Les évêques contre la dispersion des cendres

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L'Assemblée des évêques catholiques du Québec voudrait que les cendres soient traitées comme des restes humains.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) S'il n'en tenait qu'à l'Assemblée des évêques catholiques du Québec, la famille ne recevrait plus les cendres d'un défunt. Celles-ci seraient plutôt traitées comme des restes humains et demeureraient au cimetière ou au columbarium.

«Pour nous, la dispersion est une difficulté extrêmement importante. On perd de vue l'unicité de la personne», a affirmé Mgr Louis Dicaire, évêque auxiliaire du diocèse de Saint-Jean-Longueuil, jeudi lors des consultations particulières et des auditions publiques sur le projet de loi sur les activités funéraires.

La dispersion d'une partie des cendres de l'ex-chef néo-démocrate Jack Layton sur l'île Algonquin de Toronto, où il s'était marié, avait été évoquée plus tôt dans la journée. L'Assemblée des évêques n'approuve pas cette pratique et considère que pour en disposer dignement, les cendres devraient toujours finir au cimetière ou au columbarium.

Comme des cadavres

L'Assemblée des évêques recommande que les cendres soient traitées comme les cadavres et les restes humains, dont la loi prescrit les façons de disposer, et souhaiterait voir les lieux de sépulture être revalorisés.

«On apprécie que le projet de loi oblige le directeur de funérailles à remettre les cendres à une seule personne dans un contenant rigide. Cependant, le proche a toujours la possibilité d'en disposer à sa guise. Et on a tous été témoins d'histoires de malheur et de pratiques désolantes», a déploré Germain Tremblay, adjoint au secrétaire général de l'Assemblée des évêques.

«Ce n'est pas un sujet banal et innocent. On continue à croire que le cimetière et le columbarium sont les endroits appropriés pour disposer des restes humains, car, en ces lieux, le défunt n'est plus la seule propriété de ses proches, mais il fait partie de la mémoire collective», a poursuivi M. Tremblay, ajoutant que l'Assemblée ne voulait pas ainsi «diriger les gens jusqu'après leur mort» et que son approche n'était pas religieuse, mais bien «anthropologique et psychologique».

Risques

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a mentionné aux représentants de l'Assemblée que c'était volontairement que le projet de loi, qui interdit de disposer des cendres en un endroit où elles constitueraient une nuisance ou d'une façon qui serait contraire à la dignité de la personne, n'était pas plus précis sur le sujet.

«Le cas de M. Layton, manifestement, pour sa famille, la disposition de ses cendres était digne, même si certains pourraient considérer ça moins digne. Moi, je pourrais imaginer la dispersion de mes propres cendres d'une façon que d'autres ne jugeraient pas digne», a expliqué le politicien, évoquant les risques qu'il pourrait y avoir à légiférer pour définir le concept de dignité.

Le sujet a aussi été ramené sur la table par l'Association des cimetières chrétiens du Québec, dont la présidente Monique Morin a plaidé pour que le cimetière soit reconnu comme la destination finale des cendres.

«Il est primordial que ce soit au cimetière, et non pas sur un terrain de golf ou dans un bac à ordures comme on a déjà vu. On pourrait même en avoir sur nos balcons!» a déclaré Mme Morin, ajoutant qu'elle avait déjà vu des familles placer les cendres d'un défunt dans une boîte de cigares cubains ou dans une bouteille de Coke.

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