Le cri du coeur d'Isabelle

Jusqu'à tout récemment, Isabelle Simard pouvait vivre dans... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Jusqu'à tout récemment, Isabelle Simard pouvait vivre dans son condominium, mais son état de santé l'a forcé à le mettre en vente.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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<p>Ian Bussières</p>
Ian Bussières

Avec la collaboration de Patricia Cloutier

Le Soleil

(Québec) Âgée de 41 ans et atteinte de sclérose en plaques, Isabelle Simard lance un cri du coeur afin de dénicher, à Québec, une famille d'accueil qui serait intéressée à la prendre en charge dans un milieu de vie adapté.

«La réalité, c'est qu'il n'y a pas à Québec de ressource adaptée pour les personnes atteintes de sclérose en plaques. Jusqu'à tout récemment, je pouvais encore vivre dans mon condominium à Charlesbourg, mais je suis maintenant obligée de le mettre en vente», raconte au Soleil celle qui a dû se résigner à aller vivre au Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de Limoilou.

Au mois de novembre, Isabelle avait tenté sa chance sur le site de petites annonces Kijiji et sur Facebook, espérant trouver ainsi une famille d'accueil. «J'ai eu 17 000 vues sur Kijiji et 3000 partages sur Facebook. J'ai eu quelques réponses, mais c'était de gens de régions plus éloignées, ou des personnes de Québec dont le logement n'était pas adapté à une personne qui se déplace en fauteuil roulant.»

Près de sa famille

Si elle souhaite demeurer à Québec, c'est qu'Isabelle désire rester proche de son fils de 11 ans et de sa fille de 13 ans, qui résident maintenant avec son ex-conjoint, et de ses parents, qui lui donnent un coup de main, mais qui, à près de 70 ans, n'ont plus la capacité de s'occuper à temps plein de leur fille handicapée.

«Je ne voulais pas aller en CHSLD, mais je n'ai pas eu le choix», laisse-t-elle tomber, le visage triste. «Ça fait seulement deux jours, et je capote. Les plus jeunes ici ont 65 ans et ce sont surtout des gens en fin de vie. Ils sont presque tous atteints de démence ou de la maladie d'Alzheimer. Il n'y en a que trois sur une centaine qui sont lucides et avec qui je peux discuter», raconte-t-elle, soulignant que ce milieu de vie est loin d'être fait pour une femme de 41 ans.

Isabelle doit en plus débourser 1800 $ par mois pour sa place en CHSLD, sans compter les frais de téléphone et d'internet qui ne sont pas inclus. «Tout ça pour un endroit qui ne convient pas à une personne comme moi. Je n'ai pas d'endroit pour installer mon ordinateur portable et je n'ai pas une garde-robe adaptée. J'étais habituée de manger santé et ici, la nourriture est exécrable. En plus, je n'ai droit qu'à un bain par semaine.»

Solutions de rechange

À défaut de mieux, Isabelle aurait aimé obtenir une place au centre d'hébergement Saint-Jean-Eudes, qui accueille une clientèle plus jeune. Les délais d'attente sont cependant très longs. «On est conscients qu'un CHSLD, ce n'est pas un milieu pour elle et on est très actifs dans le dossier», a réagi Catherine Chagnon, porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

«On est conscients qu'un CHSLD, ce n'est pas un milieu pour elle et on est très actifs dans le dossier.»

Catherine Chagnon
Porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale

Le CIUSSS est à la recherche de solutions de rechange pour Isabelle en attendant qu'une place se libère au centre Saint-Jean-Eudes. Les patients peuvent parfois attendre jusqu'à cinq ans avant d'avoir une place à Saint-Jean-Eudes.

Pendant ce temps, Isabelle continue d'espérer qu'une «perle rare» se manifestera dans la région de Québec pour lui offrir une place dans sa famille d'accueil. «Tant qu'à payer, j'aimerais avoir un endroit mieux adapté», poursuit cette lectrice du Soleil qui se surprend à rêver d'un arrangement comme celui de Marie-Noëlle Simard (aucun lien de parenté), une femme lourdement handicapée dont le cas a été rapporté par la chroniqueuse Mylène Moisan.

«J'ai lu qu'elle vivait maintenant avec une infirmière marocaine qui est en quelque sorte devenue sa colocataire et qui peut s'occuper d'elle. Ce serait merveilleux si je pouvais trouver une personne ou une famille comme ça pour m'accueillir», termine-t-elle.

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