À peine 230 réfugiés syriens pour Québec

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Des migrants et réfugiés à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, le 23 novembre.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Une très faible proportion du contingent de 3650 réfugiés syriens attendus au Québec pour 2015 sera dirigée vers la capitale, soit à peine 100 personnes. Et à peu près le même nombre prévu en 2016.

Les ministres Kathleen Weil (Immigration) et Pierre Moreau (Sécurité publique et Affaires municipales) ont dévoilé, mercredi matin, le plan pour recevoir 7300 ressortissants de la Syrie, sur deux ans. Alors que le maire de Québec, Régis Labeaume, s'attendait à recevoir 800 réfugiés, seulement 230 seront dirigés vers sa ville par ces deux vagues d'immigration.

Pour ce qui est de l'année en cours, 3155 des 3650 nouveaux arrivants s'établiront dans l'agglomération urbaine formée des municipalités de Montréal, Longueuil et Laval.

La Ville de Québec ne recevra que cent réfugiés (30 parrainés par des citoyens et 70 encadrés par les autorités gouvernementales). C'est exactement le même total pour les municipalités beaucoup plus petites de Gatineau et de Sherbrooke.

Selon un tableau préparé par le ministère d'Affaires municipales, Drummondville, Granby, Saint-Hyacinthe et Trois-Rivières hébergeront 30 immigrants; Victoriaville, Joliette et Saint-Jérôme, 20; et les destinations demeurent inconnues pour 15 des réfugiés.

Pour les 3650 réfugiés attendus l'an prochain, la grande région de Montréal en recevra une centaine de moins, soit 3240. De nouveau, une infime partie (130) se dirigera vers Québec. Gatineau en aura 120; Sherbrooke, 110; les autres, entre 30 et 40.

Ottawa pourrait demander au Québec de recevoir quelque 2000 autres réfugiés syriens si le gouvernement fédéral hausse de 10 000 l'objectif de recevoir 25 000 réfugiés de Syrie, ont précisé les ministres Weil et Moreau.

Aucune répartition et aucune date d'arrivée pour ces immigrants ne sont avancées. Notons que des 3650 réfugiés par année qui s'amèneront au Québec, 2900 seront parrainés par des citoyens et 750 pris en charge par l'État, 29 millions$

La mairesse de Longueuil et présidente du caucus des grandes villes de l'UMQ a affirmé que ses collègues des municipalités qui font partie du plan ont réagi avec enthousiasme lorsque Québec les a rencontrés, dimanche, pour discuter du dossier des migrants syriens.

«La plupart des villes étaient prêtes à en faire encore plus», a fait valoir Caroline St-Hilaire, sans pouvoir donner sur le coup de chiffres sur la répartition des nouveaux venus par municipalité.

Budget annuel de 29 millions $

Le ministre Pierre Moreau a répété qu'un budget annuel de 29 millions $ pour l'accueil et l'intégration des deux vagues de 3650 migrants est disponible. Des négociations se poursuivent avec Ottawa pour couvrir l'ensemble des «coûts liés à cette opération d'envergure», a-t-il indiqué.

La ministre Kathleen Weil a prédit que le premier groupe de 3650 réfugiés fêtera le Nouvel An au Québec. « Nous avons appris que les gens là-bas commencent à recevoir des appels pour se présenter à l'ambassade canadienne.»

Son collègue Pierre Moreau a insisté sur le fait que «la rapidité d'accueil des réfugiés et leur nombre ne compromettra en rien la rigueur des vérifications se sécurité». Le gouvernement fédéral a aussi donné l'assurance que les nouveaux arrivants se présenteront ici après avoir passé «l'examen de santé requis».

Pour Pierre Moreau, ce n'est pas un test pour faire en sorte d'écarter des réfugiés malades. Mais, le but premier est d'avoir l'assurance «que ces gens sont aptes à subir un transport aérien qui peut varier entre sept et neuf heures».

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L'armée attend quelques centaines de réfugiés

Quelques centaines de réfugiés syriens pourraient trouver un hébergement temporaire à Valcartier. Aucun dans les maisons qui appartiennent à l'armée sur la base militaire ou dans les quelques résidences qu'elle possède à Sainte-Foy.

C'est ce qu'a précisé le brigadier-général Stéphane Lafaut, mercredi, à la conférence de presse sur le plan québécois d'accueil de ces immigrants qui fuient la guerre dans leur pays.

Le haut gradé a confirmé que Valcartier sera la seule base militaire de la province à leur donner un toit temporaire. «Si nécessaire, sur demande», a-t-il précisé.

Il a indiqué que la base située au nord de Québec a la capacité logistique de recevoir 2000 personnes. Il ignore combien il faudra accommoder de réfugiés, mais cette capacité d'accueil fait en sorte qu'il ne sera pas nécessaire de recourir aux installations de Bagotville ou encore de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Stéphane Lafaut a profité de l'occasion pour rassurer les militaires qui s'inquiètent de l'arrivée possible de ces immigrants. «Les maisons..., a-t-il commencé par dire. Il y a eu beaucoup de discussions à propos des maisons des familles qui vivent à Valcartier et celles-ci ne seront pas mises à contribution.»

Il a tenu à nier un bruit qui court. «Il n'y a pas de résidents célibataires qui résident sur la base de Valcartier qui seront mis dehors pour permettre l'arrivée des réfugiés.

«J'ai de la place pour tout le monde, a-t-il insisté. Il y a peut-être des déplacements internes concernant une dizaine d'individus seulement qui pourraient s'effectuer. Mais ce serait dans le même édifice pour faciliter l'hébergement des réfugiés lorsque ce sera requis.»

À la sortie du point de presse, le brigadier-général a écarté la possibilité que les maisons de Sainte-Foy, inoccupées et propriété de l'armée, puissent servir à dépanner les nouveaux arrivants. «Il n'y en a que cinq, a-t-il fait remarquer.

«Ces maisons sont dues pour être démolies durant la prochaine année. Le chauffage... tout a été coupé. Ce qui fait que la salubrité des lieux n'est pas nécessairement idéale pour accueillir ces gens.»

Les cégeps veulent contribuer

La Fédération des cégeps du Québec souhaite que de nombreux réfugiés syriens atterrissent dans ses classes. «On veut faire partie de la solution. Les 48 cégeps sont intéressés à accueillir les réfugiés et à faire leur part», indique Judith Laurier, porte-parole de la Fédération. Les cégeps, qui souffrent en ce moment d'une courbe démographique défavorable, ont de la place et cherchent à recruter des candidats dans plusieurs programmes, surtout en région. Normalement, pour les étudiants qui arrivent de l'étranger, «on favorise de les envoyer dans des programmes où on a besoin de main-d'oeuvre qualifiée et dans les régions», indique Mme Laurier. Elle ne sait toutefois pas encore si c'est l'avenue que retiendra le gouvernement avec les nouveaux arrivants syriens. Les réfugiés arriveront toutefois dans les 13 villes sélectionnées par le gouvernement. C'est là qu'ils devraient suivre leurs cours de francisation, comme ceux du Cégep de Sainte-Foy. Les réfugiés qui le désirent pourront ensuite suivre des cours aux adultes, faire une technique ou obtenir une attestation d'études collégiales, question de faire reconnaître les compétences qu'ils ont déjà développées en Syrie.  

Avec Patricia Cloutier

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