Seconde Guerre mondiale: trois épaves retrouvées près de Gaspé

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Le navire canadien Oakton a été torpillé en septembre 1942. Il transportait du charbon.

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<p>Geneviève Gélinas</p>
Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Gaspé) Les épaves de trois navires coulés par un sous-marin allemand en 1942 viennent d'être retrouvées au large de Gaspé. Cette découverte rappelle bien des souvenirs à Fabien Sinnett, témoin de la bataille du Saint-Laurent, un épisode encore méconnu de la Seconde Guerre mondiale.

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Le Mount Pinatus, un navire grec, transportait entre autres des chars d'assaut.

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Le 7 septembre 1942 en fin de journée, les marins du convoi QS 33 sont sur les nerfs. La nuit précédente, au large de Cap-Chat, puis de Rivière-Madeleine, un sous-marin allemand a coulé deux navires membres du convoi.

Sans le vouloir, la marine marchande participe au conflit. L'Allemagne veut couper les vivres à la Grande-Bretagne en coulant les navires de ravitaillement avant leur traversée de l'Atlantique. Le Canada les escorte avec ses navires de guerre pour les protéger.

À 17h01, ce que les marins redoutent arrive. Le sous-marin U-517 lance trois torpilles vers ses cibles :les navires grecs Mount Pindus et Mount Taygetus, qui transportent notamment des chars d'assaut, et le canadien Oakton, porteur d'une cargaison de charbon. Bilan : 10 morts et 78 rescapés.

«On a fait des recherches au préalable dans les sources canadiennes et allemandes. Les épaves ont été localisées là où on pensait les trouver», rapporte l'historien et chasseur d'épaves Samuel Côté. Le Coriolis II, le navire de recherche de l'Université du Québec à Rimouski, a repéré les épaves avec un sondeur le 23 octobre, à 34 kilomètres au large de Gaspé et à 215 mètres de profondeur.

«Les trois étaient dans un rayon d'un kilomètre. Elles ont coulé rapidement, n'ont pas dérivé. Et le Oakton était cassé en deux», ajoute M. Côté.

Le 15 septembre 1942, en plein midi, le même sous-marin coule deux autres navires au large de Cap-des-Rosiers. C'est aux conséquences de ce torpillage qu'assiste Fabien Sinnett, de Gaspé.

Cet automne-là, M. Sinnett a 10 ans. Il habite sur la pointe O'Hara, près des quais du vieux Gaspé. «À même le magasin Davis, une ancienne infirmière de la Première Guerre, Nelly Davis, avait organisé un poste d'urgence avec un groupe de femmes, au cas où.»

Vers 15h, le jeune Fabien revient de l'école. Près du magasin, il voit un déploiement de soldats et un périmètre de sécurité. «Un camion de l'armée est arrivé. Je me suis faufilé. J'ai vu des blessés étendus sur le plancher du camion, d'autres assis. Certains étaient en pyjama parce qu'ils avaient travaillé sur le quart de nuit. Ils étaient graissés de pétrole, il y avait du sang. Ce n'était pas beau à voir. C'est là qu'on a réalisé que des choses se passaient.»

À l'époque, la censure règne. Ces drames sont rarement relatés dans les journaux. Quand le jeune Fabien raconte ce qu'il a vu à son père, il lui dit qu'il «regarde trop de films».

Atmosphère de guerre

Les Gaspésiens vivent tout de même dans une atmosphère de guerre. En 1941, la Marine canadienne établit une base navale temporaire sur la pointe O'Hara, en attendant que la construction de sa base de Sandy Beach, quelques kilomètres plus loin, soit terminée.

«Des mises en scène se faisaient le soir. Les soldats mimaient des invasions. Il y avait un couvre-feu, il fallait boucher les fenêtres et peinturer nos lampes de poche pour laisser juste un petit trou», se rappelle M. Sinnett.

La recherche d'épaves fait partie du projet «Vivez la bataille du Saint-Laurent à travers ses épaves», initié par Samuel Côté, en vue des 75 ans de la bataille du Saint-Laurent, en 2017. Les résultats seront diffusés via un site Web avec des animations et des documents d'archives.

La bataille du Saint-Laurent, de 1942 à 1944, a fait environ 250 victimes, civiles et militaires. Quinze sous-marins allemands ont croisé en eaux canadiennes. Ils ont coulé 22 navires.

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