Des messes de minuit qui affichent complet

Jeudi, le curé Donald Cliche célébrera trois messes... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Jeudi, le curé Donald Cliche célébrera trois messes de Noël à l'église Saint-Félix de Cap-Rouge.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Vous n'avez pas encore vos billets? Il est un peu tard... À l'église Saint-Félix de Cap-Rouge, six des sept représentations de la messe de «minuit» affichent déjà complet !

La vénérable bâtisse patrimoniale magnétise donc les foules le 24 décembre. L'équipe du curé Donald Cliche a écoulé les billets à 2 $ dès le début décembre; sans ce système de réservations, plusieurs devraient rester sur le parvis, faute de place, nous explique-t-il au téléphone.

À partir de 15h, heure de la première messe, la machine sera mise en marche : à intervalles de 1h30, les messes se succéderont jusqu'à minuit. Pour chacune des liturgies, une équipe laïque différente montera sur scène. «C'est une nuit qui commence à 2h [l'après-midi] finalement et qui finit à 1h, 1h15. Ça dure presque 12 heures!»

M. Cliche officiera trois fois. Pour les autres, il a fallu appeler des renforts : un curé retraité, un autre prêtre qui travaille maintenant dans les bureaux du diocèse et un troisième qui bosse dans un édifice gouvernemental. 

Et le lendemain matin, ils devront enfiler de nouveau leurs habits. Trois autres messes sont à l'horaire pour ceux qui n'auront pu se présenter la veille.

Le curé Cliche espère que cette participation importante témoigne d'une recherche spirituelle, d'une quête de sens. Il convient cependant que la tradition motive aussi les ouailles. «Ça fait partie des rites de certaines familles.»

Cette affluence doit réjouir notre interlocuteur? Oui, mais il relativise. Son église ancestrale relève plus de la chapelle que de la cathédrale. Avec un peu plus de 300 places assises, le religieux évalue qu'environ 2000 personnes participeront aux activités du 24 décembre... sur 25 000 résidents dans la paroisse. «Ce n'est pas un pourcentage très, très élevé.»

Et le dernier service du réveillon, lui, n'affiche pas complet : «Il y a moins de gens à minuit.» Il fait néanmoins remarquer qu'à Saint-Félix, la participation demeure tout de même importante pour la «vraie» messe de minuit, ce qui n'est pas le cas partout : «Il y a beaucoup de paroisses qui ont enlevé la messe de minuit.»

La cohue et le vide

La cohue de Noël permet cependant de mesurer le vide du reste de l'année. «Il n'y a aucune comparaison, c'est le seul soir comme ça», observe Donald Cliche. «À Noël, il y a beaucoup de monde. [...] Mais le 27 décembre, ça va revenir aux gens qui sont là habituellement.»

Les jours de semaine «normaux», il estime accueillir une trentaine de fidèles, peut-être 50, voire 70. Des statistiques tout de même enviables, selon lui. «Il y en a qui ont 10, 15, 20 personnes.»

M. Cliche, êtes-vous agacé par cette faible implication des catholiques? «J'ai été agacé un moment... Maintenant, je me réjouis que les gens soient là. [...] Tu te réjouis de ceux qui sont là, ça finit là.»

Marc Pelchat adopte la même approche : «On n'est pas là pour critiquer. On prend les gens qui viennent. On est heureux de les voir.» Il sait que certains prêtres profitent de leur tribune pour dénoncer les croyants qui ne visitent pas les églises régulièrement. Lui loge ailleurs.

Au fait, qui est-il? M. Pelchat est aujourd'hui vicaire général de l'archidiocèse de Québec; une sorte de directeur général, vulgarise-t-il. C'est lui qui officiera à 19h30 et 21h à Saint-Félix de Cap-Rouge, pour aider le curé Cliche.

M. Pelchat regrette cependant aussi que les vraies messes de minuit soient de moins en moins prisées. «Elles sont moins fréquentées. Auparavant, il y en avait partout.» Les traditions changent, les familles sont dispersées, les rites ont muté.

«La pratique liturgique n'est plus ce qu'elle était. C'est différent.» D'ailleurs, durant les messes du 24, il voit de nombreux participants pianoter sur leur cellulaire la cérémonie durant! Les temps changent, dit-il. «Moi, ça ne me dérange pas! L'important, c'est qu'ils soient là.

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