Les proches des Québécois tués au Burkina Faso se préparent à recevoir les corps

Yves Carrier, Maude Carrier, Louis Chabot et Charlélie... (Fournie par la famille)

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Yves Carrier, Maude Carrier, Louis Chabot et Charlélie Carrier, font partie des victimes du raid djihadiste qui a eu lieu à Ouagadougou au Burkina Faso, le 15 janvier.

Fournie par la famille

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(Québec) La réalité risque de frapper durement cette semaine pour les proches des victimes québécoises de l'attentat terroriste survenu le 15 janvier au Burkina Faso. Les corps pourraient être rapatriés aussi tôt que mardi, ce qui enclenchera une nouvelle étape du deuil.

Les dépouilles d'Yves Carrier, Maude Carrier, Charlelie Carrier, Gladys Chamberland, Louis Chabot et Suzanne Bernier pourraient prendre le chemin du Canada par avion dès mardi, après avoir été embaumées à Ouagadougou, capitale du pays africain.

C'est du moins ce qu'anticipe Frédéric Carrier, fils d'Yves Carrier, également frère de Maude et de Charlelie. «Nos craintes d'une longue enquête exhaustive sont tombées. Les corps ne sont pas bloqués, les certificats de décès ont été émis et l'embaumement est commencé», a-t-il expliqué au Soleil, samedi après-midi. «Ensuite, ça suit le processus normal.»

Si tout se passe bien, l'opération devait prendre environ 72 heures à compter de samedi, peut-être un peu plus, ce qui amène l'échéance à mardi ou mercredi.

Ces informations lui ont été fournies par un agent consulaire d'Affaires mondiales Canada, en contact avec les familles des victimes depuis l'attentat. Le Ministère refuse cependant de les corroborer aux journalistes, puisqu'elles relèvent «de la sphère privée», martèlent les différents porte-parole. «Tout ce que je peux vous dire, c'est que les choses avancent bien», a déclaré Adam Barratt, un représentant du gouvernement fédéral.

S'il juge positif que les choses débloquent, Frédéric Carrier appréhende maintenant le choc qui viendra avec le retour des corps à Québec.

Après avoir été en mode «opérationnel» dans la semaine suivant le drame, faisant le lien avec Affaires mondiales du Canada, le gouvernement du Québec, ses proches et les médias, il voit une nouvelle partie du deuil se pointer à l'horizon. «Je m'attends à ce que la prochaine semaine soit très dure», a-t-il confié.

Funérailles à déterminer

Solide en entrevue, occupé par les procédures de rapatriement et entouré par parents et amis, ce dernier n'a pas encore pleinement vécu la perte de son père, sa soeur et son frère. «Le fait d'être là-dedans, que tout le monde vienne nous aider, d'être entouré comme ça, ça nous permet de ne pas rester chez nous à broyer du noir. On est tout le temps occupé», a-t-il dit.

Les familles éplorées n'ont pas encore statué sur le type de funérailles qu'ils souhaitaient pour leurs protégés. Pour l'instant, seule la famille de Suzanne Bernier a fait son choix, qui sera de vivre une cérémonie en privé.

Quant aux proches des Carrier, de Gladys Chamberland et de Louis Chabot, ils doivent se rencontrer dimanche afin de prendre une décision.

S'il n'en tenait qu'à lui, Frédéric Carrier ouvrirait la porte au plus grand nombre. «Mon père voudrait que la porte soit ouverte. Mais je ne peux pas parler pour tout le monde. La décision va se prendre demain [dimanche].»

Une fois au Québec, les corps des victimes seront pris en charge par le ministère québécois des Affaires internationales. Le gouvernement libéral a offert aux familles le transport jusqu'aux salons funéraires.

Des démarches ont aussi été entreprises pour que soeur Inès, religieuse burkinabè qui a dû identifier les corps à la morgue et qui était aux côtés des travailleurs humanitaires québécois, soit des cérémonies. Elle devrait être en mesure d'obtenir un visa à temps.

Situation «délicate»

Quant au premier ministre Justin Trudeau, critiqué cette semaine par plusieurs membres de la famille Carrier, dont le conjoint et la mère de Maude, son cabinet s'est montré très prudent, samedi.

Interrogées à savoir si le premier ministre avait l'intention d'assister aux funérailles ou simplement de se présenter à Québec, deux sources ont refusé de s'avancer. «On décidera quand on saura un peu la suite des choses», a indiqué un premier interlocuteur du cabinet Trudeau.

Cette source admet que la situation est délicate, mais soutient que le gouvernement ne veut pas politiser l'affaire. La stratégie semble avoir été d'encaisser les coups et d'offrir tout le soutien pour la suite. «On veut être présent, le faire d'une façon sobre. Le fédéral sera là [aux hommages], si la famille le veut bien. Notre priorité, c'est que les familles soient bien traitées.»

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