Mieux vaut être blanc pour obtenir un emploi à Québec

Si Benoît Songa ne condamne pas la réticence... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Si Benoît Songa ne condamne pas la réticence des employeurs à embaucher des personnes immigrantes, il déplore tout de même la situation actuelle.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Pour une personne qui n'a pas la peau blanche, la quête d'un emploi à Québec demeure un véritable parcours du combattant, constate le directeur général du Centre R.I.R.E. 2000, Benoît Songa.

«À moins que ce soit pour des postes dans des secteurs spécialisés comme l'informatique ou les technologies de l'information et de la communication [TIC] pour lesquels les pénuries de main-d'oeuvre frappent sévèrement, nous éprouvons des difficultés à placer les personnes appartenant aux minorités visibles», témoigne M. Songa qui dirige un organisme à but non lucratif qui veille, depuis 1996, à l'intégration en emploi des personnes immigrantes.

«En informatique ou dans les TI, les employeurs vont embaucher sans aucune distinction, tellement les besoins sont criants. Dans le secteur des services, par exemple, c'est une autre histoire. Il y a une sélection qui se fait», poursuit M. Songa.

En d'autres mots, il vaut mieux avoir un nom à consonance française ou même allemande qu'arabe ou africaine pour y décrocher un gagne-pain.

Selon les données fournies au Soleil par la direction régionale de la Capitale-Nationale d'Emploi-Québec, le taux de chômage, en 2014, des «immigrants admis» dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec qui couvre le territoire des villes de Québec et de Lévis affichait 9,8 %. Il était de 4,8 % pour la population née au Canada.

Des données qui ne disent pas tout

De l'avis de Benoît Songa, cette donnée sur le taux de chômage ne dit pas tout. Elle ne tient pas compte, par exemple, de l'origine des «immigrants admis». Ni de leur statut, de leur sexe, de leur âge ou de leur date d'arrivée.

«Il est difficile d'obtenir des statistiques à ce sujet. Toutefois, nous constatons des tendances qui montrent que nous intégrons en emploi plus facilement des personnes qui ont la peau blanche que les minorités visibles. Nous pouvons noter l'ouverture ou non des employeurs à partir du moment où nous prononçons le nom de la personne immigrante que nous voulons leur proposer», témoigne le directeur général de l'organisme qui encadre et qui accompagne, bon an mal an, entre 300 et 400 personnes immigrantes dans leur intégration socioéconomique au sein de la société québécoise

Une partie du travail de l'équipe du Centre R.I.R.E. 2000 consiste à «rassurer» les employeurs et à répondre à leurs questions sur la capacité des personnes immigrantes à livrer la marchandise en fonction de leur formation et des besoins des entreprises et sur l'impact de leur arrivée au sein d'une organisation composée exclusivement de travailleurs québécois.

Ne cherchant surtout pas à condamner l'attitude des employeurs pour leur ouverture «mitigée» à l'égard des immigrants, Benoît Songa déplore tout de même la situation actuelle.

«Avouons que c'est un peu désolant. C'est du capital humain que la société met de côté. Des ressources qui, assurément, peuvent aider les entreprises dans le contexte actuel de pénurie de main-d'oeuvre. Si les gens des minorités visibles ne travaillent pas, qui paie pour eux? C'est vous et moi. Nous nous tirons dans le pied.»

Campagne Du monde à connaître

Cette année, la porte-parole de la campagne Du... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

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Cette année, la porte-parole de la campagne Du monde à connaître est la designer Hoang Nguyen de l'atelier-boutique Autrefois Saïgon. 

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Pour sensibiliser les employeurs et la population en général à la diversité et à l'apport de l'immigration, le Centre R.I.R.E. 2000 et une vingtaine d'autres organismes et entreprises réunis au sein de la Table régionale de concertation en immigration de la Capitale-Nationale ont lancé, il y a trois ans, la campagne Du monde à connaître. 

À partir de la plateforme Web dumondeaconnaitre.com, la campagne permet de partager des histoires inspirantes d'accueil et d'intégration. «Nous voulons aussi que les immigrants qui ont réussi leur intégration sortent de l'ombre et fassent connaître leur parcours socioprofessionnel», explique Benoît Songa. Cette année, la porte-parole de la campagne est la designer Hoang Nguyen de l'atelier-boutique Autrefois Saïgon. 

Arrivée au Québec au début des années 80 dans la foulée de l'établissement massif de réfugiés vietnamiens dans la Belle Province, Hoang Nguyen, a fait sa marque dans l'industrie de la mode.

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