Janvier, le mois le plus mortel de l'année

René Angélil, Jean-Paul L'Allier et David Bowie sont décédés... (Infographie Le Soleil)

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René Angélil, Jean-Paul L'Allier et David Bowie sont décédés en janvier.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) René Angélil, Marcel Barbeau, Pierre Boulez, David Bowie, Michel Delpech, Michel Galabru, Jean-Paul L'Allier, Alan Rickman.... Vous trouvez que le mois de janvier est particulièrement fatal cette année pour les personnes célèbres? Selon une étude et les statistiques, ce serait le cas presque chaque année, et pas seulement chez les célébrités.

Une étude publiée en 2010 par le professeur David P. Phillips du département de sociologie de l'Université de Californie à San Diego s'intéressait à la fête de Noël et au jour de l'An comme facteurs de risques de décès.

Dans ses recherches basées sur l'analyse de 57 millions de certificats de décès délivrés entre 1979 et 2004, le professeur a toutefois découvert que le taux de mortalité était toujours plus haut durant l'hiver et que, statistiquement, les gens mouraient davantage en janvier que durant n'importe quel autre mois de l'année.

En fait, le nombre de décès semblerait commencer à augmenter en décembre pour atteindre un sommet durant le mois de janvier. «Les deux semaines qui débutent avec la fête de Noël sont associées avec un excès de 42 325 morts naturelles sur une période de 25 ans. C'est une importante préoccupation de santé publique qui mériterait davantage de recherche», indique M. Phillips en conclusion de l'étude.

Les chiffres de Statistique Canada corroborent les révélations de l'étude américaine. De 2008 à 2012, janvier est effectivement le mois durant lequel le plus grand nombre de Canadiens sont décédés avec 110 425, suivi de décembre avec 108 764.

En 2008, 2009 et 2011, janvier a été le mois le plus mortel au Canada alors que décembre l'a surpassé par seulement 662 décès en 2010 et par 935 en 2012.

Causes inconnues

Le professeur Phillips a tenté de découvrir les causes de cette situation, qui semble n'avoir rien à voir avec la température ou le fait que les gens soient davantage à l'intérieur en janvier. Les «pointes» quant au nombre de décès en janvier sont en effet encore plus fortes dans les États du Sud. Ces pics sont aussi importants en excluant les décès dus à l'alcool, aux drogues, aux pneumonies et à la grippe.

Les raisons de cette hausse des décès en janvier demeurent donc mystérieuses puisque peu de chercheurs s'y seraient intéressés. Dans son étude, le professeur Phillips émet toutefois quelques hypothèses, notamment le fait que les urgences des hôpitaux soient parfois engorgées durant les Fêtes, que beaucoup de membres du personnel médical prennent congé durant cette période ou que plusieurs personnes préfèrent éviter l'hôpital durant les Fêtes, même s'ils se sentent mal. L'auteur de l'étude précise toutefois que les chiffres ne prouvent aucune de ces hypothèses, qui nécessiteraient davantage de recherche.

Quant à la théorie voulant que certaines personnes puissent «reporter» brièvement leur mort afin de pouvoir vivre certaines occasions symboliques, mise en lumière dans des études publiées en 1973 et 2004, le professeur indique aussi que les résultats de l'étude de 2010 ne la corroborent pas non plus.

«Selon cette hypothèse, les hausses de Noël et du Nouvel An devraient être précédées par une baisse "compensatoire" des décès. Aucune baisse semblable n'est cependant évidente dans nos données», écrit-il.

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