuses ciblées par des proxénètes

Le SPVM constate une tendance inquiétante: les jeunes... (Archives La Presse, Patrick Sanfaçon)

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Le SPVM constate une tendance inquiétante: les jeunes femmes sont de plus en plus nombreuses, en provenance de tous les milieux, à choisir d'être en lien avec un proxénète.

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(Québec) La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, assure que les policiers «s'activent et que des ressources sont mises» pour retrouver des fugueuses qui pourraient tomber entre les mains de proxénètes. À l'automne, la police de Québec a sauvé de la prostitution deux adolescentes de la capitale lors d'une opération nationale, seulement quelques semaines après avoir intensifié sa lutte contre l'exploitation sexuelle.

La ministre a tenu une mêlée de presse, jeudi, à la suite de trois fugues fortement médiatisées de jeunes filles mineures de la région de Montréal. Les parents ont dit craindre qu'elles soient sous l'emprise de gangs qui les obligeaient à se prostituer.

Mario Vézina, capitaine du module des crimes majeurs à la police de Québec, affirme que son service est bien au fait du phénomène. Les adolescentes fuient la maison ou le centre jeunesse pour rejoindre des individus ou des groupes criminels qui, éventuellement, les exploiteront sexuellement. «C'est une forme de recrutement relativement nouvelle avec les réseaux sociaux. Ça se fait généralement très rapidement», observe-t-il.

Une fois recrutées, ces filles ne se retrouvent pas sur le coin d'une rue comme à une certaine époque. Elles rejoignent des agences qui offrent des services sur Internet. «C'est un marché qui est ouvert. C'est plus facile pour eux [les proxénètes] de faire de la business», concède le policier. 

En septembre 2015, la police de Québec a formé une escouade pour contrer l'exploitation sexuelle des enfants. La prostitution juvénile est un des volets d'enquête qui occupe l'équipe en place. «On a essayé d'être proactifs. On obtient toujours des renseignements du public, mais on fait aussi de la surveillance du Web. L'avantage des réseaux sociaux, s'il en est un, c'est qu'on est capable de voir ce qui s'y passe.»

C'est ce qui s'est produit l'automne dernier lors de l'opération Northern Spotlight à laquelle participaient des policiers de 40 services à travers le pays, dont celui de Québec. «C'est une opération de détection qui nous amène à des endroits sur le Web où s'exerce la prostitution [l'offre de prostitution]. C'est pendant cette veille que nous avons pu identifier deux jeunes filles de 16 et 17 ans qui avaient fugué de leur domicile», explique le capitaine Vézina, en guise d'exemple. 

Celui-ci insiste sur l'importance de rapporter toute fugue le plus rapidement possible. Dans ce genre de situation, les premières heures sont critiques. «Les gens pensent encore parfois qu'il faut attendre 24 heures. Ce n'est pas le cas. Les premières heures sont les plus importantes pour ne pas perdre la trace des fugueuses.»

Jusque dans l'Ouest

Si certaines sont recrutées pour se prostituer à Québec, d'autres prennent le chemin de Montréal, voire de Toronto ou même de l'ouest du pays. M. Vézina rappelle l'histoire de cette proxénète de 17 ans qui a obligé cinq de ses amis, toutes fugueuses de L'Escale, à se prostituer en 2014. Deux d'entre elles ont été retrouvées en Alberta. La proxénète a été accusée de traite de personne.

Le phénomène de recrutement à Québec diffère de celui de Montréal, du fait qu'il est davantage l'oeuvre d'individus isolés, soutient M. Vézina. 

«Ce n'est pas organisé comme dans la métropole. C'est plus volatil, aléatoire. Ça n'a plus rien à voir avec le Wolf Pack», précise-t-il, faisant référence au coup de filet réalisé en 2002, au cours duquel la police a identifié des dizaines d'adolescentes qui étaient sous le joug d'un même gang.

C'est ce qu'affirmait aussi au Soleil la coordonnatrice de la Table régionale de concertation sur la prostitution juvénile, Nancy Delisle, mercredi. Le milieu policier, celui de l'éducation et la DPJ, notamment, se concertent pour lutter contre cette forme d'exploitation. Au fil des ans, 500 travailleurs de ce réseau ont été formés pour détecter les victimes potentielles.

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