Ukraine: Stéphane Dion prêt à ouvrir un «dialogue» avec la Russie

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Un contingent de 200 soldats partira de la base militaire de Valcartier et s'envolera pour l'Ukraine, dimanche, afin de relever les troupes canadiennes de la base ontarienne de Petawawa déjà sur le terrain depuis cet été, dans le cadre d'une mission de formation des troupes ukrainiennes (photo).

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(Québec) Tout en maintenant sa mission d'entraînement des troupes ukrainiennes jusqu'en 2017, le Canada sous Justin Trudeau tentera de rétablir le dialogue avec la Russie. Une main tendue après les agissements de Moscou aux frontières de l'Ukraine à la suite de l'invasion et l'annexion de la Crimée par des rebelles prorusses, il y a déjà presque deux ans.

Un contingent de 200 soldats partira de la base militaire de Valcartier et s'envolera pour l'Ukraine, dimanche, afin de relever les troupes canadiennes de la base ontarienne de Petawawa, déjà sur le terrain depuis cet été. Une seconde envolée est prévue dans les prochaines semaines afin de compléter la relève.

Il s'agit de la première rotation du Canada dans le cadre de l'opération américaine Unifier, dont la participation canadienne a été annoncée par les conservateurs alors qu'ils étaient toujours au pouvoir, au printemps 2015.

Rencontré par Le Soleil samedi aux funérailles de Jean-Paul L'Allier, le nouveau ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a clarifié les intentions des libéraux sur son rôle dans cette crise impliquant Kiev et Moscou.

«Le Canada va continuer à appuyer l'Ukraine dans une situation difficile due aux actions de la Russie», s'est-il engagé d'entrée de jeu.

Mais selon M. Dion, il faut aussi rouvrir un dialogue avec le Kremlin, un acteur important pour les relations géopolitiques canadiennes.

«Ne pas parler aux Russes n'est pas la meilleure façon d'aider l'Ukraine, a-t-il dit. Étape par étape, il va y avoir un dialogue accru avec les Russes, qui sont en plus nos voisins dans l'Arctique. [...] On va aider les Ukrainiens du mieux qu'on peut, avec cette différence cependant qu'on va rouvrir [les pourparlers] avec les Russes», a résumé le ministre.

La première rotation qui s'envolera ce dimanche est composée majoritairement de soldats du 3e bataillon du Royal 22e Régiment de Valcartier. D'autres militaires d'ailleurs en province et au pays complètent le groupe de 200 soldats. Le contingent y restera de six à sept mois, soit jusqu'en août.

Leur rôle consiste uniquement en de la formation. Même que les troupes canadiennes sont basées «le plus à l'ouest possible» de la ligne de front, qui se trouve à l'Est.

«Le gouvernement canadien a été très spécifique. C'est une mission d'entraînement seulement. Nous ne sommes pas armés», a expliqué le commandant du 3e bataillon du Royal 22e Régiment, Tim Arsenault, rencontré à la base de Valcartier, samedi.

Selon les informations que ce dernier a reçues de son homologue de Petawawa, la tension est toujours palpable entre les rebelles prorusses et les forces ukrainiennes loyalistes, principalement près des villes de Donetsk et dans la région de Donbass. «Il y a encore des pertes de façon assez régulière», a dit M. Arsenault.

Cette région a été le théâtre d'affrontements sanglants au printemps 2014. Des centaines de morts y ont été rapportés dès les premières révoltes des Ukrainiens prorusses, qui ont notamment été appuyées par des troupes de Russie. Un soutien qu'a toujours nié le Kremlin dirigé par Vladimir Poutine.

Formation spécifique

Les Canadiens offrent de la formation spécifique et spécialisée, l'armée ukrainienne étant déjà bien entraînée. «La mission consiste en du développement capacitaire. Il y a un volet contre les dispositifs explosifs et un volet premiers soins au front. [...] Les forces armées ukraniennes sont une armée professionnelle. »

La situation est particulière pour les troupes qui auront à former des soldats. Certains militaires de l'Ukraine en entraînement ont combattu au front dans les derniers mois. «Ce sont des soldats qui ont beaucoup d'expérience de combat. On arrive là avec un respect pour leur expérience. Il faut comprendre ce qu'ils ont vécu au front», a souligné Tim Arsenault. 

Jusqu'ici, le Canada a formé 600 soldats ukrainiens, dont certains ont déjà été redéployés dans les régions chaudes.

Selon le Ottawa Citizen, le gouvernement canadien évalue à 13 millions $ les coûts pour la première année de la mission.

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