La ministre rejette les demandes du réseau des garderies

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Lassées de la «mascarade» actuelle, les garderies subventionnées réclament une «réelle table de négociation» pour discuter de l'optimisation du réseau, a affirmé le président de l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), Louis Senécal.

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(Québec) La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, veut bien discuter avec les garderies subventionnées, mais rejette leur demande d'une «négociation réelle» sur l'optimisation du réseau.

Le passage des quatre associations de services de garde subventionnés à l'Assemblée nationale, mercredi, pour exiger plus que la «mascarade» des pourparlers actuels n'a pas trouvé écho auprès de la ministre. 

«On est en discussion parce qu'on veut mieux comprendre comment ça se passe, a commenté Mme Charbonneau. Je ne suis pas en négociation. Je suis en discussion.»

Le ministère de la Famille a imposé au réseau des compressions de 74 millions $ cette année et de 120 millions $ l'an prochain. La semaine dernière, les associations ont soutenu que les coupes seront en fait de 320 millions $ et qu'elles forceront la mise à pied de 5000 éducatrices.   

Mercredi, les associations ont dénoncé que leurs rencontres avec le Ministère tiennent plus de la séance d'information que de la discussion. Mais leur demande d'une «table de négociation réelle» a rapidement été rejetée par Mme Charbonneau. Une dernière rencontre sur l'optimisation du réseau entre les associations et le Ministère est prévue pour demain. 

Le président de l'Association québécoise des centres de la petite enfance, Louis Senécal, s'est dit ouvert à une refonte du financement des services. Il est «conscient qu'il y a un besoin de modernisation». Mais, pour lui, toute marge financière dégagée devrait être réinvestie dans le réseau, et non pas renvoyée au gouvernement. 

«Tout à fait, a lancé M. Senécal. On cherche à réinvestir les économies qui pourraient être dégagées sur tous les fronts. [...] Si on trouve des marges de manoeuvre, la revendication que nous ferons, ce sera de la réinvestir pour l'enfant.»

Là encore, la ministre Charbonneau n'a pas montré beaucoup de réceptivité. «Moi, je veux parler avec eux de comment faire mieux», s'est-elle limitée à dire sur cette question. 

Les garderies subventionnées s'inscrivent à nouveau contre l'approche du «tiers performant» privilégiée par la ministre de la Famille, Francine Charbonneau. La méthode consiste à aligner le financement de l'ensemble du réseau sur la base du tiers des garderies dont les coûts d'exploitation sont les plus bas. 

«Baser une réforme aussi majeure sur les services de garde uniquement sur des chiffres comptables, ce n'est pas acceptable», a déclaré Samir Alahmad, de l'Association des garderies privées du Québec. «Il n'y a aucun indice ni de près ni de loin sur la qualité.»

Bien qu'elle reconnaisse que la notion du tiers performant peut «inquiéter», la ministre Charbonneau juge qu'il s'agit d'une bonne référence. «Qu'est-ce qui fait qu'ils font qu'ils réussissent mieux administrativement et collectivement dans tout ce qu'ils offrent comme services», a déclaré la ministre de la Famille. 

Nathalie Breton, présidente du Conseil québécois des services de garde à l'enfance, déplore que les questions posées aux fonctionnaires du ministère de la Famille demeurent souvent sans réponse. «Tout le monde sait que 2 plus X égale Y, illustre-t-elle. On demande ce que valent les X. Et on nous dit : "On ne sait pas."» Tous entendent quand même se présenter à la rencontre de jeudi avec le Ministère. 

Pour le Rassemblement des garderies privées du Québec, Julie Plamondon a enjoint à la ministre d'«apprendre que la petite enfance, c'est un investissement à long terme». 

La pétition en ligne pour un réinvestissement dans les services de garde a recueilli près de 20 000 noms, a souligné le porte-parole péquiste en matière de famille, Sylvain Pagé. «Il faut cesser les attaques envers le réseau», a lancé le député péquiste. 

La co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, note que tout ce débat se déroule alors que les médecins ont touché 400 millions $ de plus que prévu entre 2010 et 2015.

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