Couillard croit toujours dans l'accueil des réfugiés avant 2016

Pierre Moreau (Sécurité publique) et Kathleen Weil (Immigration)... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Pierre Moreau (Sécurité publique) et Kathleen Weil (Immigration) jugent tous deux que le calendrier est trop serré pour être réaliste. Ce n'est pas le cas du premier ministre du Québec Philippe Couilard (au centre).

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Philippe Couillard maintient envers et contre tous que le Québec peut recevoir d'ici la fin de l'année les réfugiés syriens que le gouvernement fédéral veut diriger au Québec.

S'apprêtant à rejeter une proposition de la Coalition avenir Québec visant à exiger qu'Ottawa repousse l'échéancier pour l'accueil des migrants, le chef du gouvernement n'a pas hésité à s'inscrire en faux contre l'opinion de deux de ses ministres.

Pierre Moreau (Sécurité publique) et Kathleen Weil (Immigration) jugent tous deux que la date butoir du 1er janvier est trop serrée pour être réaliste. Mardi matin, Pierre Moreau a insisté que cet échéancier n'est pas celui du Québec et qu'il «veut s'assurer qu'il n'y aura pas de raccourcis», en matière de mesures de sécurité.

En mêlée de presse, le premier ministre a admis que «la cible» pour l'établissement de quelque 5700 ressortissants syriens en territoire québécois est «exigeante et ambitieuse. Quand on veut, quand tout le monde travaille ensemble, on peut accomplir beaucoup», a-t-il enchaîné.

M. Couillard a repoussé du même souffle la résolution que voulait présenter la CAQ visant à retarder l'arrivée des réfugiés. «Personne ne devrait aller dans cette direction. Ce serait une erreur fondamentale.»

Le chef libéral a insisté pour dire qu'il y a urgence d'agir pour des réfugiés qui sont «les victimes les plus horriblement atteintes» par le chaos et la guerre en Syrie. «Gardons en tête que ce sont des victimes, a-t-il répété. Ce sont des gens qui sont dans des camps de réfugiés. L'hiver approche et ils se retrouveront dans des conditions très, très difficiles.»

Ces dernières heures, des maires, comme Régis Labeaume, ont mis en garde Ottawa et Québec de ne rien faire dans la précipitation, invoquant des motifs sécuritaires. Une analyse partagée par les chefs du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec.

Philippe Couillard s'est fait rassurant que «les questions de sécurité sont légitimes». Il estime que tous les mécanismes sont en place pour que «tout se passe de façon diligente, complète et efficace». Ultimement, «c'est au gouvernement fédéral d'expliquer rapidement comment nous allons y arriver».

Minute de silence

Les parlementaires de l'Assemblée nationale ont observé une minute de silence pour honorer la mémoire des victimes des attentats de Paris. Les élus des différents partis se sont montrés divisés sur le calendrier pour que les migrants s'établissent ici.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a voulu soumettre une résolution enjoignant Ottawa de prendre compte des appréhensions qui se manifestent et de ne pas s'en tenir à tout prix à sa promesse de les amener au pays d'ici la fin décembre. La CAQ s'est contentée d'une motion pour que le «gouvernement fédéral [prenne] le temps requis afin de s'assurer de la mise en place des mesures de sécurité et d'accueil appropriées».

Le chef du Parti québécois s'est demandé si les «conditions d'accueil sont adéquates» pour respecter le calendrier que maintient Ottawa. Pierre Karl Péladeau a vu le refus du fédéral de garder inchangé le calendrier «comme une volonté de donner suite à une promesse électorale» de Justin Trudeau. Ce qui ne lui «apparaît pas approprié dans les circonstances».

La résolution de la CAQ a été endossée par les parlementaires, à l'exception des députés de Québec solidaire. Pour Françoise David, plutôt que de suggérer à Ottawa de prendre le temps requis, «il faut au contraire même intensifier la cadence. L'hiver s'en vient, pas seulement chez nous», a-t-elle soulevé.

La solidaire a avancé que les craintes sécuritaires sont infondées. Le Haut Commissariat aux réfugiés et le Canada déploient «des mesures de sécurité étanches. Il n'y a vraiment pas de risque le moindrement important d'accueillir ici des personnes qui auraient de mauvaises intentions.»

Dimanche, Philippe Couillard a présenté sa formation comme plus ouverte que le Parti québécois et la Coalition avenir Québec sur la question de l'immigration. Le chef de la CAQ, François Legault, a profité d'une intervention en Chambre pour réclamer que le premier ministre retire ses propos. Celui-ci en a plutôt rajouté. «Ce discours, que je referais encore aujourd'hui. Il y a lieu, il y a lieu [...] de se dissocier de messages qui vont à l'encontre de l'accueil et de l'intégration.»

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