Adoption d'un enfant québécois: «stigmatisé» par la maladie mentale

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En conférence de presse dans les bureaux d'Agnès Maltais, Luc Vigneault soutient qu'il a été «stigmatisé» parce qu'il a déjà souffert de maladie mentale. La députée de Taschereau crie à la «discrimination potentielle».

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Depuis un an et demi, ils ont tout tenté pour adopter un enfant québécois, en vain. Parce qu'ils ont déjà été traités pour des problèmes de santé mentale, Luc Vigneault et Nathalie Hébert «frappent un mur» au Centre jeunesse de Québec. Aujourd'hui, ils interpellent le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, pour qu'ils dénouent l'impasse.

En conférence de presse dans les bureaux d'Agnès Maltais, députée de Taschereau, le couple semble déterminé à livrer bataille. Pour eux, mais aussi pour tous ceux qui ont déjà souffert ou souffriront de maladie mentale, soit une personne sur cinq au Québec. M. Vigneault soutient qu'il a été «stigmatisé». La députée Maltais crie à la «discrimination potentielle».

Après avoir fait le deuil d'avoir un enfant biologique, le couple Vigneault-Hébert s'est adressé au Centre jeunesse de Québec en 2011 pour devenir une famille d'accueil banque mixte. Ils sont conscients qu'ils accueilleraient probablement un enfant malmené, qui pourrait retourner avec ses parents biologiques si ceux-ci se reprennent en main.

Après avoir complété leur dossier, ils rencontrent une travailleuse sociale en mai 2014 pour une préévaluation. En septembre de la même année, ils apprennent qu'ils n'ont pas été retenus pour une évaluation psychosociale complète. «Au Centre jeunesse, on nous a dit : "La santé mentale, on ne prend pas de chance avec ça"», témoigne M. Vigneault.

«Je réclame qu'ils aient droit rapidement à une évaluation psychosociale complète, comme tous les parents qui font appel à la banque mixte. Pourquoi ils n'ont pas été traités comme tout le monde?» demande la députée Maltais. Elle souhaite également que cette évaluation soit confiée à un Centre jeunesse de l'extérieur de la région. «Ça peut plus être celui de Québec, il serait à la fois juge et partie», lance-t-elle.

Depuis qu'il cherche à se défendre, plusieurs l'ont «envoyé paître», dit M. Vigneault : des cadres supérieurs du Centre jeunesse, des membres du cabinet de la ministre Charlebois, le pdg du Centre intégré universitaire en santé et services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre, le commissaire aux plaintes, le Protecteur du citoyen et l'Ordre des travailleurs sociaux. Seule la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a accepté d'ouvrir une enquête.

Mais M. Vigneault ne veut pas lâcher le morceau. «Je ne pourrai pas regarder mes pairs dans les yeux si jamais j'abandonne», lance celui qui travaille justement comme pair aidant à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec, en plus d'avoir écrit deux livres sur le sujet et d'être un conférencier recherché.

Dans une entrevue accordée à la chroniqueuse du Soleil Mylène Moisan, qui a révélé l'histoire en mai dernier, M. Vigneault racontait avoir été traité pour de la dépression et de la schizo-phrénie. Mme Hébert a quant à elle souffert d'un trouble d'adaptation après avoir fait une fausse couche. Des événements qui, selon eux, ne devraient pas faire en sorte que leur dossier soit rejeté dès le départ.

«Vous savez, les gens qui ont déjà eu de la dépression, des troubles anxieux, des troubles bipo-laires et même de la schizophrénie et qui vont très bien maintenant sont souvent les personnes les plus capables de saisir les besoins d'un enfant qui a des difficultés», soutient Marie-Josée Poulin, psychiatre à l'Institut de santé mentale de Québec, venue donner son appui au couple en conférence de presse. Selon elle, ceux qui ont déjà traversé des épreuves dans leur vie peuvent être «d'excellents parents», aptes à détecter précocement leurs propres signes de rechute, et moins enclins à rejeter un enfant qui développerait un trouble de santé mentale.

Pour Agnès Maltais, le gouvernement est «incohérent», en dépensant pour des campagnes de publicité contre les préjugés en santé mentale d'un côté et en agissant de pareille façon de l'autre. «Il faut qu'il y ait des ministres qui mettent leur pied à terre pour que cesse cette incohérence.»

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