Ottawa se donne deux mois de plus pour l'accueil des réfugiés

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Des réfugiés qui viennent d'atteindre la Grèce, fin novembre.

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

Pour être en mesure d'offrir aux réfugiés syriens plus qu'un simple «sourire», Ottawa rajuste le tir quant à la date d'arrivée et le type de parrainage des quelque 25 000 personnes qu'il compte accueillir.

Ainsi, seulement 10 000 réfugiés arriveront avant la fin de l'année. Les 15 000 supplémentaires devraient pouvoir s'établir en sol canadien d'ici la fin du mois de février 2016.

Les troupes libérales reviennent également sur une autre de leurs promesses, alors que seulement 15 000 de ces réfugiés seront parrainés par le gouvernement, contrairement aux 25 000 annoncés en campagne électorale.

Ottawa a dévoilé mardi les modalités de sélection et de l'arrivée des 25 000 réfugiés, parmi les quelque 4 millions de Syriens qui ont fui leur pays en guerre. Le coût total de cette opération à grand déploiement s'élèvera à 678 millions $ sur une période de six ans.

«Oui il y a un coût à court terme, mais il y a aussi un gain à long terme», a soutenu en point de presse le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, évoquant la contribution éventuelle de ces nouveaux arrivants à l'économie du pays. On ignore pour l'instant la répartition par provinces de ces réfugiés.

Le gouvernement accordera la priorité aux populations les plus vulnérables, toutes religions confondues: les familles, les femmes seules, les minorités sexuelles et également les hommes célibataires s'ils accompagnent leurs parents. Les ressortissants syriens devront être enregistrés auprès du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ou auprès de la Turquie.

Le processus de sélection se fera entièrement dans les bureaux canadiens de Jordanie, du Liban et de Turquie. Les réfugiés choisis seront ensuite amenés à Toronto ou Montréal par des vols nolisés, avant de se rendre dans leurs communautés d'accueil, qui devraient se trouver aux quatre coins du Canada.

Les réfugiés ont commencé à arriver au Canada dès le 4 novembre, mais les avions nolisés permettant une arrivée massive devraient être prêts au début décembre.

L'implication des militaires se fera en ultime recours. Ainsi, les Forces canadiennes seraient prêtes à mettre à disposition leurs avions, seulement dans le cas où les avions commerciaux ne seraient pas en mesure de fournir à la demande. Par ailleurs, pas moins de 6000 lits seraient disponibles sur les bases militaires pour les nouveaux venus, mais Ottawa préférerait qu'ils puissent immédiatement se loger dans leurs nouvelles collectivités.

M. McCallum a vanté ce plan comme n'étant «pas un projet fédéral, ce n'est pas même un projet gouvernemental, c'est un projet national pour tous les Canadiens».

Le délai de deux mois supplémentaires s'explique par la nécessité de faire les choses correctement, a-t-il insisté. «Parce que nous voulons accueillir ces réfugiés non seulement avec un sourire, mais avec une maison, avec un logement et avec toutes les autres choses dont ils auront besoin afin de commencer leur vie ici au Canada avec leur famille», a justifié le ministre.

Pour ce qui est de la grande proportion de parrainages privés, il assure que son gouvernement ne revient pas sur sa promesse électorale. C'est que le Canada accueillerait encore davantage de réfugiés au cours de la prochaine année.

Selon M. McCallum, 15 000 réfugiés supplémentaires parrainés par le gouvernement seront accueillis en 2016. «Nous ferons ce que nous avons promis de faire avec ces 25 000 réfugiés», a assuré le ministre, justifiant une fois de plus le délai par la nécessité de prendre le temps pour faire les choses «correctement». Les parrainages privés se poursuivront aussi en 2016.

Sécurité

La sécurité sera au coeur des préoccupations, ont affirmé les troupes libérales. Les personnes choisies devront, après avoir été recommandées, être interviewées par des agents de visa. Leurs données biométriques seront colligées et elles devront subir un examen médical. Leur identité sera contrôlée tout au long du processus.

Si un individu éveille les soupçons d'un des 500 employés dépêchés sur le terrain, son dossier sera mis de côté, gelant de la sorte son processus d'immigration, a indiqué le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

Les attentats du 13 novembre à Paris ont soulevé certaines craintes dans la population, mais M. McCallum a assuré qu'ils n'avaient rien à voir avec le fait qu'Ottawa prenne plus de temps que prévu à annoncer son plan d'accueil.

Réactions

Le porte-parole du Conseil syro-canadien, Faisal Alazem, ne se formalise aucunement du report d'échéancier annoncé mardi par le gouvernement libéral. Il juge, au contraire, être témoin d'un jour «historique et très important dans l'histoire du Canada».

«Je ne pense pas qu'on a réinstallé autant de réfugiés en une aussi courte période de temps, sauf peut-être les boat people dans les années 1970-1980 et les Kosovars, mais ils étaient environ 5000 en 1999», a-t-il soutenu à l'autre bout du fil.

Du côté politique, la réaction a été plus tiède. Les conservateurs n'ont pas oublié de souligner que la promesse libérale d'accueillir 25 000 réfugiés parrainés par le gouvernement avant la fin de l'année n'a pas été respectée. «J'espère qu'après avoir analysé que la date butoir du 31 décembre était peu réaliste, j'espère que celle du 28 février, elle, elle l'est», a ironisé le député Denis Lebel. Pour ce qui est du reste du plan, les conservateurs préfèrent attendre de le voir mis en oeuvre avant de le commenter.

En annonçant que 10 000 réfugiés syriens fouleraient le sol canadien d'ici le 31 décembre, les libéraux se trouvent à atteindre la cible qui avait été établie par le Nouveau Parti démocratique (NPD) pendant la campagne électorale.

Si la porte-parole néo-démocrate en matière d'affaires étrangères, Hélène Laverdière, se réjouit de voir enfin ce dossier progresser, elle trouve malgré tout «fâchant» de constater que le plan libéral est «un petit peu loin de ce qui avait été promis durant la campagne».

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