Pierre Bilodeau, le «Claude Dubois» de Saint-Roch n'est plus

Pour le touriste ou le passant, Pierre Bilodeau... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Pour le touriste ou le passant, Pierre Bilodeau avait l'air d'un musicien de rue comme les autres. Guitare en mains dans la chaleur de l'été, il grattait et chantait souvent des airs de Claude Dubois sur le parvis de l'église Saint-Roch.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le quartier Saint-Roch perd l'un de ses plus illustres représentants. Pierre Bilodeau, musicien, bénévole, travailleur communautaire et citoyen engagé, est mort d'un cancer du poumon, mardi, à l'âge de 56 ans.

Pour le touriste ou le passant, Pierre Bilodeau avait l'air d'un musicien de rue comme les autres. Guitare en mains dans la chaleur de l'été, il grattait et chantait souvent des airs de Claude Dubois sur le parvis de l'église Saint-Roch. Sa reprise de Si Dieu existe était à s'y méprendre avec la version du réel chanteur.

Pour les habitués du parvis et ceux qui fréquentaient les organismes communautaires de la basse ville, c'est un véritable pilier qui s'est éteint. Ils ont perdu en lui un homme à l'écoute, sensible sur les réalités que sont la vie dans la rue, la maladie mentale et la toxicomanie.

Signe de l'empreinte qu'il a laissée sur la communauté de Saint-Roch, des centaines de personnes ont spontanément tenu à lui rendre hommage, notamment sur une page Facebook créée en son honneur.

«À une autre époque, je n'étais qu'une pauvre fille pathétique à qui on tournait le dos. Mais Pierre et sa bonté toute naturelle a toujours pris le temps de s'arrêter, de me parler, de me donner une dose d'espoir», a écrit une jeune femme sur la page. «Il avait un coeur d'or.»

Sabrina Tanguay, nièce de M. Bilodeau, était émue, certes, mais n'était pas surprise de voir une telle dose d'amour pour son oncle. «Il était ouvert, il avait toujours le bon mot pour les autres et il avait des conversations très profondes avec beaucoup de gens», a-t-elle raconté au Soleil. «Ils allaient vers lui naturellement, il était là pour eux.»

Ce «don de soi» était inné chez Pierre Bilodeau, selon Mme Tanguay. Une partie de sa personnalité qui a pris encore plus d'ampleur après qu'il eut lui-même traversé une période difficile de sa vie. «Lui aussi vient de Saint-Roch et il n'a pas toujours eu la vie facile. Ça a été facile pour lui de tomber dans la consommation il y a plusieurs années, dès son adolescence», a-t-elle confié.

Or, Pierre s'était relevé. À son décès, dans la nuit de lundi à mardi, il n'avait pas bu une goutte d'alcool depuis 17 ans. Une fierté qu'il aimait partager.

«C'était vraiment beau de le voir continuer là-dedans et de vivre 24 heures à la fois. Parce que c'était comme ça pour lui, une journée à la fois. Ça va bien aujourd'hui, et on verra demain.» Cette «école de la vie» a fait de lui un des intervenants les plus appréciés partout où il est passé, dont au SQUAT Basse ville et à la table de quartier Engrenage.

Les funérailles de Pierre Bilodeau auront lieu le 18 janvier, à 14h. Sans surprise, les obsèques se tiendront à l'église Saint-Roch.

Duo avec Claude Dubois

Parmi les autres témoignages laissés à sa mémoire sur les réseaux sociaux, une vidéo le montre en compagnie de Claude Dubois à Expo-Québec, en 1995. Les deux hommes y chantent en choeur Le Blues du businessman.

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